RDC. Kabila annonce son intention de déloger Tshisekedi et réinstaller la démocratie. CENCO –ECC prises pour témoin.

Joseph Kabila a parlé durant 46 minutes le 23 mai 2025. De nulle part mais il a été suffisamment suivi. Son message est clair : « Tourner la page de la dictature, restaurer la démocratie, réconcilier les Congolais ».

Le dictateur comme Mobutu, on ne négocie pas avec, on le chasse. Et donc, il doit se rendre à Goma dans les prochains jours.

Et pour ceux qui peuvent douter de la relance de la guerre, nulle part pendant les 46 minutes, Joseph Kabila n’a cité un seul instant le nom de Félix Tshisekedi. Entre la peste et la haine. On aurait souhaité que Kabila appelle Tshisekedi « mon frère » et les choses seraient autrement.

A Doha, les sources proches de la médiation indiquent que les négociations n’avancent pas. Because ! Les rebelles du M23 exigent l’autonomie des deux provinces du Kivu, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, et une transition de 8 années comme test avant d’entrevoir le fédéralisme. On revient naturellement aux fameuses « Doléances légitimes » présentées en 2012 à Munyonyo/Kampala par le M23 et soutenues par le président Museveni.

Celui qui pense que Joseph Kabila sera à Goma pour négocier avec Félix Tshisekedi se trompe gravement. Il vient, sauf erreur de notre part, prendre la tête de la rébellion.

Il l’a dit en des termes clairs : « Je suis militaire. J’ai juré de me sacrifier pour mon pays ».

Son pays, la RDC, c’est celui qu’il a légué à Félix Tshisekedi et que ce dernier a mal géré jusqu’aux ports de l’abîme.

Préparons-nous à la relance de la guerre. Peut-être plus meurtrière que la chute de Goma. Peut-être moins. Mais cette fois-ci avec Joseph Kabila comme « autorité morale ».

Et la CENCO-ECC dans tout cela !

Sans énerver les bonnes consciences, le discours de Joseph Kabila a des pans entiers qui correspondent aux prises de position de la CENCO notamment dans le sacrifice que Félix Tshisekedi impose à la population des territoires occupés en empêchant le fonctionnement des banques et des « aéroports » et une mise en garde contre le bradage des ressources naturelles de la RDC.

La CENCO-ECC comme Joseph Kabila n’a jamais cité le Rwanda comme pays agresseur ni soutenu la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-unies qui exige le retrait du Rwanda de la RDC et l’arrêt de son sourien militaire au M23. Par contre, le duo présente le conflit qui mine la RDC depuis 30 ans comme étant un conflit interne dû à la mauvaise gestion du pays.

Mais il y a plus. Des rumeurs (in)fondées faisaient état de la volonté de la CENCO-ECC d’une transition sans Félix Tshisekedi à la tête de la RDC, considéré selon cette perception comme le vrai problème du Congo. Pour se rattraper, la CENCO-ECC a promis de déposer le rapport de leur pèlerinage à Félix Tshisekedi. Jeu des mains, jeu des vilains !

Désormais, la République démocratique du Congo va présenter l’image d’un pays avec à la tête deux commandants suprêmes, chacun contrôlant un espace de ce Congo émietté, qu’il faut (la CENCO-ECC) réunifier coûte que coûte par le Pacte social. Mais à quel prix ?

Dans son message et conscient que la guerre se mène avec des soldats au front, Joseph Kabila lance un appel aux FARDC, cette « Armée nationale républicaine, de plus en plus professionnelle et capable de relever le défi de la défense de l’intégrité du territoire national » qu’il a formée et que Félix Tshisekedi a réussie à détruire à cause de « l’ivresse du pouvoir ».

En accusant son successeur d’avoir permis que « L’armée nationale soit vilipendée, conspuée et tournée en dérision par les autorités », Joseph Kabila touche l’âme même de la nation et voudrait l’attirer vers lui en demandant de ne pas se battre quand il lancera son offensive pour déloger Tshiseskedi.

C’est un chef de guerre qui parle et qui annonce les couleurs d’une reprise prochaine et éventuelle des offensives : « Pour les avoir formés, commandés et conduits au front, je connais nos soldats, boucs émissaires aujourd’hui de toutes les contre-performances enregistrées sur le champ de bataille. A cause de la qualité du commandement actuel et de la mauvaise prise en charge de l’armée » qu’il a formée et léguée à Félix Tshisekedi.

Les intentions dévoilées publiquement montrent que Joseph Kabila tient à récupérer son pouvoir et réorganiser son pays. Avec le concours de l’armée et de la CENCO-ECC.

C’est un terrain glissant et dangereux sur lequel Félix Tshisekedi doit user de talent pour lui répondre. La passion défigure la raison.

Il faut à tout prix éviter d’ajouter la guerre à la guerre. Celle de Kabila contre Tshisekedi se jouera devant un monde extérieur transformé en un immense public et dont les victimes seront les populations civiles congolaises, chair à canon et bêtes de somme depuis 30 ans. Évitons de tomber amoureux de la guerre et de la violence.

Si vous m’avez compris, c’est que j’ai mal écrit et mal interprété le discours du raïs Kabila. Mea culpa.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

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