RDC/Beni. Le député Kambale Ezéchiel sollicite une enquête mixte Auditorat-société civile sur les « massacres  » de Mangina

Dans une correspondance datant du 9 janvier 2024 adressée à l’Auditeur général des FARDC, parvenue à notre Rédaction, le député national de la législature passée Kambale Ezéchiel Barnabas « demande une enquête mixte de l’Auditorat militaire et la Société civile sur les massacres de la population civile en commune de Mangina commis en date du 8 janvier 2024 ». Il précise que les affrontements auraient survenu entre les FARDC et les combattants appelés « Wazalendo » suite à la divergence de deux parties dans la conduite des opérations militaires contre les ADF, auteurs des massacres de la population dans les bourgades de Tengi, Makisa, Toko Toko et aux alentours. Il poursuit avec la précision d’un chef politique : « Le

8 janvier, les FARDC auraient planifié un assaut contre les combattants Wazalendo dont le camp se trouve près de la rivière Tuha à environ 5 kilomètres nord-est de Mangina et que les FARDC ont perdu trois militaires dans l’embuscade leur tendue par les Wazalendo ».

Selon l’élu de Mambasa de 2018, Kambale Ezéchiel Barnabas, certains militaires incontrôlés ont commencé à tirer à bout portant sur la population civile jusqu’à causer la mort de 7 personnes dont un vieillard aveugle.

En conséquence, il demande une enquête mixte Auditorat-Société civile.

On aurait tendance à dire : « Du n’importe quoi ! » pour un étudiant en droit à Kinshasa. Parce que, un, la plénitude de l’action publique relève du Ministère public. De deux, dans le cadre des enquêtes, le Ministère public peut recourir au travail des OPJ à qu’il confie des devoirs spécifiques. N’empêche que des journalistes et/ou des « eyes private » mènent parallèlement leur enquête. Quitte à les confronter avec celles de la justice. Il existe une catégorie de personnes qui n’accepte jamais les jugements rendus par la justice militaire contre les agitateurs.
De trois, quelle valeur juridique donner à ce qui est dit comme enquête de la Société civile dès lors qu’on ne sait plus déterminer qui est société civile et qui fait quoi ?
Interrogez l’histoire pour comprendre que la plupart des auteurs des discours incendiaires contre les FARDC sont passés par la société civile avant de migrer vers la députation provinciale et /ou nationale. C’est devenu un « noviciat » pour accéder aux voix de la population dans le Grand Nord.

L’élu de Mambasa, ancien étudiant et enseignant à Biakato connaît mieux la zone et les milices locales. Il donne avec précision le campement des Wazalendo sans dire exactement qui est leur commandant. Il parle de divergence de deux parties dans la conduite des opérations contre les ADF. Sauf à tromper sa propre conscience, on sait que dans Beni et Mambasa, les maï-maï sont des béquilles des ADF/MTM et combattent contre les FARDC.

Un rappel des faits tronqué

Le député Kambale Ezéchiel Barnanbas ne remonte pas les faits sur le discours de son ami Kasereka Siwako Alain lors de son meeting du 16 décembre 2023 où il pointait directement les FARDC qu’il a présentés comme étant les vrais ADF, auteurs de la tuerie de six civils survenue à une dizaine de kilomètres au nord de Mangina.

Un nouveau massacre de 3 civils et des mouvements AD/MTMF signalés dans la zone (toujours à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de la commune ont poussé les maï-maï Wazalendu à s’en prendre aux FARDC au lieu d’aller là où la présence ADF/MTM était signalée. Les affrontements ont eu lieu en pleine commune de Mangina. Objectif : chasser les FARDC dans la contrée.

Avec ce genre d’agissements qui ramènent aux années 2014-2015, il est difficile pour le Grand Nord de retrouver la paix et la quiétude. Les jeunes veulent emboîter les pas des aînés qui ont fait fortune dans les groupes armés. C’est ici que l’interpellation du président Mboso trouve sa pertinence : « Chers collègues, quittez les groupes armés ». Qui dit mieux !

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Rédaction journal Les Coulisses

 

 

 

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