RDC/Nord-Kivu. Députés provinciaux et nationaux en inadéquation avec la population sur le M23

(Un échantillon des députés provinciaux ayant participé à la réunion lors de leur communication à la presse de Goma)

Pendant longtemps, ils ont joué à l’observateur. Il aura fallu qu’ils prennent position pour tout gâcher. Députés provinciaux et nationaux du Nord-Kivu.  « (…) Dans la perspective de trouver une paix durable à la crise qui secoue l’Est de la RDC, recommandons ce qui suit : Privilégier la solution pacifique à la crise afin d’éviter d’autres morts parmi les populations civiles, (…) analyser les causes profondes de la présence prolongée des FDLR et des ADF afin de les retourner dans leurs pays d’origine (…) renforcer la brigade FIB avec un mandat offensif… »

Ils sont dix-sept députés provinciaux du Nord-Kivu à avoir signé la lettre ouverte adressée au Chef de l’État le 28 février 2023 exigeant de privilégier la solution pacifique à la guerre d’agression que le Rwanda mène contre la RDC. Faits curieux. Primo, nulle part, nos élus ne font nommément allusion au Rwanda moins encore à l’Ouganda. Ils veulent jouer à l’équilibriste. Le mot « agression » n’existe pas dans leur vocabulaire. Secundo, ils feignent d’ignorer le pourquoi de la présence des FDLR sur le sol congolais. Naturellement et dans la même logique psychologique, ils ne peuvent pas exiger un dialogue inter rwandais dans la grille des solutions à la paix. Tertio, ils ne connaissent rien de l’évolution des ADF/MTM qu’ils appellent des Ougandais. Quarto, ils feignent d’oublier l’existence des milices communautaires et de Barza intercommunautaire qui peine à résoudre les conflits. Ils prendront part aux négociations face à quels acteurs ? Faut-il rappeler que parmi les élus (provinciaux comme nationaux), il y a ceux qui, hier étaient dans les groupes armés, et demander leur apport au processus de paix depuis qu’ils arborent des costumes et des cravates. Nulle part n’est mentionné le soutien ni la présence de la RDF de l’UPDF sur le champ de bataille. Enfin, ils donnent l’impression de ne rien comprendre des enjeux économiques de cette agression même alors que le pape François l’a mentionné récemment. En proposant le renforcement du mandat de la FIB, ils entrent en totale inadéquation avec la population qui demande le départ de la MONUSCO. Que pensent nos 17 élus des effets de la Conférence de Goma de janvier 2008 qui a donné prétexte à la naissance du mouvement rebelle M23 ?

Dans un autre registre, le député provincial Jean-Paul Paluku Ngahangondi, élu de Beni, dans une lettre N°03/DP/JPPN/AP-NK/2023, demande l’élargissement de la mutualisation : « Étant donné l’accalmie qui s’observe dans la zone couverte par les opérations conjointes FARDC-UPDF « USINDJA », je vous prie son élargissement dans les zones sus indiquées afin de frapper sans pitié cet ennemi qui ne cesse de semer la désolation ». Il ne parle pas de « neutraliser » cet ennemi qu’il ne nomme pas, mais de le frapper. Enfin, depuis Kinshasa, 20 députés nationaux du Nord-Kivu ayant fait le constat le 27 février 2023 de la persistance de l’insécurité. Deux solutions à lire avec finesse leur constat, à savoir la demande à la CENI d’arrêter avec l’opération d’enrôlement des électeurs en attendant le retour de la paix et la menace de quitter l’Union sacrée si certains d’entre eux ne se retrouvent pas dans le gouvernement qu’ils appellent de tous leurs vœux. Malédiction ou mauvaise foi, peut-on se demander. Quand des élus créent un flou artistique voulu dans la tête des électeurs du Nord-Kivu, cela s’appelle « zizanie ». Cela ne trompe pas. Dans leur constat, aucune allusion aux agresseurs, aucune prise en compte des enjeux de la guerre. Pire encore même le nom du M23 n’est pas prononcé. L’on peut noter avec regret ce qui s’apparente à une sorte de retenue des élus du Nord-Kivu à condamner les agresseurs de la RDC. Venant des députés du Nord-Kivu, il y a matière à verser les larmes. La fausse paix qu’ils réclament est une paix de cimetière, source de nouvelles violences. Nés et grandi dans cette violence, ils devraient être les premiers dans la thérapie à proposer avec de vraies pistes de solution. Jouer avec du feu comme ils le font pourrait être considéré comme faire le jeu de l’ennemi et pousser certains esprits à les présenter comme agents passifs de la balkanisation. Un vieux missionnaire avait l’habitude de rappeler ce qui suit : « Le Seigneur tolère encore qu’il y ait des analphabètes au paradis mais pas dans une assemblée nationale ». Heureusement pour nous que ce n’est pas le cas.

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La Rédaction Les Coulisses

 

 

 

 

 

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