(Visite de la cathédrale de Goma en construction par les évêques du diocèse de Goma. Photo tiers).
Dans un monde composé plus de paroles que de silence, est-il possible de reconstruire les cœurs ? Dans un monde de compromissions devant la vérité, que devrions-nous faire et comment nous comporter ? Vivre ensemble est devenu un luxe. Comment nous réconciliés dans la paix là où existent des déplacés de guerre ?
Problème de confiance entre les hommes. On ne sait plus à qui faire confiance dans ce bourbier congolais. Lorsque je vois comment nos évêques (de la CENCO et de l’ECC), hommes de Dieu sur terre, s’époumonent pour expliquer à qui veut les entendre que le crochet à Kigali sur demande du président Paul Kagame n’était qu’un accident de parcours qui n’altère en rien leur crédibilité, je me mords la langue. C’est dans le cadre de dévouement d’un pasteur dans un pays en guerre, soucieux de toutes ses brebis que cette quête devrait se faire.
Seulement, l’on s’interroge s’il ne s’agissait pas là d’un piège leur tendu et dans lequel ils sont tombés de « bonne » foi. Car même l’enfer est pavé de bonnes intentions et s’il s’agit d’un enfer politique, le rusé gagne, en prolongeant leur séjour sur son royaume.
On ne va pas dormir chez le riche quand on a son oncle, pauvre soit-il, dans le village. Parce qu’aussi, nulle part nos évêques de la CENCO et de l’ECC ne font allusion aux évêques du Rwanda, hommes de Dieu comme eux, et ne donnent pas de la peine pour solliciter leur avis sur un conflit qui a tué même dans l’Église, famille de Dieu.
Puisqu’ils ont pris l’option de parler, ils ne nous expliquent pas pourquoi ils n’ont pas fait un autre crochet chez le Burundais.
Depuis quand doit-on mettre en doute la parole et la démarche des hommes de Dieu ? Ont-ils perdu de leur crédibilité ou c’est nous qui sommes incrédules ? S’agit-il d’une suspicion légitime ? La question vaut son pesant d’or. Chez eux et chez nous. Une démarche de pacification forcée, à coût des millions, cache mal les desseins odieux. Et donne des résultats mitigés. A qui faire confiance ? Qui croire ? A qui profite le crime, si crime il y a ?
Le combat le plus difficile pour une personne est la bataille avec soi-même.
De la même façon, vendredi saint, on annonçait tambour battant l’entrée de Joseph Kabila à Goma sans qu’heureusement personne ne puisse le voir ni l’apercevoir. Mais les médias internationaux en ont fait le chou gras. A Goma, on se demandait si le raïs Joseph Kabila, pareil au Christ, va apparaître dimanche, après trois jours passé chez les zombies. Il parlera, semble-t-il. Mais à qui ? Pourquoi avoir choisi le tombeau du Rwanda ?
Nous sommes seuls. Nous sommes comme l’étranger dans sa propre maison. Toujours seul à attendre et toujours séparé de lui-même par l’attente.
En cette semaine sainte, on attendait le Christ (on l’attend toujours jusqu’à demain dimanche) pour ressusciter avec lui dans la gloire de Dieu. D’autres personnes attendaient le raïs Joseph Kabila. Sacrilège !
Le Dieu de la Nouvelle alliance rappelle que l’homme n’est pas le patron du monde. C’est quelqu’un de passage où les cadeaux de la vie lui ont été donnés en concession.
Que signifie l’idée de résurrection ? Si le Christ est ressuscité, c’est donc que nous sommes tous ressuscités avec lui. C’est une sorte de postulat. Aucune échappatoire possible.
Reconstruire les cœurs serait-il une peine perdue tant que les déchireurs des cœurs n’ont pas encore terminé leur sale besogne ?
Est-ce que la venue de l’Un dans nos cœurs d’affligés et de l’autre à Goma pourra nous redonner le sourire et la consolation ?
Viens parmi nous, Seigneur, dans le silence et ouvre nos cœurs aux joies de ta présence.
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Mathias Ikem
LESCOULISSESRDC INFO