Accord Cadre d’Addis. Marché des dupes. 11 ans après. Julien Paluku propose sa ré visitation pour une paix durable dans la région

(Kinshasa. Julien Paluku Kahongya décortique l’Accord cadre d’Addis-Abeba à l’occasion du 11ème anniversaire de sa signature. Photo tiers).

Signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba, après la prise de Goma en novembre 2012 par le M23 appuyé par le Rwanda, l’Accord Cadre d’Addis-Abeba exige une ré visitation, onze après. L’initiative de paix pour mettre fin au cycle de violence en RDC a plus aggravé la violence qu’apporter la paix. Pour le ministre et député élu de Lubero, Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu, acteur socio-politique avec une expérience avérée dans la territoriale, cet Accord est appelé à être revisité totalement pour extirper les pièges qui s’y trouvent contre la RDC. Seul gage pour une paix durable et définitive dans la région des Grands Lacs africains.

Dans une conférence tenue à Kinshasa en commémoration du onzième anniversaire de l’Accord Cadre d’Addis-Abeba, Julien Paluku Kahongya a relevé trois grands pièges accrochés comme un boulet au pied de la RDC et qui ont miné toutes les chances d’une paix durable en RDC et dans la région des Grands Lacs.

 Primo, alors qu’ils font partie du problème (et donc de la solution), le Rwanda et l’Ouganda ne sont pas cités expressément dans ledit Accord. En clair, les deux pays n’ont aucun engagement contraignant et donc ne doivent répondre que de leur volonté de nuire à l’existence de la RDC comme nation.

Secundo, l’Accord exige de la RDC d’engager des réformes « courageuses » sur la décentralisation du pays. Ici, l’Accord Cadre adoube volontiers les revendications du CNDP devenu M 23 consistant à leur céder la partie orientale de la RDC pour une gestion test de cinq années renouvelables de fédéralisme. Ce qu’ils nomment les « Doléances légitimes ».

L’on comprend pourquoi lors des pourparlers de Munyonyo (Kampala), le président Museveni avait demandé au gouvernement congolais d’écouter les doléances légitimes du M23 et d’y donner des réponses pour une paix durable.

Tertio. L’exploitation des ressources naturelles de la RDC. Cette idée rejoint celle du président Nicolas Sarkozy qui, arrivé à Kinshasa, demandait aux Congolais de partager les ressources naturelles avec les pays de la région afin qu’il y ait la paix.

Pour Julien Paluku Kahongya, les Congolais doivent comprendre que « La crise de l’est de la RDC est une crise de la RDC (non pas des gens de l’est) qui a une dimension régionale et internationale avec risque d’embraser toute la région ». La communauté internationale a plombé la RDC en la soumettant à des engagements coriaces sur lesquelles elle est jugée là où les voisins et parrains de l’insécurité respirent en toute quiétude.

Et donc la solution que Julien Paluku Kahongya propose est : « Une évaluation ré visitation de l’Accord cadre d’Addis-Abeba comme instrument pour que les obligations vis-à-vis des États cités aujourd’hui par différents rapports des Nations-unies soient clairement ressorties ».

De la sorte, renchérit-il, « On pourrait évaluer le niveau de sa mise en œuvre pour chaque pays et non plus uniquement pour la RDC ».

Il va de soi que l’occasion est donnée à la RDC de faire une relecture sans complaisance de tous les accords signés entre 2001 et 2018 comme celui de Ngurduto (2008) entre la RDC et l’Ouganda qui octroie gracieusement en cadeau l’île rd-congolaise de Rukwanzi (lac Albert) en partage avec l’Ouganda. Lors des négociations, les Congolais rêvent plus à faire le shopping laissant aux autres le temps de décortiquer les accords et de piéger la RDC.   

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Justin Honlay

 

 

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