RDC/Cacao. Par sa plainte contre le journaliste Kibel’Bel Oka, ESCO-Kivu instrumentalise l’État qui l’a accusée de financement du terrorisme

(Kinshasa/Studio Mama Angebi. Le journaliste Kibel’Bel Oka dans la leçon publique sur « Ne jamais trahir le Congo et l’éveil patriotique » à l’occasion du 21ème anniversaire de Mzee LD-Kabila)

En 3ans, « plus de 25 millions de dollars $ sortis des comptes bancaires d’ESCO-Kivu sont passés par contrebande pour servir à acheter le cacao vers l’Ouganda ». Constat établi, la CENAREF ordonne de bloquer les comptes de la multinationale ESCO-Kivu dans deux banques, EquityBCDC et Rawbank. Motif : « Blanchiment des capitaux et financement du terrorisme. Et ce, en rapport avec les transferts illicites des billets de banques libellés en monnaie étrangère par le poste de Nobili d’ESCO-Kivu à ESCO-Uganda… ». Question : Comment l’État congolais qui avait pris cette décision salvatrice pour les vies humaines et pour son économie peut être le même qui accède à la plainte de la multinationale ESCO-Kivu pour harceler le journaliste d’investigation Nicaise Kibel’Bel Oka ?  Le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka a été entendu sur PV mardi 5 juillet 2022 au Parquet général de Goma sur plainte de Paluku Matumu engageant la multinationale anglaise Edmond Schuler & CO (ESCO-Kivu). En fait de plainte, c’est le même texte qui a servi de droit de réponse et de plainte en son temps à l’Auditorat militaire supérieur du Nord-Kivu sauf qu’ici, le plaignant a retiré les deux infractions, incitation des militaires à commettre des crimes et incitation à la haine raciale, pour les remplacer par incitation de la population (Véranda Mutsanga) à la haine et diffamation. Au finish, la plaignante exige du journaliste de faire un démenti à titre de réparation. Kibel’Bel Oka a répondu aux questions de l’Avocat général en revenant sur des documents du Procureur de république près le Tribunal de Grande Instance de Beni et de la CENAREF ainsi que des correspondances de deux banques, à savoir Rawbank et EquityBCDC 4 mois après la publication de l’article du journal Les Coulisses. Les motifs évoqués par les deux services de l’État congolais ont corroboré le travail du journaliste. Kibel’Bel Oka a relevé que son article concernait la multinationale Edmond Schuler & CO et non pas Schuler Congo dont Paluku Matumu parle dans sa plainte. Mais la grande question que Kibel’Bel Oka s’est posé à haute voix devant le procureur est celle-ci : Dans une zone où les cultivateurs sont tués et/ou chassés de leurs champs (et où logiquement le cacao devrait pourrir dans les champs), qui est cette personne qui récolte à leur place ? Comment les exportateurs accèdent-ils au cacao en période de grandes tueries ? Allusion faite au Rapport S/2020/1283 des experts des Nations-Unies. Kibel’Bel Oka est revenu sur la correspondance N/Réfs : ED/EA/2021.03.36 du 4 mars 2021 du Directeur exécutif de l’Organisation Internationale du Cacao (OIC) envoyée au Premier ministre Sama Lukonde sur la traçabilité et fiabilité du cacao congolais. Une autre question est : Pourquoi Paluku Matumu engage la multinationale anglaise devant la justice congolaise en lieu et place de son gérant Richard Magola de nationalité ougandaise ?  Bref, il est impensable que l’État congolais qui avait sanctionné la multinationale anglaise ESCO-Kivu pour des crimes de blanchiment des capitaux et financement du terrorisme puisse oublier les actes posés par ses représentants pour s’acharner sur un journaliste. Comme il est insensé qu’on tue des populations dans la région où est produit du cacao sans émouvoir les bonnes consciences y compris l’Église universelle du lieu. Faut-il rappeler la mission du journaliste d’investigation, à l’œil qui voit toutes les trames, celui qui suit la trace, perce l’obscurité et qui, du même coup, ouvre les yeux, secoue la paresse et dissipe les illusions (Morat). Qu’on le veuille ou non, les journalistes sont les « yeux » de la communauté, et du coup, quelque chose de précieux et de fragile, à « protéger ». Voilà pourquoi l’État congolais a le devoir de protéger le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka. La Rédaction Centrale remercie tous ceux et celles qui ont témoigné de leur soutien et sympathie au journaliste Kibel’Bel Oka.  

Nous vous donnons la vraie information et nous en payons le prix. Soutenez-nous. Votre contribution financière est attendue. Contacts utiles : +243 998 190 250 et/ou +243 824 244 844

Mathias Ikem

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *