Grands Lacs. Quand le FPR fait des otages et esclaves parmi des Congolais

(Goma. Séance de travail entre la délégation CENCO-ECC et les rebelles de l’AFC/M23. Photo tiers).

Otages et esclaves consentis ou forcés du pouvoir de Front patriotique rwandais (FPR) depuis 1994, certains congolais travaillent pour le pouvoir de Paul Kagame. La mission leur confiée se définit dans la déstabilisation de la République démocratique du Congo à travers de sales besognes, de conspirations, des contestations et des soutiens à l’idéologie de Kigali mais surtout la prise en leur compte des massacres de leurs compatriotes. Ils appliquent à la lettre la feuille de route de Kigali sur la RDC. On les compte dans tous les secteurs socio-politiques de la vie nationale congolaise y compris chez les religieux.

Le Rwanda de Kagame, une imitation d’Israël

Dans son livre « Balkanisation de la RDC ? Mythes et réalités » paru aux Éditions Scribe/Bruxelles en 2021, Nicaise Kibel’Bel Oka écrivait : « Le Rwanda de Paul Kagame tel que voulu par les parrains a été calqué sur le modèle Israël. Petit pays ne disposant d’aucune profondeur stratégique à part l’option d’une invasion et de la déstabilisation de son grand voisin. Et comme pour Israël, on n’exagérera pas si on dit que le Rwanda de Kagame a un « don » pour le renseignement ».

En effet, le pouvoir FPR a fondé toute sa politique sur le renseignement. Car, il n’existe pas de domaines plus importants dans la gestion et la stabilité d’un pays que le renseignement (human intelligence). L’Amérique de Trump fonde sa politique sur l’économie et le renseignement alors que la RDC se contente de la politique simpliste sans aucune option sur le renseignement.

Aujourd’hui, le conflit israélo-arabe nous donne raison à voir comment Israël a infiltré tous ses voisins afin de procéder à des éliminations ciblées des grandes figures de la contestation de son existence. Hezbollah, Hamas.  Pour, dit-on, sa survie.

La politique du FPR dans la région des Grands Lacs, calquée sur le modèle israélien, a consisté dès le départ à contrer et empêcher les menaces des Hutu déversés sur le sol congolais prétendant ne pas rester passif sur un prétendu deuxième génocide en préparation. Le pouvoir FPR a utilisé l’article 51 de la Charte des Nations-unies pour envahir depuis trente ans la RDC au nom du droit à l’autodéfense qui autorise un pays d’entreprendre des actions militaires pour prévenir une attaque considérée imminente.

Instrumentalisation de l’élite congolaise

Depuis 1996, le Rwanda a réussi à manipuler une certaine classe congolaise à travers des rébellions pour légitimer sa quête du « graal » régional.

Pour le pouvoir FPR, le Kivu n’est pas un conflit familier ni routinier qu’on gagne dans la sérénité et la confiance. Il faut inventer des stratégies, de nouvelles méthodes avec de nouvelles personnalités en gardant le même soubassement (extermination des Tutsi congolais).

(Butembo. Corneille Nangaa, président de la CENI lors des obsèques de l’abbé Malu-Malu. Archives Les Coulisses)

Comme l’avait constaté le cardinal Fridolin Ambongo de passage dans le diocèse de Butembo-Beni, le pouvoir FPR opère par infiltration, par des agents doubles, des prostituées, des otages et esclaves. Le recrutement se fait dans tous les secteurs de la vie nationale sauf peut-être dans le football qu’il déteste. Ce qui explique la présence des personnalités congolaises soit pour accompagner physiquement les rébellions rwandaises au Kivu, soit pour créer la zizanie à l’intérieur du pays en contestant la légitimité des autorités établies.

Sans le savoir, ils participent à la sécurité du régime FPR qui a fait de sa sécurité une affaire de tous y compris de certains congolais avant d’être une affaire de son gouvernement. Avec des rebelles téléguidés, il a réussi à dynamiter la paix à travers des guerres et des massacres vécus comme de véritables projets d’épuration ethnique.

Otages et esclaves vivent cet état de dépendance en victimes qui adorent leur bourreau. Ils ne disent jamais du mal de lui ni ne citent son sacrosaint nom. Par peur de sacrilège !

Finalement, les deux anciens présidents de la République et de la CENI ne sont-ils pas à la fois otages volontaires et esclaves forcés ? Les rebelles tutsi dont Makenga Ruzangiza ne sont-ils pas otages et esclaves forcés dans une soumission à combattre contre leur volonté le destin à la manière de Sisyphe ? En attendant Godot ?

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Mathias Ikem

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