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RDC. Crash du Let 410 d’AGEFROCO sous CTA TRACEP Congo. Les généraux Mutombo et Likulia tués. Émotions et deuil national. Le mobile du crime. Entre mafia et pression commerciale ?

( Lucien Likulia, Audigén FARDC et Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire dans l’avion qui les conduit au trépas. Photo tiers).

Deux hauts gradés de notre armée, les lieutenants-généraux Mutombo Katalay et Lucien Likulia Bakumi, respectivement Premier président de la Haute Cour militaire et Auditeur général des FARDC et de la PNC ont perdu la vie avec 15 autres passagers lors du crash de l’avion de type Let 410 de la Cie TRACEP Congo sur les hauteurs de la ville de Kenge vendredi 24 septembre 2026 aux environs de 13 heures. L’appareil avait décollé de Kikwit pour Kinshasa.

La Rédaction centrale du journal Les Coulisses présente ses condoléances et toute sa compassion au Chef de l’État, au VPM à la Défense, à état-major général des FARDC et à leurs  familles respectives, implorant le Seigneur d’accueillir leurs âmes dans son royaume.

Au-delà de l’émotion que ces pertes ont provoquée, les commentaires vont dans tous les sens. Et cela se comprend au regard du rôle que les deux généraux jouaient au nom de la République. S’il est difficile à l’heure actuelle de connaître les circonstances du crash, on doit à la vérité de se poser quelques questions qui guident une enquête.

La première difficulté réside du fait qu’on est en face des corps calcinés qui ne pourront plus jamais parler même en rêve.  Et c’est là l’un des paradoxes de la vérité qui repose sur la dialectique de l’absence et de la présence. Absente, puisqu’il nous faut la chercher dans une sorte d’aventure où l’esprit court des risques. Présente, du fait que nous en éprouvons l’exigence, le désir et le besoin. En d’autres termes, on ne la chercherait pas si on l’avait déjà trouvée. Disons toute de suite que la vérité n’est pas la réalité. La réalité, les généraux Mutombo et Likulia sont morts dans un crash. La vérité, on ne sait pas ce qui s’est réellement passé. Le « comment ».et le « pourquoi ».

Les faits

Une délégation de Hauts magistrats militaires se rend en mission à Kikwit. Ils choisissent de prendre ne location un avion plus pour gagner du temps que pour le confort (car leurs jeeps sont plus confortables que cet avion loué). L’appareil de type Let 410 dispose de 16 places +1. Il n’a pas de toilettes (WC) et n’a qu’une porte d’entrée et de sortie pour passagers qui s’ouvre par dehors. Cette porte est manuelle (pas automatique). Pour des personnes ayant dépassé les 50 ans, c’est déjà un problème physiologique.

L’avion décolle de Kikwit pour Kinshasa. En plein vol, le pilote constate que l’appareil connaît des difficultés. Il tente de se poser dans la ville de Kenge. Problème, cette ville n’a pas d’aérodrome ni une piste pour se poser en cas d’urgence. Et donc, le pilote tente le tout pour tout. Ayant compris que la porte pour passagers ne peut pas s’ouvrir depuis l’intérieur uniquement, il tente de s’éjecter (sans parachute) pour sauver les passagers lorsque l’appareil réussirait à se poser craignant qu’il prenne feu. Malheureusement, il se heurte à l’une des hélices de l’appareil et il meurt. Ce qui empêche toute tentative de sauvetage. Dans cette projection, les effets militaires des gardes du corps explosent et le feu envahit l’avion. Sans issue de secours ni de sauvetage, tous les passagers meurent calcinés. Bilan : aucun survivant.

L’appareil comme baleinière volante sans contrôle

Le Let 410 est un appareil robuste qui peut atterrir sans problème sauf dans les zones montagneuses où il doit limiter la charge. L’appareil qui a causé la mort de deux généraux de la justice militaire est un vieil avion de type UVP (3 pales) contre les nouvelles fabrications qui disposent de 5 pales. Cet avion qui vient de s’écraser avait été interdit de vol en RDC depuis 2012 par l’ancien DG de l’Avion civile, monsieur Nyangezi.

