Sukola I. Plus de 200 armes et munitions des FARDC et FIB récupérées par l’État islamique en 2 ans

(Des armes lourdes récupérées des mains des ADF/MTM mis en déroute par les FARDC. Archives Les Coulisses 2015)

Des armes de tous calibres notamment des mitrailleuses PKM, des mitrailleuses lourdes DSHK et W85 (12.7 mm), des lance-roquettes RPG-7 et Type 69, des fusils d’assaut AKM/AKMS, Type 56, des fusils d’assaut IMI Gali Vektor R4 et Daewoo K2, des fusils d’assaut AKM/Type 56 avec lance grenades GP 25, des mortiers de 60 mm et autres de fabrication variée bulgare, polonaise et russe ont été récupérées des mains des Forces armées de a République démocratique du Congo (FARDC) et/ou de FIB/MONUSCO par les soldats du califat de l’État islamique, lors des embuscades et/ou des affrontements. Selon la comptabilité opérée par le site historicoblog 4 qui a compilé les statistiques des sources visuelles de l’État islamique (reportages photos, vidéos, Amaq, hebdomadaire al-Naba), le butin capturé prend la période du 25 avril 2019 au 20 mai 2021 et représente une moisson abondante. Cette grande prise se passe durant la période des opérations de grande envergure, juste avant l’institution de l’État de siège. Les soldats du califat (MTM) appliquent simplement le principe selon lequel « Malheureux est celui qui combat victorieusement sans penser aux butins de guerre. » Les sources interrogées par la Rédaction du journal Les Coulisses ont confirmé que ces types d’armes sont utilisés par de nombreux pays africains au sud du Sahara, la FIB et les FARDC. Entre le 12 avril 2017 et le 19 mai 2021, l’État islamique a revendiqué 15.059 attaques dans 41 pays dont la RDC.

Au-delà de toute propagande, il nous revient de réfléchir sur l’issue de la guerre par rapport aux moyens logistiques engagés entre d’une part les FARDC appuyées par la FIB, et d’autre part, les islamistes Madina at Tawheed wal Muwahideen ( MTM) devenus soldats du califat de la Province Afrique Centrale de l’État islamique. Mercredi 24 novembre 2021, le président Uhuru du Kenya, en visite de travail en Afrique du Sud, évoquait ce terrorisme devant son homologue Sud-africain citant nommément les pays concernés par la menace et appelant les pays de la SADC à plus de soutien et de cohésion dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

L’analyse de l’abondante alimentation en armes et munitions fournie par les FARDC et la FIB aux islamistes pose un problème d’efficacité des uns et des autres dans leur stratégie de combat. A la guerre, les nombres seuls n’indiquent pas l’avantage. C’est ce qui explique l’asymétrie utilisée par les MTM. Elle repose sur de petites unités mobiles dans leur rapidité utilisant la ruse et la perfidie dans leurs actions. Elle repose surtout sur le partage de renseignement et la mutualisation des échanges et des forces. Il ressort de ces butins de guerre que les islamistes ont opté pour des offensives stratégiques leur permettant de récupérer les armes nécessaires et l’équipement sur base des agents doubles et/ou infiltrés grâce à qui ils obtiennent des informations sur les positions des FARDC, de la FIB et la géographie de la population ciblée.

Quelle est la moisson des FARDC en termes de butins de guerre ?

Il est passé le temps où les FARDC attaquaient les ADF/MTM et en sortaient avec une moisson abondante. Cette moisson était composée des capturés (hommes, femmes et enfants), des rescapés libérés mais également de la logistique (armes et munitions, groupes électrogènes, chargeurs de batteries, téléphones portables, etc). Entre janvier 2014 et juin 2015, les FARDC ont eu une moisson abondante au front de l’ennemi. Les FARDC ont réussi à libérer plus de 600 personnes (femmes, enfants et vieillards) otages des mains des islamistes MTM dont Chantal, l’infirmière de l’ONG MSF/France enlevée à Kamango. Comme l’indique cette photo avec des armes saisies auprès des ADF/MTM, la guerre est globale et engage toutes sortes de stratégies. A ce jour, rien de tel. Possible que les FARDC ne communiquent plus comme avant ou qu’il manque la race des journalistes capables de faire ce travail. Cette période coïncide avec des opérations offensives et des bombardements des sanctuaires des jihadistes, des prises de campements importants comme Madina, Parking, Makoboya, Nduyi, Mapobu, Kambi ya miba, Abialose, Sesele, Canada, All Pice, Topoke … où les jihadistes vivaient en cloisonnement. Les bombardements avaient permis de dénicher l’ennemi et de le déloger même de ses bunkers avant que les fantassins (troupes au sol) ne fassent leur travail.

Mettez-vous au fait de tout ce qui concerne l’ennemi. Sachez exactement tous les rapports qu’il peut avoir, les liaisons dans la communauté et leurs intérêts réciproques. Il est important de rappeler que les rebelles du M 23 et leurs alliés ont été mis en déroute et vaincus le jour où les vaillants FARDC avaient conquis la colline de Chanzu et récupéré un gigantesque butin de guerre : armes lourdes sophistiquées et munitions d’une valeur incommensurable. Jamais une guerre sans butin. Il faut y penser pour arriver à neutraliser les islamistes, soldats du califat. Qui dit mieux !

Nicaise Kibel’Bel Oka

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