Mutualisation forces. FARDC-UPDF à l’assaut des ADF/MTM

(Les deux états-majors FARDC et UPDF en partage, concertation et préparation tactique des opérations contre les MTM, soldats du califat. Photo Les Coulisses)

Mardi 30 novembre 2021, les Forces armées ougandaises (Uganda People Defence Force – UPDF) mutualisaient avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) en foulant le sol congolais par la frontière de Nobili. Comme convenu par les états-majors de deux armées. L’objectif affiché et rêvé reste la neutralisation des terroristes islamistes de Madina at Tawheed Wal Muwahedeen (MTM) et alliés. Les deux armées ont une mission : réduire sensiblement la  capacité de nuisance des jihadistes de l’État islamique. C’est ce qui intéresse la population.

La tâche n’est pas de tout aise dans un espace à deux dimensions, à savoir sans ligne de front ni zone de refuge. Mais il y a la population. Beni/Ruwenzori se trouve au cœur d’un désordre difficile à maîtriser. De l’intérieur comme de l’extérieur. Pour des raisons que tout le monde connaît. Les MTM ont l’habitude de se mouvoir de part et d’autre de la frontière, échappant ainsi à la pression de deux armées. Il faut les contenir puis les neutraliser. C’est là qu’intervient la collaboration de la population de deux frontières encore qu’elle est culturellement la même. Aussitôt la mutualisation annoncée, les agités et les manipulés se sont mis en action. Parmi eux, même ceux qui crient au génocide de leur communauté. Comme si les massacres leur apportaient une plus-value. Oubliant les vingt ans d’impuissance d’une mission des Nations-unies (MONUSCO) coûteuse, elle-même embourbée dans le luxe, plongée dans la routine, incapable d’anticipation au point de faire du surplace.

La mutualisation des forces entre les FARDC et l’UPDF, un peu comme pour le G5 Sahel mais aussi différent du G5 Sahel, ne peut pas nous faire oublier que les islamistes MTM ont la maîtrise du terrain et en tirent bénéfice. La guerre asymétrique ne se gagne pas sous l’épaisseur de blindés et des bombardements mais dans l’exploitation rationnelle du renseignement ainsi obtenu. Elle est aussi et avant tout une guerre d’infanterie. La mutualisation des forces entre les FARDC et l’UPDF, planifiée, doit être  menée dans le temps et dans la durée courte afin d’éviter de s’enliser comme la MONUSCO. Pour y réussir, il faut couper les réseaux de ravitaillement interne et extérieur des soldats du califat. Le terrorisme manifeste avec force, en dépit de la répression et des bombardements, sa résilience. Les FARDC ne doivent pas oublier que l’alliance tactique d’intérêts mutuels n’implique ni la confiance aveugle, ni l’amour et n’empêche pas les coups tordus. Mettre des moyens conséquents à la disposition des FARDC (c’est notre pays) pour qu’elles aient le contrôle et la maîtrise de la participation à l’action militaire. La vie de la nation en dépend. Mobilisons-nous et soutenons les FARDC. A la vie et à la mort.

Nicaise Kibel’Bel Oka

 

 

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