RDC/Afrique. 4 symboles forts de la mandature de F. Tshisekedi au service des peuples africains

(Le Chef de l’État F. Tshisekedi reçoit en audience Moussa Mahamat Faki. Photo tiers).

La présidence de l’Union africaine 2021-2022 sous la mandature de la RDC s’est passée dans les conditions particulières. Les cérémonies  de passation du pouvoir à Addis-Abeba entre le président sortant, le Sud-Africain Ramphosa et le président entrant,  le Congolais Félix-Antoine Tshisekedi se sont passées par vidéo conférence le 6 février 2021 lors de 34ème session extraordinaire de la Conférence de l’Union africaine à Addis-Abeba  (Éthiopie). Cette mandature est caractérisée par quatre symboles.

Premier symbole. C’est la deuxième fois que la République démocratique du Congo préside à l’Union africaine après 54 ans d’absence sur la scène politique panafricaine. La première fois, c’est en 1967 sous le régime du président Mobutu. Pour marquer la présence du Congo sur la scène africaine, le général Joseph Mobutu organisa la quatrième session du sommet de l’OUA à Kinshasa du 10 au 14 septembre 1967, deux ans après la prise du pouvoir par coup d’État militaire.

Deuxième symbole.  La passation pacifique et démocratique de pouvoir pour la première fois en République démocratique du Congo entre le président sortant, Joseph Kabila Kabange et le président entrant issue de l’opposition, Félix-Antoine Tshisekedi démentant ainsi tous les pronostics pessimistes des spécialistes occidentaux prédisant les chaos après la présidentielle en 2018. L’ancien président de la République n’est pas parti exil et mène sa vie dans la capitale Kinshasa. Un miracle pour un pays habitué à des coups d’État et à des guerres d’agression.

Troisième symbole. Trois coïncidences dans l’histoire panafricaine.  En premier, la coïncidence entre la mandature de Félix-Antoine Tshisekedi à la tête de l’Union africaine  et la 60èmecommémoration de l’assassinant de Patrice Emery Lumumba et le retour de deux dents gardées en Belgique par son bourreau.  Patrice Lumumba est ce leader panafricaniste connu mondialement pour sa lutte de l’indépendance de l’Afrique.  Il organisa la conférence panafricaine de Léopoldville (Kinshasa) le 25 août 1960 et attira l’attention des Africains sur le danger qui guettait l’Afrique et le Congo : « Si le Congo meurt, toute l’Afrique bascule dans la nuit de la défaite et de la servitude.  Et notre sort commun se joue pour le moment au Congo. C’est ici, en effet, que se joue un nouvel acte de l’émancipation et de la réhabilitation de l’Afrique. » Ces propos restent toujours d’actualité.

En deuxième lieu, la présidence de Félix- Antoine Tshisekedi à la tête de l’Union africaine coïncide avec le 35ème anniversaire de la mort du savant sénégalais et panafricaniste Cheick Anta Diop  qui a consacré toute sa vie à l’Afrique. « Diop, écrit Jean-Marc Ela, c’est la conscience scientifique et historique de l’Afrique. » Le savant sénégalais reste le père de la renaissance africaine. Il a laissé une abondante littérature et des œuvres scientifiques qui restituent la dignité aux peuples africains bafouée durant la traite négrière, la colonisation. Bref, il a posé les bases d’une Afrique libre et puissante. En troisième lieu, cette autre coïncidence avec le 70ème anniversaire de la mort du Congolais Simon Kimbangu, prophète de la libération de l’homme noir. Arrêté par l’administration coloniale belge et incarcéré dans une prison au Katanga en 1921 pour cause la revendication des libertés pour l’homme noir. Il mourut en prison après 30 ans. Il est le plus grand prisonnier politique de l’Afrique ignoré par l’histoire écrite et enseignée aux Congolais et Africains par les Occidentaux et leurs complices congolais.

Quatrième symbole. La fin de l’hégémonie occidentale dans le monde. La mandature du président Félix-Antoine Tshisekedi a lieu dans une situation où le monde est en pleines mutations géopolitiques jamais connues. Le monde unipolaire dirigé par l’Occident est en train de laisser la place à un monde multipolaire où l’Occident est contraint à faire face d’autres puissances émergentes aux civilisations différentes. Ces mutations géopolitiques restent une opportunité historique à saisir pour l’Afrique afin de réinventer le panafricanisme et la renaissance africaine, devenir  « Le centre du monde et prendre part à la géopolitique mondiale non plus comme un objet de l’histoire, mais comme un acteur de premier plan dans un monde multipolaire ». Dans  ce contexte, la réinvention du panafricanisme et la renaissance africaine deviennent une nécessité pour « les hommes d’États et de science qui rêvent de grandes ambitions pour leur peuple et agissent pour forcer le destin durant leur aventure terrestre à travers leur lutte politique et leur démarche intellectuelle, comme le souligne le Togolais Edem Kodjo. En bref, l’ancien Secrétaire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) exhorte les élites politiques et intellectuelles de lire les signes de temps, de tirer les leçons de l’histoire et de se mettre du bon côté de l’histoire.

Freddy Mulumba K.

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