(La Première ministre Judith Suminwa et quelques membres du gouvernement lors de la commémoration. Photo Les Coulisses).
Une année depuis la tragédie de Goma. La RDC commémore la Mémoire contre l’oubli. Sous le thème « Drame humanitaire, enjeux économiques, justice pour les victimes et restauration de l’intégrité du territoire national ».
Kinshasa. Académie des Beaux-Arts. Mardi 27 janvier 2026. Le Ministère de la Communication et Médias, sous la direction de Patrick Muyaya, ministre et Porte-parole du Gouvernement a organisé la commémoration de tristes événements provoqués par l’agression de l’armée rwandaise qui endeuillent l’Est de la République démocratique du Congo.
Sous le patronage de Mme Judith Siminwa Tuluka, Première ministre et Chef du Gouvernement, des panélistes choisis selon leurs compétences et degré de patriotisme ont abordé les différents aspects qui entourent la guerre d’agression de notre pays par le pouvoir de Kigali devant une assistance nombreuse.
La commémoration de cet anniversaire de la chute de Goma et l’hommage à toutes les victimes avait 3 temps forts, à savoir l’ouverture et mot de circonstance, les exposés des panélistes et la visite de l’exposition photos de la tragédie humaine suivie par l’allumage symbolique des bougies durant le temps de recueillement.
Tout à tour, les panélistes ont abordé les aspects de cette tragédie. Commençant par le panel 1 sur les Conséquences humanitaires et nécessité d’une justice pour les victimes (Joseph Kakisingi, Bruno Lemarquis et Guillaume Ngefa), ensuite le panel 2 sur les Conséquences économiques de la guerre et de l’occupation (Placide Nzilama, Julien Paluku Kahongya, Éric Tshikuma, Daniel Mukuko Samba) et enfin le panel 3 sur les Voies de la paix, processus de paix et rôle de la MONUSCO (Patient Bashombe, Mme Pauline Farini et Patrick Muyaya).
Le ministre Muyaya a appelé à la mobilisation de tous insistant sur « Nous devons tous investir dans la jeunesse » pour refuser l’oubli et la banalisation de la guerre, en appelant à la capacité de la jeunesse à utiliser les réseaux sociaux pour témoigner pour le présent et pour le futur. Car, la paix n’est construite que sur la prise en compte des victimes et le bine -être de la population.
Bref, on retiendra des panélistes de la Conférence-Mémoire contre l’oubli : Drame humanitaire, Enjeux économiques, Justice pour les victimes et Restauration de l’intégrité territoriale que la guerre du Rwanda sur le sol congolais est une guerre d’agression armée et de prédation sur le pillage systématique de nos ressources naturelles.

(Vue des panélistes attendant d’intervenir sur l’occupation rwandaise de Goma, Bukavu et Uvira. Photo Les Coulisses.)
Parce que l’occupation s’accompagne d’une destruction du tissu économique. Mais également des vies humaines à travers des actes bien pensés comme la fermeture des camps des déplacés, le manque d’eau et de nourriture, la crise sanitaire, le retour des infections. Et donc, il n’y a qu’un animal qui puisse arriver à infliger à des êtres humains de telles violences.
Des vies brisées, des familles dispersées, la réponse humanitaire seule ne suffit pas sans la justice notamment lorsqu’il s’agit du combat contre l’oubli. Et la justice doit se lire sur les deux niveaux indissociables qui sont humanitaire et juridique face à un conflit armé à la fois non international et international impliquant la forte présence de la RDF (armée rwandaise). L’analyse historique de différents conflits qui déchirent l’Est du Congo montre une présence continue de l’armée rwandaise sur le sol congolais. Ce qui oblige le Rwanda comme puissance occupante à « assumer sa responsabilité au niveau le plus élevé, celui du commandant en chef de son armée », dixit Guillaume Ngefa.
Les conséquences économiques commencent au niveau de la trilogie Production-Transformation- Commercialisation. Voilà pourquoi la guerre est toujours lancée durant la période de récolte pour deux raisons majeures, la prise en charge des combattants et le versement des produits récoltés au Rwanda et à l’Ouganda.
Cette guerre d’agression est la dernière du Rwanda sur notre pays

(Éric Tshikuma, Julien Paluku Kahongya et Mukoko Samba sur le plateau expliquant la stratégie du Rwanda au Kivu. Photo Les Coulisses).
Prenant à témoin la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les membres du Gouvernement, parlementaires, étudiants, journalistes et acteurs de la société civile présents, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a pris le risque d’affirmer : « Cette guerre d’agression rwandaise est la dernière à l’Est de la RDC ». L’explication est simple : « L’approche diplomatique sous le leadership du Président de la République, Félix Tshisekedi est train de couper toutes les branches auxquelles s’appuyait le Rwanda, et cela, avec la mise en contribution de l’Accord stratégique signé dernièrement à Washington entre la RDC et les États-Unis et le nettoyage systématique dans l’appareil sécuritaire de notre pays jadis infiltré ».
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya a expliqué le soubassement des guerres récurrentes du Rwanda contre le Congo : « L’agression rwandaise et les massacres des civils à l’Est de la RDC ont pour objectif de détruire le capital humain congolais avec des milliers de déplacés et le tissu économique avec le pillages systématiques des minerais et des produits agricoles, mais aussi le tissu environnemental et touristique en créant ainsi une économie de dépendance au détriment de l’économie congolaise ». Et de renchérir : « Pendant cette période d’occupation des zones dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le volume des exportations des minerais est passé de 70 millions de dollars $ en 2000 à 2 milliards de dollars $ en 2025 au Rwanda, qui ne dispose pas de gisements miniers ». Et de conclure avec discernement : « D’où les véritables FDLR que le régime de Kigali poursuit en RDC sont les minerais et autres ressources naturelles congolais ».
Mukoko samba, parlant de la résilience du peuple congolais est revenu sur les images balancées : « La fermeture des banques est une décision souveraine. On paie les fonctionnaires, on organise les examens d’État… preuve que Kinshasa gouverne l’ensemble du territoire national. Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, c’est entre 12 et 15 % du PIB national.
Le choc sur l’économie nationale est perçu à travers ce que subissent les vendeuses sur le coût de la production et celui de la commercialisation ».
Prenant l’exemple du cacao, de la BRALIMA Bukavu et des pertes de recettes douanières qui influe sur l’augmentation des dépenses publiques notamment militaires pour contrer la guerre face à la perte des dépenses publiques, gagner la guerre et faire régner la paix sont des exigences pour mettre fin à un modèle économique bâti sur la prédation et qui pérennise la guerre. La restauration de la paix signifie casser cette dépendance et renforcer les liens producteurs et consommateurs congolais.
Le député national Éric Tshikuma a donné la contribution de l’Assemblée nationale dans les efforts de la lutte contre l’oubli notamment dans le travail de documentation, de suivi à travers des missions parlementaires pour mieux expliquer la thèse de prédation, affiner les réponses du gouvernement parce qu’elles sont globalisantes et intégrantes.
Après la visite de l’exposition des photos, le ministre Patrick Muyaya est resté avec les victimes et la société civile des zones occupées autour des bougies symboliques allumées sur l’esplanade de l’ABA marquant l’unité des Congolais pour un Congo Un et indivisible. Congolais telema. Qui dit mieux !
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