RDC/CENI. Déboussolés, les princes des églises catholique et protestante tentent de revenir à Nangaa

« Nous n’avons pas trouvé de consensus malgré notre demande leur adressée de nous présenter d’autres candidats. Nous n’avons pas voté non plus ». Tel est résumée la correspondance de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) datée du 4 octobre 2021 portant la signature de son vice président, Mgr José Moko. Les violons ne s’accordent pas au sein de la plate-forme « Confessions religieuses » pour désigner le candidat « idoine » capable de conduire le peule de Dieu de la RDC aux élections qui se veulent démocratiques, transparentes et apaisées. Et le temps passe annonçant le glissement. Sur quel critère la CENCO et l’ECC se basent-elles pour laisser aux 6 autres confessions religieuses le choix de présenter le candidat « idoine » ? Pourquoi les deux églises les plus représentatrices du peuple ne peuvent-elles pas présenter leur candidat ? A lire sans lunette cette correspondance, on arrive à comprendre que la CENCO et l’ECC, désormais unies pour le meilleur et pour le pire, se résignent à présenter un candidat « idoine », jouant ainsi le rôle de boudeur et prenant la posture de victimes.

En date du 16 août 2021, le président de l’Assemblée nationale notait dans sa réponse à la lettre « Indignation » des confessions religieuses : « Ne pas déférer à son invitation (de la Commission de l’Assemblée nationale) frise l’obstruction des efforts d’informations nécessaires pouvant lui permettre de saisir et de traiter en toute équité les divergences profondes qui prévalent au sein de votre plate-forme » et sagement, humblement Christophe Mboso Kodia Pwanga les exhortait à « Privilégier le dialogue, fondement des rapports humains, en lieu et place de ce manque de considération les uns les autres ». Les deux correspondances soulèvent de sérieux problèmes d’éthique et de responsabilité des « hommes de Dieu » mettant en doute leur volonté de voir le pays évoluer vers la paix qu’ils prêchent dont le Christ est le prince. Ils donnent la nette impression que le blocage du bon fonctionnement des institutions leur est profitable et bénéfique. Comment peut-on manquer de considération à son prochain qui prêche comme soi l’amour de Dieu ? Les choses se compliquent davantage avec les contestations au sein de la Communauté islamique du Congo (COMICO) sur la représentation du Mufti Abdallah Mangala.

Princes de l’Église, qu’avez-vous fait de Jésus Christ ? Selon Saint Grégoire le Grand : « L’enseignement des hommes arrogants a ceci de caractéristique qu’ils ne savent pas présenter avec humilité ce qu’ils enseignent et qu’ils sont incapables de transmettre de façon véridique les vérités qu’ils possèdent. » Comment les princes de l’Église peuvent-ils se permettre d’étaler leur divergence dans des correspondances qui trahissent leur manque de charité et sur la place publique ? Saint Augustin écrit : «  Je ne songe pas à épuiser mon existence dans la vanité des honneurs ecclésiastiques. Je pense au jour où je devrais rendre compte du troupeau qui m’a été confié par le Prince des pasteurs. Comprenez mes craintes car mes craintes sont grandes. »

Et comme le ridicule ne tue plus, toute honte bue, la CENCO et l’ECC préconisent que l’administration Naanga (vous avez bien entendu Corneille Naanga qu’on a traité de tous les maux et qui a faussé la vérité des urnes ) s’occupe des préparatifs techniques en attendant (Godot). Au sein de ces deux confessions religieuses, n’y a-t-il personne pour sauver le pays à travers la Commission électorale nationale indépendante – CENI ?

Et comme cela ne suffisait pas, les deux confessions religieuses demandent aux autres institutions principalement au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi et à l’assemblée nationale de bien remplir leurs missions constitutionnelles. C’est le comble. Il n’y a pas de joie dans notre maison parce qu’il s’y trouve trop peu d’amour. A qui la faute alors ? Entre le peuple et les pasteurs, qui doit-on blâmer ? Ne soyez pas des bergers qui ne voient pas la souffrance de leurs brebis. Le pays va très mal. Et ce, dans tous les domaines. Pour le meilleur et pour le pire, la CENCO et l’ECC s’unissent pour observer les élections de 2023 qui risquent de ne pas avoir pas lieu. Si on n’a jamais été athlète, il ne sert à rien de s’engager à la course olympique. Les hommes de Dieu de la RDC ne sont pas de (bons) athlètes pour ce genre d’exercice démocratique. Nous n’avons pas le droit de parler ainsi mais la nation est prise en otage. Au nom de Dieu de l’amour, le Dieu des pauvres et des orphelins.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *