(Julien Paluku Kahongya lors du briefing répondant aux préoccupations des journalistes sur la présence de Kabila à Goma).
« Joseph Kabila à Goma aux côtés des rebelles du M23. Ce n’est pas possible. Je n’en reviens pas. Je peine à y croire. Je ne croirai que lorsque je verrai les images. Et comme je continue à douter qu’il y soit mais puisque c’est la presse qui le dit, je vais quand même vous charger de lui déposer mes 12 questions ». C’est par ces mots dans un style socratique empreint de la maïeutique que Julien Paluku Kahongya, ministre rd-congolais du Commerce extérieur et ancien gouverneur du Nord-Kivu pendant 12 années, ouvre le ban pour répondre à la littérature sur la présence de Joseph Kabila dans la ville de Goma sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23.
En stratège, Julien Paluku Kahongya commence par douter de ladite information, puis par responsabiliser les journalistes sensés mieux être informés que tout le monde avant de se poser à lui-même et de poser à la communauté nationale et internationale douze questions à adresser à l’ancien président de la RDC, le raïs Joseph Kabila.
Ce, sous le regard complice de son collègue et hôte au briefing du 27 mai 2025, Patrick Muyaya, ministre de la Communication de Porte-parole du gouvernement.
(Les ministres Julien Paluku Kahongya et Patrick Muyaya, Porte-parole du gouvernement lors du briefing du 27 mai 2025)
De douze questions posées à lui-même et à l’opinion nationale et internationale et dont les réponses doivent venir du raïs Joseph Kabila, la Rédaction du journal Les Coulisses retient deux uniquement, la 9ème et la 12ème, au regard de leur profondeur interpellatrice et leur pertinence, à savoir
Primo, « Est-ce que c’est ce fils de mzee Laurent-Désiré Kabila qui, en son temps (2012), a radié les officiers du M23 des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui se retrouve aujourd’hui et désormais à leurs côtés pour sa sécurité ? »
Secundo, « Est-ce que c’est cet homme, jadis considéré comme grand esprit, qui se retrouve aux côtés de ses bourreaux d’hier (M23), les bourreaux de la population qu’il a dirigée pendant 18 ans avec à la clé 10 mille morts à Goma, 5 mille à Bukavu ? Ce qui est contradictoire avec toute la lutte menée par Joseph Kabila. Se retrouver dans les mains de tous ses officiers et se retrouver encadré, sécurisé par eux ? »
Et de conclure, à la manière de Cicéron, Julien Paluku Kahongya touche la conscience du raïs Joseph Kabila : « Va-t-il porter tous les déboires : massacres de Kishishe, de Bunagana, de Tamungenga, de Sake, de Nyabiondp, de Kitchanga…. Toutes les tueries, les violations de droits de l’homme ? Accepte-il de porter ce chapeau à son actif ? »
Enfin, dans un sursaut patriotique, Julien Paluku Kahongya appelle la population congolaise singulièrement celle vivant dans les territoires sous occupation à la prise de conscience : « Je demande à la population de Goma, Lubero, Masisi, Rutshuru, Beni et j’en appelle à la mobilisation générale contre cette présence inacceptable ».
La personne que l’ancien gouverneur du Nord-Kivu connaît qui a subi pendant 18 ans la pression rwandaise n’est pas celle qui a choisi de vivre sous la protection du M23 et surtout de porter à son actif tous les déboires, a conclu Julien Paluku Kahongya.
L’intervention de Julien Paluku Kahonngya lors du briefing du 27 mai 2025 est réplique fraternelle mais profonde en ce qu’elle touche l’âme et rappelle la mafa rwandaise qui a assassiné le président Laurent-Désiré Kabila et qui déstabilise depuis 30 ans la RDC et la région des Grands Lacs. Et comme on dit chez les Catholiques : « Matoyi, baye baza na yango, bayoka – Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent ».
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Nicaise Kibel’Bel Oka

