RDC. École de Guerre de Kinshasa. 4ème édition du colloque. La réflexion sur la guerre USA/Israël vs Iran propose l’alliance sciences -armée

(CSM. 4ème édition du colloque de l’EGK. Le SG à la Défense nationale reçoit les honneurs militaires. photo tiers).

Kinshasa. Du 23 au 24 juin 2026, l’École de Guerre de Kinshasa, en sigle EGK, a organisé sa 4ème édition du colloque annuel marquant ses 5 ans d’existence. Le général-major Godefroid Muland, commandant de l’EGK a placé cette 4ème édition sous le signe d’une réflexion géostratégique en rapport avec les deux guerres qui bousculent le monde, à savoir la guerre opposant la Russie à l’Ukraine et celle USA-Israël les opposant à l’Iran.

Sous le thème « guerre USA-Israël contre l’Iran. Conséquences sur l’Afrique et la République démocratique du Congo, des professeurs d’universités, des chercheurs, des journalistes et des militaires se sont livrés à une réflexion plurielle sur le thème.

Cette guerre qui sur papier donnait une victoire nette avec des frappes chirurgicales à la coalition américano-Israël, l’Iran semble jusque-là démontrer ses capacités de résistance et de résilience grâce à tous les dispositifs de maîtrise et d’apprivoisement de l’intelligence aux fins d’innovation sans le secteur de la stratégie, du renseignement, de la défense et de la sécurité, structurés progressivement dans le temps durant 4 décennies pour y parvenir.

Quelle attitude, quelle leçon tirer de ces deux pays, l’Ukraine et l’Iran, pour les pays africains singulièrement la République démocratique du Congo confrontée à plusieurs foyers de conflits, et des capacités militaires souvent mal maîtrisées par leurs forces de défense et de sécurité, amenant leurs pouvoirs à réviser régulièrement et pas toujours efficacement leurs stratégies militaires de défense et de sécurité ?

Ce sont ces nouveautés révélées dans ces deux guerres, l’une contre l’Ukraine et l’autre contre l’Iran surtout à partir de l’arsenal de cette dernière qui interpellent et revêtent tout un sens aux contextes de mutations géopolitiques en cours. Cet arsenal, faut-il le souligner, nullement constitué pour chercher à dépasser la suprématie militaire aux coûts élevés des grandes puissances, est composé d’armes de nouvelles générations produites à des coûts de loin inférieur pour s’engager dans une guerre asymétrique aux conséquences souvent non prévues par l’ennemi.

La résistance et la résilience dont font preuve l’Ukraine et l’Iran dans ces deux guerres face à des puissances militaires interpellent et constituent la justification de cette réflexion de l’EGK. Car, comme le souligne le général-major Godefroid Muland : « Une analyse approfondie de ces défis dans le contexte international actuel permet à l’EGK d’envisager en collaboration avec d’autres structures de formation militaire à travers le monde, des réflexions davantage fouillées en vue de renforcer les programmes de formation et de recherche liés au secteur de défense et sécurité ».

(Vue de l’assistance avec la rectrice de l’Université Pédagogique Nationale. photo Mashini).

La 4ème édition du colloque de l’EGK a axé ses objectifs sur trois sous thèmes, à savoir Enjeux sécuritaires, diplomatiques et économiques de la guerre du Moyen Orient sur l’Afrique. Cas de la RD Congo ; interaction Science, défense et enfin sécurité et programme de formation et de recherche à l’ère des guerres modernes : expérience de l’École de Guerre de Kinshasa.

Cette 4ème édition du colloque de l’EGK part du principe selon lequel « Les victoires de demain se préparent aujourd’hui dans des think tanks avant de les tester sur terrain ».

La RDC fait face à des pays qui nourrissent un amour minéralogique agressif et envahissant. Et puisque le nouveau visage de la guerre est de plus en plus intelligent, l’apport des universités aux Forces armées de la RDC s’avère plus qu’obligatoire et urgent car il est question désormais d’œuvrer en complémentarité pour renforcer la collaboration et donner forme à la simulation partant du fait que le militaire doit toujours agir et l’universitaire est fait pour réfléchir pour servir les intérêts particuliers de l’armée.

Quelle est la grammaire militaire des FARDC face à des menaces présentes et à venir ? La réponse a été donnée, dans la conjonction des oppositions guerre régulières/guerres asymétriques et hybrides, demeurer toujours fidèles au langage des armes. En y ajoutant une nouvelle donne, alliance université-Armée.

(Le général Célestin Mbala  (en tenue civile) est accompagné par le staff du GCEM) après à la fin de la 1éré journée). 

A l’heure de découverte des minerais critiques et stratégiques, ils devront servir comme engins de puissance et de sécurité tant ils participeront dans la stratégie de défense de notre armée pour sécuriser notre pays.

Ces minerais devraient garantir notre souveraineté et notre défense nationale au lieu de continuer à jouer le rôle de générateur d’insécurité, source de conflits faisant que les pays industrialisés sont de plus en plus dépendants de la RDC et, se sachant vulnérables, ils mettent les autorités congolaises dans une pression diplomatique traumatisante. Puisque les rivalités entre puissances mondiales se cristallisent autour des ressources stratégiques de la RDC.

La guerre aujourd’hui est plus technologique. Ce qui implique que l’ingénierie militaire doit être perçue comme une arme stratégique de souveraineté.

Les FARDC doivent investir dans la formation et la rétention des talents, s’adapter aux guerres asymétriques et hybrides, et face à l’immensité du territoire national, se maintenir en condition opérationnelle (MCO).

En clair, l’EGK appelle les FARDC à s’adapter à l’évolution technologique qui remodèle l’art de la guerre. Ce, en mettant la rigueur dans le recrutement au niveau des écoles militaires et en formant de plus en plus d’ingénieurs militaires.

Bref, la 4ème édition du colloque de l’EGK appelle les pays africains (et donc la RDC) à avoir une vision de puissance en fonction de leurs vulnérabilités. Pour ce faire, l’accès à la technologie de pointe est indispensable à travers les opportunités de la coopération technologique, le renforcement des alliances militaires, la lutte contre la fuite des cerveaux, la dynamisation des industries de défense, la création des marchés communs pour les équipements militaires tout en prenant en compte le risque de dépendance technologique et la perte d’autonomie stratégique.

Comment résoudre le dilemme entre coopération internationale et préservation de secrets militaires ?

 

Le général-major Muland, Commandant de l’EGK a révélé que l’Iran est l’une de grandes puissances intellectuelles du 21ème siècle parce qu’il forme chaque année 233.700 ingénieurs. Le basculement géopolitique fait que la supériorité militaire dépende de la maîtrise technologique. Le temps est venu de former des profils hybrides (experts civilo-militaires) et de créer des think tanks.

La 4ème édition du colloque de l’EGK a été ouverte par le Secrétaire général à la défense nationale et anciens combattants, le général-major Lukwikila représentant le VPM à la défense empêché, en présence des officiers généraux et supérieurs, des stagiaires de l’EGK, promotion 6. Elle a connu la participation de nombreux intervenants du monde universitaire (Unikin, UPN et Unilu). L’ambassadeur de la RDC en France, le professeur Emile Ngoy est intervenu en visioconférence rejoint par le général de Brigade Didier Oustric (France) qui a parlé de l’Évolution du Renseignement. D’anciens stagiaires de l’EGK (certains en visioconférence et d’autres en présentielle) sont intervenus en table-ronde, partageant leur expérience après avoir terminé leur formation à l’EGK. Ce, à la satisfaction de l’auditoire.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

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