(Vue partielle de l’assistance (le prof Ndaywel et la Ministre Malu) lors du vernissage du 1er numéro des cahiers congolais d’études avancées).
Mercredi 14 janvier 2026. Sultani Hôtel Kinshasa. Un parterre d’intellectuels lettrés a assisté au vernissage du premier numéro des cahiers congolais d’études avancées. Porté sur les fonts baptismaux par Mme Malu, ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté et marraine de la revue, le premier numéro des cahiers congolais d’études avancées a axé sa réflexion sur : « L’Est du Congo dans les Grands Lacs : aux origines d’une guerre sans fin » traitant « Aux origines de l’histoire de la région et la crise dans tous ses états » et se questionnant sur « Quelles voies de sortie ? »
Au total 12 articles de haute facture portant des signatures sûres et respectables scrutent différents thèmes variant entre l’histoire, la géographie, la géopolitique et les relations interculturelles et interétatiques, le djihad armé mais également le droit international. Le tout, dans un cahier de 320 pages qui s’ouvre par un éditorial du professeur Isidore Ndaywel è Mziem, son Directeur général, et se referme sur un article du professeur Raphaël Nyabirungumwene Songa.
Les premières touches des cahiers congolais d’études avancées portent les noms de : Roland Pourtier, Isidore Ndaywel, Gaspard Mugaruka, Jean-Marie Bashizi, Donatien Dibwe, Célestin Nguya Ndila, Pierre Jacquemot, Nathalie Kituza, Nicaise Kibel’Bel Oka, Cyril Musila, Luc Mubiala Mutoy et Raphaël Nyabirungu.
Isidore Ndaywel, présentant les nombreux défis auxquels est confrontée la République démocratique du Congo, est convaincu que : « L’étape initiale à tous ces défis demeure, de manière incontestable, celle d’assurer l’existence d’un Congo uni et solidaire » et que « Pour faire taire les armes au cœur de ce géant de l’Afrique, mettre un terme aux pillages de ses ressources naturelles du sol et du sous-sol, préserver des vies humaines notamment celles des femmes et d’enfants, mettre un terme au bradage de ressources environnementales, des efforts doivent être engagés non seulement dans les domaines politique, militaire et diplomatique mais aussi dans le domaine intellectuel ».
Car, dans cette Afrique des Grands Lacs, terre des conflits et des violences, il importe d’identifier, de saisir et de dessoucher les racines du mal qui paralyse une si grande et importante région et handicape le développement de l’ensemble du grand Congo.
Le professeur Emmanuel Locha Matesoa, Secrétaire général de l’ICEA, a ouvert le ban en brossant la biographie des membres du comité scientifique de cette revue avant de souligner avec raison que demain le Congo du 3ème millénaire devra vaciller entre conscience naturelle et conscience historique, grande sœur de la conscience naturelle. La souveraineté intellectuelle et épistémologique n’est pas donnée ; elle est à acquérir.
Une brève présentation du professeur Isidore Ndaywel, universitaire chevronné, penseur, dont l’engagement en faveur de la souveraineté intellectuelle congolaise avec une humilité déconcertante n’est plus à démontrer, s’en est suivie.

(Nicaise Kibel’Bel reçoit son exemplaire dédicacé par le professeur Isidore Ndaywel. Photo Les Coulisses)
Cette place donnée à la réflexion de haute facture a été démontrée par le professeur Emile Bongeli qui a décortiqué tous les articles à travers une lecture critique sur l’ancrage sociologique du premier numéro des cahiers congolais d’études avancées. Emile Bongeli est revenu sur l’appropriation du savoir par des épistémologies propres aux Congolais pour assumer notre intégrité afin que nos intérêts priment sur l’écosystème scientifique congolais. Ce qui se traduit par une accession à la vérité par notre propre investigation intellectuelle nous aidant à déconstruire certaines certitudes qui, en réalité, n’en sont pas. Sans peur des ruptures épistémologiques et/ou de radicalisation de la pensée critique.
Emile Bongeli a démontré avec pédagogie la dichotomie du savoir partant de deux articles sur la compréhension de la démographie dans les Grands Lacs. On ne bâtit pas la paix sans mémoire de la même manière que réécrire les programmes d’histoire, c’est assumer notre responsabilité de ce que nous voulons réellement transmettre à la jeunesse.
Bref, en parcourant les pages de cette revue, l’on comprend avec aisance que la revue dépasse le cadre académique et éclaire les racines profondes de la violence qui, traduite en actes, endeuille l’est de la RDC depuis 30 années.
Mme Dora Muanda Kabadio a présenté la vision du ministère de l’Éducation nationale autour de son implication citoyenne dans la revue.
La modération avait été assurée par Mme Kethia Ongera Zando, le tout agrémenté par la chanteuse et guitariste Didi Nlandu de l’INA. La cérémonie s’est clôturée par la diffusion-vente de la revue et un rafraichissement.
Pour rappel, l’Institut congolais d’études avancées, en sigle ICEA, est un think tank ayant pour objectif l’élaboration, le soutien et la promotion des recherches originales et innovantes sur le Congo dans une perspective de la renaissance africaine. Elle se focalise dans des domaines prioritaires tels que l’éducation et le développement du capital humain, violences et guerres de pillages, État, aménagement du territoire et développement, Arts et patrimoine comme leviers de la société africaine et afrodescendante, le Congo dans la mondialisation, etc. Lisez le contenu pour en découvrir les facettes de ce qui endeuille la République depuis l’Est.
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Nicaise Kibel’Bel Oka
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