Selon des sources recoupées par le journal Les Coulisses, cet avion a souffert des carences notamment procédurales d’entretien.

Immobilisé à Goma, il portait l’immatriculation 9 QCUC. Aujourd’hui, il crève avec une nouvelle immatriculation 9 SGUC. Pendant longtemps, cet avion est resté à Nairobi au Kenya pour sa remise en état.

De Nairobi à Kenge. De TRACEP à Patrick Bashengenzi

Les appareil Let 410 interdits en 2012 de vol dans l’espace RDC.

Le Let 410 a échappé au contrôle des autorités nationales. L’avion avait appartenu à GOMA EXPRESS après l’avoir racheté à Nairobi/Kenya puis revendu à Patrick Bashengezi pour le compte d’AGEFROCO. Bashengezi utilise le Certificat de Transporteur aérien (TCA) du label TRACEP CONGO car tout en étant propriétaire de l’avion, il n’a pas de CTA. Donc cet avion appartenant à Patrick Bashengezi vole sous le CTA de TRACEP CONGO. Le pilote, frère cadet du propriétaire semble n’avoir pas maîtrisé la zone sinon il allait déposer l’appareil dans la brousse ou sur la route. Ce qui aurait évité de prendre feu rapidement et aurait permis aux passagers d’utiliser l’issue de secours pour se sauver.

Constats

Atterrissage brusque sur un aéroport qui n’existe pas. Un vol se prépare en termes de distance, de quantité de carburant, d’aéroport de dégagement au nombre de deux à part celui de destination au cas où…

A Kikwit, l’appareil avait eu un petit entretien sans trop de précision qui pourrait être une des causes plausibles. Question concernant le FCU (Fuel Control Unit) entre Kinshasa-Ilebo-Kikwit-Kenge. Est-ce que le carburant (Jet A1) était de bonne qualité ?

L’on doit interroger l’État sur sa gestion de la flotte aérienne. Selon nos sources, il y a des enquêtes du BPEA sur TRACEP qui moisissent dans les tiroirs :

Janvier 2025. Sortie de piste à Wamaza. Enquête annoncée sans rapport préliminaire.

Juillet 2025, nouvelle sortie de piste à Bunia. Aucun rapport public retrouvé.

24 juillet 2026. Crash du L410 à Walikale. Un mort. Le BPEA ouvre une enquête sans suite.

25 septembre 2026. Crash à Kenge.

TRACEP continue à voler sans être inquiété.

Curieusement, la mafia aidant, le 26 septembre 2026 après le crash tragique, le CTA de TRACEP est suspendu dans la précipitation.

Kolwezi. Lundi 17 novembre 2025. Il est 11 heures. Grosse frayeur. L’aéronef qui transportait la délégation du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba et lui-même prend feu à l’atterrissage. Aucune enquête rendue publique jusqu’à ce jour. Nous sommes la RDC.

(Un de deux avions FARDC acquis en 2025 pour le transport des officiers supérieurs et généraux de notre armée. Photo archives).

Meurtre et/ou assassinat ou enfin complot ?

La différence entre un meurtre et un assassinat réside en ce que l’assassinat est un meurtre causé avec préméditation et que le meurtre est un assassinat sans préméditation. La question vaut son pesant d’or. La réponse est à chercher d’abord auprès des services techniques de l’aéronautique civile (s’il en existe toujours) qui doivent présenter tous les documents de chek up de l’appareil avec les temps de vol, la licence de l’appareil, celui du pilote et l’état de l’appareil au moment du décollage. Ensuite, vérifier si le crash n’est pas dû à une erreur humaine.

Le mobile du crime ?

