Union africaine. Félix Tshisekedi, un mandat inspiré par l’idéologie d’Étienne Tshisekedi

(Les présidents Félix-Antoine Tshisekedi et Uhuru Kenyatta en concertation. Photo tiers)

Un élément important ayant motivé le président Félix –Antoine Tshisekedi à proposer le thème «  l’Union Africaine au service de peuple africains » tire ses origines dans le discours de son père Étienne Tshisekedi à l’occasion du 44ème anniversaire de l’indépendance du Congo le 30 juin 2004, qui cadre curieusement avec le thème de sa mandature à la tête de l’Union Africaine : « Arts, Culture et Patrimoine : Levier pour l’Édification de l’Afrique que nous voulons». En effet, Étienne Tshisekedi attirait l’attention du peuple congolais face au danger que court notre mémoire collective.  Il rappelle l’importance de la date du 30 juin 1960 qui constitue, pour les Congolais, le jour du plus grand rendez-vous de la Nation avec l’Histoire. A cet égard, Il a invité de divers témoins de l’histoire de la RDC à s’investir dans la rédaction de leurs mémoires. Il a demandé aussi aux chercheurs,  griots, conteurs et  musiciens congolais à restituer la mémoire collective. Tous ces témoins de l’histoire doivent être conscients des difficultés qu’ils peuvent rencontrer  pour réaliser leur objectif et pour cela, ils doivent compter sur leur sens patriotique.  Il rappelle également à ceux qui détiennent des documents rares, des archives privées, des pièces historiques, des symboles collectifs à les garder précieusement. Ce patrimoine sera reversé dans nos musées, le jour où nous aurons réussi à refonder l’État congolais,  insiste Étienne Tshisekedi devant les militants de l’UDPS, son parti politique. Il exhorte, enfin, les Congolais conservateurs et gardiens des musées, de garder intact les lambeaux restants du patrimoine congolais pillé durant la période coloniale. En définitive, il adresse ce message aux individus et institutions des puissances occidentales occupantes durant la période coloniale ayant pillé les œuvres d’art congolais et celles qui continuent aujourd’hui à le faire sous d’autres formes. Il les invite à daigner partager un jour, selon des formules équitables à négocier bientôt, la jouissance de leurs riches collections avec le Congo et les Congolais.

« Arts, Culture et Patrimoine : Levier pour l’Édification de l’Afrique que nous voulons ». Félix- Antoine Tshisekedi va apporter sa touche en proposant « l’Union Africaine au service des peuples africains ». Pourquoi cette touche personnelle ?  Là, il a tenu à réaliser le rêve de son père Étienne Tshisekedi : le peuple d’abord.  La vision de servir le peuple fut au centre du combat politique d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba et de son parti politique Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).

Félix- Antoine Tshisekedi a été aux côtés de son père durant les périodes difficiles. A plusieurs reprises, il a été relégué avec son père dans sa province d’origine et a palpé du doigt les réalités des populations privées de la liberté et appauvries.  « De l’État Indépendant à nos jours, écrit Étienne Tshisekedi wa Mulumba, une minorité de nos compatriotes, mue par des intérêts égoïstes contraires à ceux de la patrie et du peuple, et soutenue par certains étrangers, a toujours contré le combat de notre peuple visant la réalisation de son aspiration profonde et légitime de vivre en paix, libre et heureux, respecté dans sa dignité humaine, ses libertés et ses droits dans un État de droit souverain, uni, démocratique et prospère ». C’est cette vision politique de la société congolaise que la RDC a proposée de prolonger aux « peuples africains d’abord » dans le cadre de l’Union africaine. (vision stratégique de la présidence de l’Union africaine 2021-2022 de la RDC).

D’autre part,  le thème de l’Union africaine pour année  2021 « Arts, Culture et Patrimoine : Levier pour l’Édification de l’Afrique que nous voulons » s’inscrit dans le contexte  de la ratification de la Charte de la Renaissance Culturelle africaine adoptée à Khartoum au Soudan en 2006.  A son article 8 d, préserver et promouvoir le patrimoine culturel africain à travers la conservation, la restitution et la réhabilitation. C’est dans ce contexte qu’il faut placer le débat sur la restitution du patrimoine africain, lancé en 2018 par le Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain à la demande du Président français Emmanuel Macron en novembre 2018.

Freddy Mulumba Kabuayi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *