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Joseph Kabila chez Paul Kagame. Le créancier et le débiteur. Un pacte de soumission

( Joseph Kabila entouré de ses ouailles à sa résidence de Kinyongote à Goma sous occupation rwandaise. Photo archives).

Joseph Kabila a été propulsé à la tête de la rébellion rwandaise au Kivu. Désormais et officiellement, il travaille sous les ordres de Makenga. Oui, parce que dans l’idéologie du Front patriotique rwandais, le pouvoir repose d’abord sur le militaire. Cela peut paraître paradoxal mais la réalité est dure à accepter.

En effet, dans les rébellions rwandaises au Kivu montées par Paul Kagame, le jeu de la chaise musicale se joue dans une relation entre parrain et filleul. Mieux entre créancier et débiteur. Pire, entre agresseur et agressé.

Il ne s’agit nullement d’une question entre alliés moins encore d’une question de rapports de force. Il s’agit plutôt d’une relation de soumission, de dégradation de l’autre.

Bref, entre Paul Kagame et Joseph Kabila, il existe un lien, le lien de soumission qui conduit à la déchéance. Ils ne seront jamais alliés. Leurs relations, depuis l’AFDL jusqu’à sa venue à Goma, le démontrent.

Parce que l’allié n’est allié que par rapport à l’examen de la structure de l’accomplissement de la tâche, des tenants et des aboutissants du rapport d’alliance.

Les objectifs de Kagame par rapport à ceux de Kabila

( Kabila et Kagame.  Archives)

Lorsqu’on est Alliés, c’est-à-dire deux Associés solidairement intéressés à l’accomplissement d’un même objectif, les perspectives du bénéficiaire et de l’allié se rejoignent jusqu’à coïncider. Quelle est la tâche que les deux parties doivent accomplir ensemble ?

L’on sait que pour Kigali, l’objectif poursuivi depuis 30 ans est l’annexion d’une partie du Congo et le pillage des ressources naturelles. Et pour Kabila ? Chasser Félix-Antoine Tshisekedi du pouvoir « ôte-toi de là que je m’y mette ».

Ces deux objectifs sont diamétralement opposés sauf si on est dans le cadre de l’Accord de Lemera. En langage simple, si Jospeh Kabila a consenti à honorer les objectifs de Paul Kagame et donc, de lui céder une partie (les 400 kilomètres carrés) du Congo.

Et dans ce cadre-là d’une Constitution qui est prête à mettre une partie du territoire de la RDC à la disposition du panafricanisme, de cette Constitution qui ne délimite pas la superficie de la République démocratique du Congo et d’une rébellion qui tue chaque jour des Congolais, les intérêts de deux associés se rejoignent jusqu’à coïncider.

De la sorte, chacun devient bénéficiaire de ses propres efforts unis à ceux de son allié. A la limite, il n’y a qu’un seul personnage dédoublé en deux rôles. Joseph Kabila est le double de Paul Kagame dans les crimes commis sur le sol congolais.

Joseph Kabila a rejoint une rébellion pilotée par le Rwanda ayant déjà conquis des localités entières dans le Nord-Kivu et dans le Sud-Kivu dont Goma et Bukavu. Avec les armes de l’armée rwandaise (Rwanda Defence Force’s). Le fait de rejoindre la rébellion à mi-chemin, sans armes et sans outils matériels de lutte, le place dans une phase de dégradation.

Si ceux qui soutiennent la C-64 (la CENCO-ECC) veulent soustraire Joseph Kabila de cette relation de dégradation, ils doivent d’abord payer la dette contractée par Kabila. Oui Jospeh Kabila a une dette à payer même au titre de la protection dont il jouit des militaires rwandais et de son passage par le Rwanda pour siéger à Goma. Laurent-Désiré Kabila a payé sa dette par le sang. Parce que les intérêts de l’un et l’autre, au lieu de coïncider, se sont opposés pour former un couple de créancier et débiteur.

Le pacte d’échange des services : le Kivu contre Tshisekedi

Kagame veut une partie de la RDC. Kabila veut le pouvoir à Kinshasa. Créancier Kagame et débiteur Kabila. Le pacte qu’ils ont signé règle l’échange de services et garantit la contrepartie. Le Kivu contre Félix Tshisekedi. On se rend compte que le pacte reste totalement implicite parce qu’il est entendu qu’un fils doit obéir à son père qui lui a adonné la vie, l’esclave à son maître. Les Congolais ont connu Kabila grâce/à cause de Kagame. Il lui doit redevabilité et obéissance. Pire soumission.

Vu sous cet angle, l’allié Kagame est devenu parrain. Il procède par intimidation en inspirant la crainte d’un châtiment à infliger à son débiteur. Dans son rôle d’agresseur, le parrain a piégé l’agressé devenu débiteur. Kabila devient alors un homme désarmé spirituellement et intellectuellement. Piéger, c’est agir en sorte que l’agressé, au lieu de se protéger comme il le pourrait coopère à son insu avec l’agresseur en faisant ce qu’il ne devrait pas. Le stade de dégradation subi par Joseph Kabila est un passage obligé parce qu’il l’oblige à accomplir, lui qui a dirigé le Congo durant 18 ans et qui a combattu les rébellions rwandaises au Kivu, un devoir qui lui coûte l’obéissance du vassal au suzerain.

Ceux et celles qui s’étonnent de ce comportement de Joseph Kabila et de tous ceux qui soutiennent la politique rwandaise du FPR savent désormais les étapes de la dégradation psychologique et intellectuelle subies par certains compatriotes débiteurs de Kagame.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

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