RDC. Presse et (in) salubrité médiatique

(Kinshasa. Quelques journalistes congolais témoignent du sérieux et de la solidarité lors des travaux du centre Nganda)

Le Président de la république, Félix-Antoine Tshisekedi, s’exprimant le 25 janvier 2022 à l’ouverture des états généraux de la communication et médias a lâché deux mots qui recouvrent tout leur sens en ce moment où la RDC et sa presse ont perdu les pédales. Salubrité médiatique. Deux mots qui sonnent comme de vrais défis à relever pour les médias congolais. Deux mots qui disent tout et qui appellent en un examen de conscience sérieux et approfondi de la profession des journalistes. Si le Chef de l’État a parlé de la salubrité, c’est qu’il y a une insalubrité dans les médias. Et s’il y a insalubrité, cela appelle à nettoyer les médias pour les rendre propres. Les médias congolais nagent dans une insalubrité publique impossible de la cacher. Dans leur contenu et dans leur forme. Forme et contenu. Voilà encore deux mots qui se justifient pleinement. Au-delà de ces deux mots, il faille y ajouter d’autres comme injures, incivisme, immaturité, légèreté, tribalisme, clientélisme. Il  n’est pas rare de voir des confrères injurier publiquement d’autres confrères. Tel ce jeune confrère qui a même intervenu à l’ouverture des états généraux depuis l’Europe où il vit. Pendant deux mois, il prit un vilain plaisir à injurier Nicaise Kibel’Bel Oka simplement parce qu’il n’appartient pas à sa communauté ethnique et parce qu’il est plus âgé que lui. Là où la sagesse lui aurait recommandé de solliciter de Dieu la grâce de vivre plus longtemps que son confrère Kibel’Bel Oka. La maladie dont souffre la presse congolaise que Félix-Antoine Tshisekedi a proprement nommée (in) « salubrité médiatique » mérite d’être soignée.

Tout le monde, en premier lieu les journalistes eux-mêmes, le reconnaît aujourd’hui. Mais reconnaître à lui seul ne suffit pas. Si le thermomètre sert à diagnostiquer la fièvre, il lui faut au-delà du diagnostic trouver des remèdes. Pas de calmant, pas de pansement mais des remèdes efficaces pour en finir avec la maladie. De quoi souffre la presse ? En quoi consiste cette insalubrité dans la presse ?

D’abord la pléthore. Au lieu d’être une richesse, elle est devenue insalubrité. Ensuite la qualité de journaliste. Elle s’acquiert loin des règles de l’art. Enfin, le contenu des médias.

La récitation de mots comme « éthique et déontologie » ne suffit pas pour avoir une presse digne et responsable. Il y a plus ; il y a mieux. Les états généraux tenus au Centre catholique Nganda sous la bonne conduite de Patrick Muyaya, actuel ministre de la Communication et Médias et journaliste, ont ouvert des perspectives heureuses qu’il faille capitaliser. C’est un impératif et une nécessité. Pour notre part, nous avons été heureux de noter cette symbiose entre anciens qui ont fait la presse au Congo-Zaïre et la nouvelle génération. Dans une harmonie dont seule la bonne éducation et la solidarité gardent le secret. Avec espoir que la presse de la RDC, dans cet éveil patriotique et la conscience nationale, retrouve la salubrité exigée par Félix-Antoine Tshisekedi dans l’intérêt supérieur de la nation.

Nicaise Kibel’Bel Oka

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