RDC. Accord de Washington. Et si Tshisekedi décidait de recevoir Kabila en consultation !

( Ils se sont déjà rencontrés et parlé par le passé, Félix Tshisekedi (main dans la poche) et Joseph Kabila ( en face de lui). Archives.

Les voies du Seigneur sont insondables et comme le souligne un adage « il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent jamais ».

Imagine-t-on un instant le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi prendre son téléphone et appeler Joseph Kabila lui proposant une rencontre à Kinshasa et que ce dernier, après hésitation et demande de garantie, accepte puis les deux finissent par se rencontrer. Que se passerait-il. A quoi allons assister et aboutir ?

Ceci paraît impensable et inadmissible pour les caciques de tout bord parce que les hommes d’Église (les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo et les pasteurs de l’Église du Christ au Congo) ne l’ont peut-être pas essayé ni pensé. On pourrait chercher le parrainage ailleurs.

Et parce qu’aussi, dans ce pays, tout le monde consulte tout le monde. La coalition CENCO-ECC consulte Joseph Kabila. Ce dernier, à son tour, consulte à Goma et Bukavu. Finalement et en réalité, personne ne consulte personne. Or, on peut soumettre l’ennemi sans croiser le fer (Sun Tzu).

Ce qui va arriver et la chose à laquelle tous les Congolais et Rwandais s’attendent, la paix des braves, au-delà des accords de Washington, la paix dans l’est du Congo et dans l’ensemble de la République mais surtout au Rwanda.

En termes clairs, la rencontre Tshisekedi -Kabila, si elle a lieu, permettrait :

– de faire avancer l’accord de Washington sur la reconnaissance de la présence des troupes rwandaises sur le sol congolais et donc de leur retrait. Ce qu’on désigne techniquement par « Désengagement des unités RDF »

– de dépouiller le Rwanda de son prétexte sur son soutien au M23 qui, en réalité, est un mouvement écran montée pour déstabiliser la RDC.

– d’interdire aux deux pays de soutenir les actes hostiles et les groupes armés

– de permettre et faciliter la réussite des pourparlers de Doha

– de permettre la démobilisation et le désarmement et la mise en action du P-DDRS-C

– enfin revenir sur le dialogue tant chanté.

L’on peut tout dire sauf si on souffre de cécité politique, l’instabilité dans la région des Grands Lacs trouve ses origines dans le conflit Hutu-Tutsi au Rwanda et dans la manière d’accéder au pouvoir au pays de Mille collines.

Il y a une partie importante de la population rwandaise qui n’a pas droit au chapitre et qu’on traite des « génocidaires » l’ayant acquis en héritage. Cette population est en errance depuis 30 ans. Ce qui se passe au Congo procède des dommages collatéraux malheureusement bien entretenus de l’intérieur comme de l’extérieur.

Naturellement, l’Alliance Fleuve Congo de Corneille Nangaa n’aura plus sa raison d’être.

Et Joseph Kabila dans tout ceci ?

Effectivement, il faut penser à l’avenir de Joseph Kabila, lui qui a montré sa soif du pouvoir, mieux son désir de revenir aux affaires après 18 années passées à la tête de la RDC. Il faudrait l’amener à accepter de rester Sénateur à vie sans engagement politique actif dans le pays (genre autorité morale) et donc, il devrait quitter le bateau PPRD. Ce, par et avec les lois contraignantes de la République imposées à la fonction.

Au niveau international, la République devrait lui trouver un rôle de facilitateur dans différents conflits sur le continent comme Olusegun Obasandjo ou Pierre Buyoya dans le temps.

Dire que Joseph Kabila s’ennuie à l’est du pays n’est pas une injure et que sa place n’est pas là relève de la bonne compréhension du problème. Enfin avouer que Joseph Kabila est « otage » du pouvoir de Paul Kagame est un fait de sagesse.

Mais il faut quelqu’un de courageux pour le sortir de cette situation semblable à Sisyphe sans savoir jusqu’à quand il continuera à consulter. L’Union africaine peut nous aider à le sortir de cette merde et le ramener à Kinshasa.

La rencontre Tshisekedi-Kabila marquerait une avancée significative vers le la paix.

Car, il faut le reconnaître, l’accord de Washington exige beaucoup de bonne volonté de part et d’autre mais surtout son application semble difficile du fait que le pouvoir FPR se sert de certains congolais pour cacher ses desseins hégémoniques sur l’est de la RDC.

Il est important de rappeler que le pouvoir FPR définit sa présence sur le sol congolais (même si de temps en temps, il la nie) comme étant une « question existentielle pour les Tutsi ». Aujourd’hui, à travers le monde, la question existentielle est devenue une raison pour attaquer d’autres nations.

Ceux qui ne reconnaissent pas que l’on tourne en rond notamment du côté de ceux qui ont pris les armes ne savent pas lire les signes du temps. Enfin que ce rêve devienne réalité pourvu qu’il puisse servir à sortir la RDC du bourbier et surtout à se réconcilier avec ses enfants.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

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