(Bruxelles. Le ministre Rd-congolais du Commerce extérieur participe au Forum EuropAfrica. Photo tiers).
Bruxelles. Vendredi 2 octobre 2026. Paneliste à l’EuropAfrica Investment Forum 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya a, au nom de la République démocratique du Congo, plaidé » Pour l’accroissement du Commerce intra-africain, la transformation locale des ressources naturelles africaines avec le développement des chaînes de valeur régionales et l’accélération de l’industrialisation du continent à travers le financement des programmes énergétiques et d’infrastructures dont le grand Inga ».
EuropAfrica Investment Forum 2026 s’est focalisé sur « la Zone de Libre- Echange Europe- Afrique, Commerce Union Européenne- Afrique et intégration régionale ».
Au cours de ces réflexions stratégiques basées sur la mise en place des mécanismes pour connecter les entrepreneurs, investisseurs et institutions d’Europe et d’Afrique, le ministre Rd-congolais du Commerce extérieur a donné un message rassurant sur la mise en œuvre effective de la Zone de Libre- Echange Continentale Africaine-ZLECAF qui progresse avec l’intégration progressive des concessions tarifaires dans les lois de finances des pays membres et l’adhésion croissante des banques centrales au Système Panafricain de Paiement et de Règlement- PAPSS. Le PAPSS est une infrastructure financière conçue pour permettre des paiements transfrontaliers instantanés en devises locales à travers l’Afrique.
L’opportunité offerte, le ministre Julien Paluku Kahongya a insisté sur la mise en contribution de la position stratégique de la République démocratique pour booster le commerce intra-africain et le commerce entre l’Europe et l’Afrique. Cela, à travers les investissements directs et industriels.
Plusieurs recommandations ont sanctionné ce forum organisé du 30 septembre au 2 octobre 2026 par CREDASSUR GROUP, sous le haut patronage du Parlement européen.
Parmi les recommandations, la mise en place d’une feuille de route pour l’aboutissement d’un partenariat stratégique gagnant-gagnant entre l’Union européenne et le continent africain, en construisant une prospérité partagée permettant pour ainsi de stopper les flux migratoires.
Plusieurs personnalités ont pris part à ce forum notamment Justine Nthomeng, Vice-première ministre du Lesotho, Koen Doens, délégué de la Commission européenne et Ali Yakoub Mahamoud, Ambassadeur de l’Union africaine près l’Union européenne. Le Forum s’est clôturé vendredi 2 octobre 2026.
ZLECAF. Comprendre le système panafricain de paiement et de règlement, PAPSS
Julien Paluku Kahongya répond à des préoccupations soulevées par certains compatriotes lorsque la Banque Centrale a signé l’adhésion de la RDC au PAPSS le 18 septembre 2026 au Kenya. L’Afrique avance et n’attendra pas 45 ans.
Le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System ou Système panafricain de paiement et de règlement) est une infrastructure financière continentale développée par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) en collaboration avec l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAF.
Son objectif principal est de permettre le règlement des transactions transfrontalières en Afrique directement en monnaies locales sans passer par des devises tierces comme le dollar américain ($) ou l’euro (€).
La révolution portée par le PAPSS pour le commerce africain réside en ce qu’actuellement, lorsqu’une entreprise africaine (par exemple en RDC) souhaite payer un fournisseur dans un autre pays africain (par exemple au Ghana, en Afrique du Sud, au Maroc ou au Kenya) :
1. La banque locale doit convertir les monnaies nationales en dollars US ou en euros.
2. Les fonds transitent par des banques correspondantes situées hors d’Afrique (aux États-Unis ou en Europe).
3. Ce circuit traditionnel entraîne des délais de règlement de 3 à 5 jours, génère des frais de change très élevés et dépend fortement de la disponibilité des devises étrangères dans les banques centrales africaines.
Le PAPSS élimine ce détour international en effectuant la conversion et le règlement de Banque Centrale à Banque Centrale en Afrique, quasiment en temps réel.
Les principaux avantages du PAPSS sont :
1. Pour les entreprises et les commerçants
●Élimination de la dépendance au Dollar US et à l’Euro : L’acheteur paie dans sa monnaie nationale (ex: Franc congolais, Cedi, Naira) et le vendeur reçoit les fonds dans sa propre monnaie nationale.
●Réduction drastique des coûts de transaction : En supprimant les banques correspondantes occidentales et les multiples frais de conversion de change, le PAPSS permet d’économiser environ 5 milliards de dollars par an en frais de transaction à l’échelle du continent.
●Rapidité des règlements (Temps réel) : Les paiements transfrontaliers qui prenaient plusieurs jours s’effectuent désormais en moins de 120 secondes.
●Atténuation du risque de change : Moins d’exposition à la volatilité et aux pénuries de devises fortes sur les marchés locaux.
2. Pour les Banques Centrales et les États
• Conservation des réserves de change : Les banques centrales n’ont plus besoin d’épuiser leurs réserves en dollars ou en euros pour financer le commerce intra-africain.
• Renforcement de la souveraineté monétaire : Valorisation et utilisation accrue des monnaies nationales africaines.
• Transparence et lutte contre les flux financiers illicites : Traçabilité centralisée de tous les règlements commerciaux sur le continent.
3. Pour la ZLECAF
●Catalyseur du commerce intra-africain : Le PAPSS constitue le « bras financier » de la ZLECAF.
Sans système de paiement fluide, la baisse des tarifs douaniers ne suffirait pas à dynamiser les échanges continentaux.
●Inclusion des PME/PMI : Permet aux petites et moyennes entreprises de commercer directement au niveau régional sans être bloquées par l’accès restreint aux devises.
Fonctionnement synthétique d’une transaction PAPSS
1. Acheteur (Pays A) : Initie le paiement auprès de sa banque commerciale en monnaie locale A.
2. PAPSS & Banques Centrales : Le PAPSS valide la transaction, calcule le taux de conversion direct entre la monnaie A et la monnaie B, et effectue la compensation nette entre la Banque Centrale du Pays A et la Banque Centrale du Pays B.
3. Vendeur (Pays B) : Reçoit immédiatement le paiement crédité sur son compte en monnaie locale B.
Voilà une révolution africaine, une innovation de la ZLECAF que j’ai partagée lors du forum de Bruxelles.
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Nicaise Kibel’Bel Oka

