Chute de Bweremana et Minova. Le commandement FARDC au front aurait sciemment confondu l’ennemi et la population

(Soldats FARDC au front Masisi. Tenez bon. La nation est derrière vous. Photo tiers).

Des explications incompréhensibles pour justifier la percée tactique de la RDF sur deux espaces lui permettant d’avoir un pied dans le Nord-Kivu avec la chute de Bweremana et un autre dans le Sud-Kivu avec la prise des agglomérations de Lumbishi, Numbi et Minova. Cela, après des combats de collines depuis fin décembre 2024.

Or, avec la prise de Ngungu et de Masisi-centre par les FARDC et la reprise par la RDF de Masisi-centre et après la sortie médiatique du président Kagame, les FARDC devaient s’attendre à une offensive de l’ennemi notamment par le contournement de la ligne de front (opération de déception).

On connait le mode d’emploi de la RDF : procéder par des bombardements des populations civiles qui, avec l’infiltration, fuient et permettent à l’ennemi d’accéder facilement à des localités densément peuplées.

Pour cette dernière offensive de la RDF, au-delà des trahisons de certains officiers qui rejoignent les rebelles et des infiltrations, il faut interroger avant tout l’État-major général des FARDC. Selon des sources fiables, le commandant sur la ligne de front aurait refusé aux FARDC d’attaquer l’ennemi qui s’était infiltré dans la population feignant de fuir les bombes de la RDF.

Selon toujours des sources recoupées, les FARDC étaient bien munies en bombes stockées dans l’entrepôt au moment où l’ennemi avançait avec la population. Le commandant du front aurait continué à empêcher la contre-attaque arguant qu’il fallait épargner la population et craindre que les ONG de droit de l’homme accusent l’armée loyaliste de tirer sur la foule. Il a fini par rejoindre l’ennemi.

D’autre part, l’’État-major général des FARDC doit expliquer pour quelles raisons il a procédé à la relève du général commandant qui dirigeait l’axe Bukavu-Minova et qui avait réussi à contenir les éléments RDF dans leurs positions au Nord-Kivu depuis près de deux années. Le commandement FARDC avait même installé son QG au pont Renga et opérait des patrouilles de reconnaissance allant jusqu’à Numbi, Nganjo.

Cette décision de rappeler à Kinshasa le général commandant de cet axe quelque cinq jours avant la chute de ces agglomérations est inexplicable et incompréhensible surtout lorsque son départ du front coïncide avec l’offensive suivie de la chute des localités de Lumbishi, Numbi et Minova qui donnent libre passage au Sud-Kivu.

Pour rappel, Bweremana ouvre facilement l’accès à Kirotse-Shasha et Minova sur le lac Kivu.

De Lumbishi-centre, on gagne Kavumu, Ziraho, Shanje. Les deux axes ont cet avantage d’ouvrir directement sur Bukavu via le parc national de Kahuzi-Biega.

La prise de Lumbishi permet facilement d’atteindre le territoire de Walikale. Lumbishi est plus stratégique parce que le terrain de la ferme privée Lutu sert de faux aérodrome où les petits porteurs des ONG et des hélicoptères des FARDC pouvaient atterrir. Il faut empêcher qu’il serve de ravitaillement à la RDF depuis le Rwanda.

Toute distraction des FARDC conduirait à ce que le Rwanda occupe tout l’espace et en profite pour inonder des populations non autrement identifiées.

Sur cet espace riche en colombo tantale (coltan), cohabitent les communautés Tembo, Hutu et Tutsi. Le contrôle de cet espace permet à la RDF à avoir une main mise sur les sites miniers pour leur exploitation afin de payer l’ardoise de la guerre.

La progression de la RDF visait Minova (16 kilomètres de Bitoga) avec comme objectif couper l’axe Kalehe. Depuis la prise de Minova, la RDF a le contrôle du lac Kivu et devrait asphyxier la ville de Goma sur les produits qui prennent la voie lacustre.

Une contre-offensive robuste et chirurgicale des FARDC est attendue impatiemment par toute la population congolaise. La population est appelée à soutenir les FARDC pour la victoire finale. Les prises temporaires de localités par la RDF ne sont que des batailles dans une guerre.

On se rappelle des obus largués contre la délégation des chefs d’Etats-majors des armées de la SADC, de la FNB et des FARDC qui inspectaient la ligne de front au niveau de Bweremana en 2023. Ce qui encourage l’impunité dont jouit le pouvoir FPR.

Guerre oubliée, l’agression de la RDC par le pouvoir FPR depuis trois décennies n’intéresse pas les grands médias. Et ce, malgré plus de 5,5 millions des déplacés dans la partie orientale du Congo. Les populations qui vivent dans le dénuement le plus total sont soumises à une violence en continu où les femmes et les jeunes filles sont exposées au viol. Sous des bombes de la RDF !

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Mathias Ikem

 

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