(NPM. Les cinq métisses belges, nées au Congo lors d’une des audiences de leur procès. Photo tiers).
Falsification des faits ! « S’il existait des Belges sérieux, honnêtes et courageux, ils demanderaient la révision du procès. Des personnes qui s’étaient données ne pourraient pas être traitées de complices des crimes inexistantes ». Une des réactions après le rendu du jugement par la cour de cassation.
Bruxelles. Vendredi 22 mai 2026. Par un jugement définitif, la Cour de cassation belge a confirmé l’arrêt du 2 décembre 2024 de la cour d’appel de Bruxelles établissant que l’État belge était coupable de crimes contre l’humanité à l’égard des enfants nés durant la période coloniale au Congo, Ruanda et Urundi.
La cour de cassation condamnait pour ainsi « La politique belge de ségrégation raciale et d’enlèvements forcés des enfants métis durant la période coloniale ».
Des réactions ont fusé. Déjà dans un ouvrage intitulé « Ma vie, un rude combat », Paul Louis Kabasubabo et son éditeur ont mentionné que » Sa vie en institution pour métis n’a pas ressemblé à un crime contre l’humanité ».
Son éditeur a qualifié le procès en des termes forts : « Une propagande anticoloniale qui ne respecte ni le droit ni l’histoire ». Car, renchérit-il : « La volonté de ces Belges fut de soustraire les enfants métis, abandonnés par leurs géniteurs, à rester au village et à leur apporter des armes pour la vie grâce à une formation et une éducation ».
La preuve est là. Parmi la multitude d’enfants métis nés au Congo belge et au Ruanda -Urundi, les cinq femmes sont un témoignage vivant de cette volonté de « sauver » ceux qui pouvaient l’être.
En condamnant l’État belge, la cour de cassation a ouvert la boîte de Pandore qui ne pourrait être refermée et a donné l’occasion à tous ceux et toutes celles qui le souhaiteraient, de poursuivre la Belgique dans ses agissements de l’époque.
Pour rappel, cinq dames de nationalité belge Léa Tavares Mujinga, Monique Bitu Bingi, Noëlle Verbeken, Simone Ngalula et Marie-José Loshi, métisses nées au Congo, avaient saisi la justice belge dénonçant les traitements reçus au Congo.
Les cinq demanderesses sollicitaient du tribunal qu’il condamne l’État belge à leur payer un montant provisionnel de 50.000 euros par personne et qu’il désigne un expert judiciaire pour évaluer leur dommage moral pour le surplus.
L’État belge, pour sa part, concluait à la prescription et au non fondement de la demande.
Le Tribunal de première instance francophone de Bruxelles, Section Civile avait déclaré non fondé la demande en ce qu’elle vise la faute de l’État belge déduite d’un crime contre l’humanité commis entre 1948 et 1961 et condamnait les demanderesses aux dépens liquidés dans le chef de l’État belge à 6.000 euros pour indemnité de procédure.
La cour de cassation vient de casser le premier jugement en leur donnant raison. Ce qui crée un scandale judiciaire pour certains parmi les Belges et les Congolais.
L’on aurait souhaité que la démarche de cinq dames aujourd’hui de nationalité belge puisse concerner tous les enfants métis notamment ceux et celles qui n’ont pas eu les mêmes chances qu’elles dans la vie mais là encore, c’est une démarche individuelle des métisses privilégiées belges. Pas de ceux et celles qui sont restés Congolais sans possibilité de voir aussi l’Europe.
Il est certes vrai que des enfants métis ont souffert de la séparation brutale d’avec leurs géniteurs mais il reste également vrai que nombreux enfants métis ont bénéficié d’un traitement de faveur dans différents domaines par rapport aux enfants congolais noirs notamment à l’école et dans la vie politique.
D’autres part, certains congolais ne partagent pas cette démarche jugée subjective pour des personnes qui ont bénéficié des avantages que d’autres enfants nés dans les mêmes conditions qu’elles n’ont malheureusement pas eus.
Il faut interroger les Congolais nés avant l’indépendance pour une grille de lecture du passé colonial plus ou moins objective notamment à travers les bienfaits/mal faits, des avantages et inconvénients de l’aventure belge au Congo pour en avoir le cœur net, tout en admettant qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite.
De l’avis de nombreux analystes, c’est une jurisprudence dangereuse et suicidaire pour l’État belge qui devrait s’attendre à des plaintes diverses sur le comportement des Belges de l’époque coloniale. L’avenir nous en dira plus. Qui dit mieux !
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Mathias Ikem
LESCOULISSESRDC INFO