(Pont Kwango sur la RN N1 reliant Kenge-Bandundu à la capitale Kinshasa. Photo tiers).
Kinshasa, siège des institutions et 14ème Région militaire est surmilitarisé. C’est visible à l’œil nu. Qu’on ne se laisse pas distraire par la chaleur et le bruit.
Kinshasa n’est pas que la capitale de la RDC mais a ceci de particularité qu’elle possède une frontière liquide avec un frère et voisin pas très confiant, le Congo-Brazzaville sur qui pèsent des soupçons avérés de surveillance-coopération avec la Rwanda Defence Force’s (RDF).
De ce fait, Kinshasa devient un objectif qu’il faut protéger à tout prix et coûte que coûte.
Pour toute personne qui débarque dans cette mégalopole de près de 15 millions d’habitants, il perçoit d’abord des problèmes cruciaux résumés uniquement par les embouteillages et les inondations.
Derrière ces deux phénomènes, se cache un réel problème de la sécurisation de cette grande ville.
Les Kinois, peuple enclin à l’ambiance et la débrouille, a relégué le problème sécurité nationale en seconde position. On ne serait pas de mauvaise foi si on déclarait qu’au milieu de tumulte journalier et quotidien, Kinshasa n’est pas sécurisé.
Sécurisation renvoie bien évidemment à l’éventualité d’une guerre comme celle nous menée par le Rwanda en janvier 2025 dans la ville de Goma. On doit tirer les leçons de nos défaites depuis la démonstration de force de l’APR à Kenge en 1997.
Surmilitarisation, oui. Aujourd’hui, on voit les unités combattantes des FARDC en appui aux éléments de Police nationale congolaise pour réguler la circulation.
Dans une ville où la Police de circulation a perdu de son prestige et ne se fait plus craindre, il est normal qu’on applaudisse de deux mains ce semblant d’ordre sur les axes routiers. Pour combien de temps ?
Mais le fait est anormal tant qu’il durera parce qu’on dégarnit des unités combattantes pour le métier de la Police de circulation routière. Et vite, si le danger est arrivé, on fait quoi ?
Il est un fait reconnu par tous les spécialistes de la guerre que la protection – sécurisation de Kinshasa est entre les mains du Grand Bandundu.
L’ignorer, c’est faire de Kinshasa un objectif dans l’objectif. Avec les risques que cela comporte.
En termes simples, il faut renforcer la 11ème région militaire en effectifs et en équipement et surtout prévaloir le niveau de préparation des unités affectées pour ne pas revivre la situation humiliante qu’a connue la ville de Goma. Cela permettrait de construire des casernes modernes et sécurisées défiant la promiscuité du camp colonel Kokolo.
Le Grand Bandundu comme sentinelle de Kinshasa
Le Grand Bandundu fait partie de la 1ère Zone de Défense qui englobe le Kongo central, Kinshasa et l’Équateur.
Normalement les questions des stratèges devraient tourner sur : Qui commande (ressources humaines) ? et Que manque-t-il (besoin en équipement) ? Si réellement il y a manque.

Et la troisième question subsidiaire aux deux premières serait : « Quel plan pour parer à toute éventualité d’attaque de l’ennemi ? »
Pour rappel, la 11ème Région militaire couvre près de trois cent mille kilomètres carrés et est confinée dans deux frontières, liquide et terrestre. Le Grand Bandundu devrait être le centre de logistique et de gravité de Kinshasa en ayant une capacité de combattre de plusieurs jours au cas où un ennemi oserait attaquer la capitale.
Et donc, elle doit disposer sur terrain de trois catégories d’unités. Or, pour en disposer, il est impérieux que Kinshasa soit démilitarisé. Et que des unités de réserve soient cantonnées dans la 11ème Région militaire.
En langage simple, l’État-major général des FARDC devrait déployer (si ce n’est pas encore fait) une Brigade de Défense Principale (BDP), une Brigade de Réaction Rapide (URR) et une Brigade de couverture.
Croire que c’est la 14ème Région militaire qui doit protéger Kinshasa relève de la méconnaissance de l’art de la guerre.
L’autre défi énorme, celui de la milice Mobondo qui opère sur le triangle Kongo central-Kinshasa-Bandundu. Sans l’avoir éradiquée comme force de résistance interne en récupérant ceux des Mobondo qui se rendent, Kinshasa risque de vivre des surprises stratégiques si l’ennemi venait de l’extérieur.
Bien avant, la question à laquelle je nous demande de ne pas répondre est simple : « Qui commande Kinshasa et avec quels effectifs en hommes et en équipements ? »
Parce qu’en principe, la politique militaire embrassant beaucoup de choses exige d’interroger le système militaire, les moyens de première ligne et de réserve, les ressources de leur finance, l’attachement qu’ils portent à leur gouvernement ou à leurs institutions, l’influence que le Conseil de guerre exerce sur les opérations, du fond de la capitale, les ressources et les obstacles de toute nature. Bref, l’examen des points décisifs permanents que présente une frontière…
Gouverner, c’est prévoir, enseigne-t-on. Qui dit mieux !
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Nicaise Kibel’Bel Oka
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