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RDC. Julien Paluku Kahongya devant l’Assemblée nationale pour une question d’actualité sur la problématique cacao

(Le ministre Julien Paluku Kahongya répondant à la question d’actualité à l’Assemblée nationale. Photo tiers).

Kinshasa. Mercredi 8 avril 2026. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya était devant la Représentation nationale pour éclairer la lanterne des élus du peuple sur la problématique de la déconnexion entre les cours mondiaux du cacao et la protection des producteurs locaux en République Démocratique du Congo.

Répondant à la question d’actualité initiée par le député national Elie Kambale Musavuli Vughumawa, le ministre Julien Paluku Kahongya a admis le constat de l’élu en faisant remarquer qu’effectivement la baisse est plus accentuée avec 3,09 dollars le kilogramme contre plus de 5,85 dollars en décembre 2025 creusant une perte de presque 11 dollars $ en décembre 2024.

Le ministre du Commerce extérieur a précisé que ce phénomène qu’on observe aujourd’hui est dû à « La reconfiguration de la demande européenne avec sa crise énergétique et le manque de coordination du duopole ouest-africain, donc un manque de stratégie de régulation commune entre la Côte d’Ivoire et le Ghana qui a montré ses limites face à la pression des marchés en termes de spéculation à la baisse ».

Le ministre Julien Paluku Kahongya a fait une analyse générale du marché entre l’offre et la demande : « Outre les facteurs majeurs dont l’offre excédentaire en 2025- 2026, trois (3) raisons endogènes impactent négativement sur le prix de cacao en République démocratique du Congo notamment la fragmentation de l’offre avec le faible réseautage des coopératives congolaises qui laisse le producteur individuel isolé face aux acheteurs, sans force de négociation collective pour subir la loi des comptoirs, le déficit de qualité et de transformation avec le cacao congolais vendu à l »état brut » sans fermentation adéquate et parfois mélangé à des impuretés ».

(Le ministre Paluku Kahongya droit devant la représentation nationale. Photo tiers).

Les conséquences sont connues en termes de manque à gagner pour les cultivateurs et planteurs. Car, « Les acheteurs répercutent les frais de traitement au planteur ».

Enfin, le ministre du commerce, homme de terrain, a fait part aux élus nationaux du calvaire logistique du producteur avec la carence d’infrastructures de transport et de stockage qui l’oblige à écouler sa récolte au centre de négoce à n’importe quel prix pour éviter le pourrissement.

Pour y remédier, le gouvernement congolais a mis en place des stratégies pour protéger les cacaoculteurs contre la spéculation en privilégiant la force du marché plutôt que l’administration rigide des prix, axées sur 3 piliers notamment la diversification offensive des marchés dont chinois, britannique, émirati et américain avec la reconduction de l’AGOA, sur lesquels les produits « made in DRC » dont le cacao sont exemptés des droits de douane et la mise en conformité qualitative avec la consolidation de la formation des producteurs et exportateurs sur les normes sanitaires et phytosanitaires.

Le ministre du Commerce extérieur a rappelé le principe directeur selon lequel : « Sans certification, l’accès direct aux grands chocolatiers est impossible. Ce qui laisse les paysans à la merci des intermédiaires qui cassent les prix, mais aussi l’accroissement des capacités productives en mettant l’accent sur la transformation locale et le renforcement du pouvoir de négociation des producteurs plutôt que d’imposer des prix artificiels qui encouragerait la fraude transfrontalière ».

(Vue de la salle de l’Assemblée nationale avec les ministres Nzangi Butondo, Guy loando et Julien Paluku. Photo tiers).

Concernant la labellisation et les primes de qualité, le patron du Commerce extérieur a évoqué le rôle joué par l’Agence Nationale pour la Promotion des Exportations- ANAPEX et l’intégration de la RDC dans l’Organisation Internationale de Cacao-ICCO ainsi que le virage vers la transformation et le cacao aromatisé dont la tonne peut atteindre 10.000 dollars américains contre 3.000 dollars $ pour le cacao ordinaire.

Signons que le gouvernement prépare une mission de grande envergure de sensibilisation à Beni, en Ituri et dans le grand Équateur au regard des enjeux à la fois financier et industriel qui répond à l’installation de la ZES de Musienene.

C’est dans le cadre de l’exercice sacré du contrôle parlementaire que le ministre Julien Paluku Kahongya est venu apporter des éclairages sur la problématique de chute des cours du cacao et la protection des producteurs locaux. Pour une transparence démocratique reposant sur la mise en disposition de banques de données factuelles sur les politiques publiques portées par le gouvernement Suminwa sous l’impulsion du Chef de l’Eétat Félix-Antoine Tshisekedi.

Julien Paluku Kahongya s’est dit heureux de prendre la parole après le Vice-premier ministre à l’Intérieur Jacquemin Shabani Lukoo et le ministre d’État à l’Agriculture, Nzangi Butondo montrant la cohérence des politiques publiques telles que souhaitées par les autorités du pays.

La bataille du cacao se mène sur plusieurs fronts qui entrent dans la chaîne des valeurs vue que la problématique est transversale appelant à une action gouvernementale intégrée. Qui dit mieux !

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

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