RDC. Le ministre Alexis Gisaro de la communauté Banyamulenge dénie à Paul Kagame le rôle de protecteur des Tutsi congolais

(Le min’État aux Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction (ITPR), Alexis Gisaro)
« Vous n’êtes pas notre protecteur. Je suis moi-même issu de la communauté Banyamulenge, ma famille aussi. Nous ne sommes pas menacés à Kinshasa ou ailleurs. C’est l’État congolais qui assure notre sécurité et pas le Rwanda ».
Des mots forts tels des uppercuts dont l’écho a traversé les frontières. Les mots sont plus que des bombes et frappent là où ça peut faire mal. Sorti du tréfonds d’un ministre, de surcroît, de la communauté Banyamulenge, il faut être Alexis Gisaro pour le faire.
En le déclarant haut et fort devant le monde entier, Alexis Gisaro assommait non seulement les autorités rwandaises dans leur gesticulation qui cache mal les appétits sur les ressources minières de la République démocratique du Congo mais également certains princes de l’Église universelle qui ont fait le lit de l’agresseur en clamant sur tous les toits que les Baswahili de Kinshasa étaient menacés.
De nombreux compatriotes peuvent ne pas saisir la portée de ces déclarations du ministre d’État aux Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction (ITPR), Alexis Gisaro, elles sont un démenti formel qui rejette avec véhémence les prétentions du président rwandais Paul Kagame de se poser en défenseur des Tutsis congolais. C’est à la fois un risque que Alexis Gisaro a pris pour sa vie et une fierté pour lui.
Il fallait que quelqu’un d’une communauté qui souffre dans sa chair et dans son être depuis 1990 et sur le dos de laquelle les grandes puissances placèrent la guerre de l’AFDL en 1996, un membre de la communauté Banyamulenge prenne la parole et déclare urbi et orbi : « Nous n’avons jamais sollicité votre aide, Excellence monsieur le Président Kagame ».
Le régime de Kigali instrumentalise la question de la protection de cette communauté pour masquer un objectif bien plus sombre : le pillage des ressources naturelles de la République démocratique du Congo.
Le 3 juin 2024, la Commission Mukabalisa Donatien déposait au Parlement rwandais un rapport de 159 pages avec des passages entiers, toute honte bue, où le Rwanda justifie la présence de la RDF sur le sol congolais « Protéger les minorités Tutsi (Nord-Kivu), Banyamulenge (Sud-Kivu) et Hema (Ituri) envoie d’extermination ».

(Briefing au studio mama Angebi, Alexis Gisaro et Patrick Muyaya)
Le ministre Alexis Gisaro a tenu à rappeler que la communauté Banyamulenge, loin d’être persécutée, vit et circule librement à travers le pays. Un démenti formel et cinglant.
Reconnaissant l’existence de défis internes en RDC, Alexis Gisaro a dénoncé avec force l’instrumentalisation de ces difficultés par le Rwanda pour justifier une invasion : « Ce pays belliqueux exploite nos problèmes internes pour servir son propre agenda ».
Et de renchérir : « La guerre dans l’Est est avant tout une guerre économique. Nous, Tutsis congolais, n’avons besoin d’aucune protection du Rwanda ».
Mêlant émotion, colère et patriotisme, Alexis Gisaro a cité nommément certains fils de sa communauté qui œuvrent dans les institutions nationales et surtout dans les FARDC pour défendre la nation agressée emboîtant ainsi les pas au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Le ministre d’État, Alexis Gisaro a aussi attiré l’attention de tous les Congolais d’ici et d’ailleurs de ne pas tomber dans le piège de l’ennemi en évitant effectivement de donner raison à ceux qui veulent instrumentaliser et opposer les fils et filles de la République démocratique du Congo.
Dans cet exercice de redevabilité, le ministre Alexis Gisaro a été accompagné par Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du gouvernement, porte étendard du front médiatique.
Nous vous donnons la vraie information et nous en payons le prix. Soutenez-nous. Votre contribution financière est attendue. Contact utile : +243 998 190 250 et/ou +243 824 244 844
Nicaise Kibel’Bel Oka