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Journée mondiale de la liberté de la presse. RDC. Entre information et guerre d’agression.

La République démocratique du Congo est agressée par le Rwanda. Une partie de son territoire est sous occupation. Ce qui pose un problème pour les professionnels des médias. Comment doit se comporter un journaliste confronté à la triste réalité d’une guerre d’agression de son pays ?  Entre Information et désinformation en temps de guerre d’agression.

Une fois les villes de Goma et Bukavu tombées dans les mains de la Rwanda Defence Force’s appuyant des rebelles de l’AFC/M23, des journalistes couvrant cet espace n’ont pas su quel comportement adopté. Certains ont carrément résolu de fuir, d’autres ont rejoint la rébellion et d’autres encore y sont restés. A leur risque et péril. Des organisations de défense des journalistes ont même débloqué des fonds pour sauver certains journalistes sur des critères basés sur l’arbitraire.

Ceux des journalistes qui, lors des ateliers de formation, ont appris de leurs formateurs (qui dans la plupart de cas viennent des pays occidentaux) que la profession était au-dessus du patriotisme, même lorsque la mère patrie est agressée, se sont sentis un peu trahis.

Les défis liés à la liberté de la presse, à l’éthique journalistique et à la lutte contre la désinformation doivent tenir compte du contexte de conflits et de l’évolution technologique.

Le cas de la RDC est emblématique et répond à la logique de la guerre à la fois militaire, économique, financière, médiatique, technologique, culturelle, idéologique, écologique, religieuse menée par les grandes puissances de notre siècle.

Même si, il faut le souligner, ces autres moyes « non létaux et non militaires » de faire la guerre n’en sont pas moins violents et brutaux.

La compétition médiatique en temps de guerre est accrue dès lors que chaque journaliste est libre de choisir son camp, ses opinions, libre de défendre la rébellion, d’y puiser l’idéologie contre son pays sous occupation étrangère.

La guerre, quel que soit sa nature, est un véritable marché d’information ouvert qui obéit à l’émergence des moyens de communication modernes. Et donc, n’échappe pas à la désinformation et à la manipulation.

Les fake news ont la répétition de voyager plus rapidement que la bonne information.

Jusqu’à ce jour, ils sont nombreux ceux des journalistes congolais qui ne savent pas pourquoi le Rwanda fait la guerre contre leur pays. Ils sont nombreux ceux de journalistes qui pensent que c’est Félix-Antoine Tshisekedi qui est le problème. Et nombreux ceux qui croient dur comme fer que le journalisme est au-dessus du patriotisme.

La presse rd-congolaise, quand elle ne sait pas détecter les origines et les objectifs poursuivis par les agresseurs de son pays, est partagée entre propagation-transmission et enracinement.

Il lui faut une véritable déconstruction des jugements établis (débiasing).

En 2009 à Durban en Afrique du sud, lorsque je recevais le Prix Africain 2009 de la Liberté de la Presse, j’ai lancé un appel aux médias du monde entier les invitant à s’intéresser objectivement à la République démocratique du Congo pour dénoncer les agendas cachés des grandes puissances sur le Congo afin d’éviter la tragédie pressentie. Je l’ai fait comme journaliste congolais mais plus encore comme patriote.

Aujourd’hui, 16 années passées, je suis semblable au dernier soldat abandonné au front avec son stylo comme seule arme parfois sans cartouche. Bonne fête de la liberté de la presse à tous, toutes et chacun de journalistes.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

 

 

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