Quand un enquêteur se trouve en face d’un meurtre prémédité, en l’occurrence soigneusement planifié, il sait que l’assassin a beaucoup d’avantages. Il a pu effacer des pistes, se procurer un alibi, s’être débarrassé de l’arme du crime. Mais il y a une chose que l’assassin ne parvient jamais dissimuler à l’enquête : le mobile.

Ici, le mobile du crime pourrait être l’argent à gagner indûment comme cela existe dans ce domaine du transport dans notre pays. Le contrôle des engins roulants, navigants dans l’eau ou dans les airs est acheté à coup de dollars $. A ce niveau, il y a lieu également connaître le prix de la location de l’appareil par rapport à ce que le Trésor public avait décaissé pour cette mission.

Quel est le mobile du crime ? Il peut s’agir de l’avarice de part et d’autre ou d’un sabotage de l’appareil. Je me pencherai plus vers la mafia en termes d’argent à gagner et à épargner que d’un sabotage de l’appareil. Ce qui me pousse à cette conviction, c’est plus l’assassin et le lieu du crime. Le crime est-il toujours commis au lieu où on a trouvé le cadavre ? S’agit-il d’un tueur territorial qui avait tout calculé géométriquement ?

Toutefois, comme rien n’est à écarter au regard des fonctions qu’assumaient notamment les deux généraux dans la gestion de la justice militaire et au regard de tant d’arrestations d’officiers supérieurs et généraux, les mobiles du crime peuvent être regroupés dans 4 catégories, à savoir la vengeance, la jalousie/haine, l’avidité/argent, célébrité, promotion et l’amour (infidélité, crime passionnel).

Il est à noter que l’intention de tuer est un fantasme naturel à tout être humain. La honte à l’égard de la société, le conflit avec soi-même, les problèmes d’argent, la guerre psychologique sont autant des mobiles qui mènent au meurtre. Aux enquêteurs d’en déterminer les vrais. A qui profite le meurtre ? Cette question doit ramener impérativement à l’assassin. Le suspect est souvent moins soupçonnable. Parce qu’il maquille le meurtre. L’acte volontaire est vu comme un drame. Dans tout drame, il faut distinguer les des protagonistes et des acteurs de second plan.

Il faut être vigilant pour éviter à la destruction des preuves au regard de ce dossier extrêmement complexe, sensible et une grande perte pour la République qui peut aboutir à acquitter le vrai bourreau.

La mort rôde autour de Félix-Antoine Tshisekedi

Il n’est pas un sacrilège de dire à haute voix que la mort rôde autour de Félix-Antoine Tshisekedi depuis qu’il dirige notre pays. Depuis l’avion présidentiel transportant sa voiture blindée qui a échoué dans le ciel du Maniema jusqu’à des arrestations des officiers généraux, Tshisekedi joue avec la mort et essaie de l’esquiver. Curieusement, aucune enquête sérieuse n’a été faite (surtout les résultats rendus publics). Le problème avec les tentatives d’assassinat, c’est que la cible refuse souvent de mourir. Les aspirants assassins surestiment systématiquement la létalité de leur arme de prédilection, et ils sous-estiment la difficulté de la tâche. Certes, il mourra le jour de son destin. Parce que chacun meurt au jour établi par le destin. Les 17 personnes du Let 410 sont morts selon le destin, tragique soit-il. Contrairement à ce que Papa Wemba chantait dans wake-up.

L’histoire raconte que du temps où il était président du Ghana, Kwame Nkrumah échappa à au moins cinq tentatives d’assassinat. Il y eut d’abord trois attentats à la bombe visant sa voiture ou sa résidence. Puis une grenade qui le blessa légèrement. Enfin, en janvier 1964, un assaillant pénétra dans le palais présidentiel et tira cinq coups de feu, presque à bout portant ; un garde du corps fut tué, mais Nkrumah en sortit indemne. 

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Nicaise Kibel’Bel Oka, journaliste d’investigation et formateur en journalisme d’investigation par hypothèse.

 

 

 

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