RDC/Nord-Kivu. Le niobium (Rwindi) et le coltan/lithium (Rubaya) bientôt à la portée de Kigali

(Bombardement à l’aveuglette de la cité de Sake par la RDF. Bilan : une jeune fille tuée dans ces ruines).

Prendre la Rwindi dans le parc national des Virunga et en constituer un rempart fortifié avec une brigade bien équipée. Telle semble la projection actuelle de la RDF/M23. Kigali veut refaire l’histoire de 1999 avec la rébellion du RCD. Selon des sources fiables, la RDF/M23 projette de prendre la localité de la Rwindi où elle compte établir dans un futur proche son État-major avec une brigade d’appui et de surveillance. Comme lors de la rébellion du RCD, la prise de la Rwindi sonnerait le découpage automatique du Nord-Kivu et l’isolement de la ville de Goma avec le Grand Nord. Depuis la Rwindi, Kigali peut contrôler le grand village de Kibirizi mais surtout le village Nyanzale et la mine à ciel ouvert de Lweshe pour exploiter à nouveau le

pyrochlore (niobium), ce minerai stratégique qui participe à la fabrication des alliages et des fusées et qui se cache derrière la petite forêt de Mbingi.

Le minerais du pyrochlore sert à la fabrication des alliages résistant à de très hautes températures. Ces minerais aident à la fabrication des fusées, des réacteurs nucléaires (type PWR, DWR) et à l’électronique nucléaire.

La formation desdits alliages a pour objet d’améliorer les propriétés des métaux et conduit à la constitution des solutions solides des éléments dans le métal ou dans des combinaisons entre ces éléments et le métal de base. Le niobium sert en particulier à la fabrication des réacteurs ainsi que des turbines à gaz et vapeur. Il entre dans la composition des aciers spéciaux, inoxydables, réfractaires et austénitiques (mélange de ferrite et de cémentite par chauffage).

L’histoire de cette mine à ciel ouvert exploitée par l’Allemagne qui abrite le QG de la force américaine AFRICOM et les Américains n’a pas encore dit son dernier mot. Bien plus, les enjeux des guerres de l’Ukraine-Russie et de Gaza-Israël semblent relancer la course aux minerais stratégiques.

À terme, l’objectif de la RDF/M23 est de contrôler un territoire suffisamment vaste, incluant des postes frontaliers stratégiques de Bunagana et Ishasha et les champs riches en minerais stratégiques pour proclamer et imposer de facto l’autonomie politique de la région. Au niveau du pont Mabenga (axe Kiwanja-Rwindi), la RDF a récupéré la position aménagée jadis par l’UPDF et contrôle Katoboka-Karunga. Cette menace grandissante sur la Rwindi est à prendre au sérieux.

Un État dans un État.

L’offensive de la RDF/M23 suit des objectifs clairement définis à savoir : occuper le maximum des localités, étendre son emprise jusqu’à certaines limites stratégiques, consolider ses positions, mettre en place sa propre administration pour finir par déclarer l’autonomie de la région sous son contrôle. Avec l’aide de Kigali, le mouvement rebelle parvient ainsi progressivement à installer un « État dans l’État ». Il y a quelques jours, les marionnettes de Kigali ont procédé à des nominations des responsables au niveau local dans Rutshuru.

Sur le plan militaire, la RDF/M23 semble avoir le contrôle et la maîtrise du terrain au point d’imposer son rythme aux FARDC qui, en position défensive depuis des mois, ont tendance à concentrer le gros de leurs forces à la protection de la ville de Goma. L’impact stratégique des offensives sporadiques menées occasionnellement par les FARDC appuyées par les patriotes Wazalendo semble très limité. Cela profite à l’ennemi qui recule d’un pas et avance de deux.

À observer de près ce qui se passe au front, la RDF/M23 fait preuve d’une plus grande maîtrise du terrain. Lorsqu’ils sont attaqués notamment par des frappes des FARDC et/ou par des Wazalendo, ils réadaptent rapidement leurs tactiques et comblent leurs faiblesses par d’importants renforts en hommes et équipements venus directement du Rwanda. Et ce, malgré de lourdes pertes qu’ils subissent.

Stratégie de dispersion des troupes

La RDF/M23 a opté pour la stratégie de dispersion de ses troupes dans les zones densément peuplées, créant l’embouteillage et compliquant ainsi les frappes ciblées et le repérage de ses positions. De la sorte, les populations civiles deviennent des boucliers humains.

Dans le Masisi, les bombardements incontrôlés des populations civiles par la RDF, les éloignant des zones habitées, s’expliquent par la volonté de Kigali de reconquérir Rubaya afin de disposer des minerais de colombo de tantale, étain et lithium que Kigali exportait à son compte avec la complicité exprimée de certaines autorités provinciales notamment de la police nationale congolaise.

Avec le contrôle de Rutshuru et Masisi, les parrains du M23 sont déterminés à poursuivre les pillages des minerais congolais afin de leur permettre de payer l’ardoise de la lourde dette de la guerre. On signale des colonnes des soldats UPDF-RDF se partageant Rutshuru (groupement Busanza) et Masisi.

Pour rappel, Kigali aidé par Kampala, occupe une bonne partie des deux territoires de Masisi et Rutshuru depuis près de deux années déjà. Appliquant la stratégie chère à Mao « Talk and fight » qu’il avait déjà expérimentée à son avantage lors des négociations d’Arusha (1993) avec le régime Habyarimana, Kigali conditionne la fin de l’occupation des localités congolaises par des négociations avec ses marionnettes afin qu’elles soient déversées dans les institutions de la RDC comme lors des brassages et mixages de triste mémoire.

Le Chef de l’État et Commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi qui a encore réaffirmé sa détermination à ne pas dialoguer avec les terroristes du M23 tant que Kigali occupe une partie du territoire congolais, est appelé à prendre la mesure de la menace et à réagir vite et bien. Ce, avant qu’il ne soit trop tard. Vaincre ou mourir !

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Mathias Ikem and Franck Tatu

 

 

 

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