Site icon LESCOULISSESRDC

RDC/Goma. Entre la célébration du bienheureux Bwana Chui et Corneille Nangaa. Que retenir ?

(Corneille Nangaa recevant la bénédiction de Mgr l’archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, après celle de Mgr Ngumbi).

Une image vaut mille mots comme on l’enseigne en journalisme. Celle où l’on voit Mgr l’archevêque de Lubumbashi et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, Fulgence Muteba, sourires aux lèvres et visage gai, et celle de Mgr Willy Ngumbi, tus deux, en train de bénir Corneille Nangaa, le coordonnateur de la rébellion de l’AFC/M23 pourrait valoir plus.

Au-delà de tout, cette image pose directement la question de la symbolique du pardon (et donc de la repentance) à celui qui pose le signe de la croix sur le visage de celui qui tend gentiment son front pour la recevoir. Sans mea culpa.

L’événement se déroule en ce jour où l’on célèbre un Bienheureux dont l’exemple devrait servir. Mort pour tout un peuple, pour les autres et assassiné par les autres parce qu’il tenait à épargner des vies, Bwana Chui est un martyre pour la République démocratique du Congo mais surtout pour l’Afrique des Grands Lacs, cette Afrique de la violence.

Il est le contraire du représentant de ceux qui tuent les autres, qui distribuent des attestations de mourir pour accéder au pouvoir. Face à la violence, il est l’agneau égorgée sans pitié.

L’on peut comprendre cette bénédiction (bene dicere) accordée avec un sourire au très catholique Corneille Nangaa, capable de se transformer en saint homme chaque dimanche, de communier et de donner ses offrandes à la paroisse Saint Esprit de Goma et prêt à tout les autres jours de la semaine brandissant barbe et menaces de mort. Car les monstres sont les vrais troupeaux de l’amour du Christ.

Mais le ridicule, s’il existe toujours a cessé de tuer mais peut blesser. Mgr Willy Ngumbi, évêque du diocèse catholique de Goma vit avec la rébellion et sait mieux que quiconque ce qui se passe nuit et jours : les exactions et les enlèvements.

Nos rébellions sont chapeautées par des seigneurs de guerre ou de nouveaux convertis, genre les Croisés. On peut citer pêle-mêle les pasteurs Laurent Nkunda (CNDP) et Azarias Ruberwa (Restoration church), l’apôtre Jean-Marie Runiga …

Lors d’une émission sur la télévision nationale rwandaise, notre confrère rwandais Tite Gatabazi déclarait : « Le président Tshisekedi n’avait pas vu les signes avant-coureurs d’une coalition rebelle posés par Mgr Fulgence Muteba à Lubumbashi en 2022 lors d’une réconciliation forcée entre le groupe de Katumbu et celui de Joseph Kabila dont Nangaa ».

Face à la beauté du sourire de Mgr l’archevêque, l’on peut oublier l’essentiel.

Mais qu’est-ce qui est essentiel entre le bienheureux Bwana Chui et le rebelle Corneille Nangaa ? Difficile à le décrire. L’Église universelle de la RDC est une machine complexe à déchiffrer.

Finalement, ne faut-il pas vivre comme un défunt pour oublier tout ce que l’Église universelle nous offre de temporel, me demandait un lecteur lors d’un échange ?

Ma réponse fut celle-ci. L’on peut comprendre la bénédiction accordée avec sourire à Corneille Nangaa par l’archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba : « L’Évangile du passé parlait des Damnés. Celui du présent dit les Pardonnés. Celui du futur parlera sans doute des Rachetés ».

Question. Est-ce que Corneille Nangaa se reconnaît en faute pour solliciter le pardon ?

Seulement comme l’enfant prodigue, il est conseiller de réciter le Notre Père pour quémander le pardon à Dieu. Sans cela, point de salut.

Notre Église est pécheresse mais appelée à être purifiée. Ne jugeons point de peur d’être jugés sévèrement à notre tour. Le monde tourne, les rébellions naissent et disparaissent et la Croix demeure.

Seigneur, rends-moi la joie de ton salut.

Nous vous donnons la vraie information et nous en payons le prix. Soutenez-nous. Votre contribution financière est attendue. Dieu dicte, nous écrivons. Contacts utiles : +243 998 190 250 et/ou +243 824 244 844

Nicaise Kibel’Bel Oka

 

Quitter la version mobile