RDC. L’Église universelle n’est pas divisée. Elle est pleine de vitalité et d’amour

(Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi. Photo tiers).

La lettre « Huis-clos au nom de la vérité de l’Évangile » de Mgr Emmanuel-Bernard Kasanda, évêque de Mbuji-Mayi du 23 février 2026 qui fuitée, a soulevé des slaves d’indignations, de protestations mais également d’acquiescements et félicitations de part et d’autre.

Pour une certaine opinion, l’ordinaire de Mbuji-Mayi ne devait pas révéler au grand jour les disfonctionnements au sein de l’Église, Famille de Dieu. Une autre opinion l’a accusé de l’avoir expressément mis sur les réseaux sociaux. D’autres encore auraient préféré que les linges sales soient lavés en famille. Fallait-il se taire ou dire son indignation face à certaines dérives verbales nuisibles à la cohésion nationale observées au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo, en sigle CENCO ?

Au-delà de toute polémique, il était important que quelqu’un parlât. Et lorsque c’est un des Princes de l’Église, cette parole vaut son pesant d’or.

Pour rappel, ce genre de scandales ne sont pas nouveaux dans l’Église, Famille de Dieu notamment au sein de l’Épiscopat congolais. Déjà en 2001, sous la plume de Stephen Smith, le journal Le Monde avait publié une lettre fuitée (Le magazine jésuite Renaître qui y consacra de nombreuses pages avait soupçonné l’ancien Nonce apostolique à Kinshasa d’être la main qui servit le journaliste) dénonçant le comportement scandaleux du clergé catholique de la RDC à l’étranger singulièrement Mgr Jérôme Gapangwa. Dans cette livraison, le magazine Renaître avait finalement reconnu que « L’Eglise de Dieu au Congo-Kinshasa est pécheresse mais appelée à être purifiée ».

S’il y a un péché actuellement au sein de la CENCO, c’est l’incapacité de nos Pères de l’Église de se taire. Comme qui dirait du bruit a pris la place de la prière au sein de la CENCO. Des bruits, oui. Des langages qui déflorent et sonnent comme de la provocation voulue et entretenue. Cela doit interroger inévitablement les bonnes consciences.

Les actes de foi qui déifient certaines personnes

Pour avoir financé la construction d’une cathédrale toujours inachevée à Goma, une respectueuse dame a été surnommée « femme de cœur » à la limite du Cœur immaculé. Lors d’une messe à la cathédrale Notre Dame du Congo à Kinshasa, le cardinal avait présenté un politicien comme « la personne détentrice de la plus grande foi au Congo ». Début 2026, à l’inauguration de la cathédrale au Luluaba, l’évêque du lieu a déclaré que cette œuvre a été construite par trois personnes d’une même famille ajoutant qu’aucun chrétien de cette ville n’y avait contribué. Il a ignoré totalement tous les ouvriers qui se sont donné à cœur joie à la construction de cet édifice.  Si l’Église parle trop, elle tombe dans une sorte de logorrhée idéologique. Car, trop parler la fait entrer dans la banalité profane avec ce risque de se voir discréditer.

Dans les réseaux sociaux, à travers des provocations voulues, certains évêques de la CENCO expérimentent douloureusement leur assassinat par la médisance, la diffamation et l’humiliation publique. Comme ils adorent les réseaux sociaux, chaque fait et geste, chacune de leur sortie médiatique est scrutée à la loupe.

Lorsque par ignorance et/ou par mauvaise foi, un mensonge décelé est le fait d’hommes d’Église, d’évêques ambitieux et duplices en particulier, alors on en profite pour jeter l’opprobre sur le clergé. Parce qu’ils en ont donné l’occasion.

L’Église n’a pas pour mission de résoudre tous les problèmes

Le problème de notre Église réside au fait que les Pères spirituels actuels croient que l’Église a pour mission de donner une solution à tous les problèmes sociaux du monde. Autrement, après le pèlerinage à Kigali et à Goma des membres de la CENCO, la guerre se serait arrêtée. On cesserait de tuer des Congolais. Le Rwanda aurait retiré ses troupes de Goma, Bukavu, Kanyabayonga, Masisi, Rutshuru pour respecter la souveraineté de la RDC.

Comme le rappelle le cardinal Robert Sarah : « L’Église ne doit pas croire que l’efficacité face à l’injustice réside dans l’action militante, politique et démagogique. Les batailles humaines ne conduisent qu’à l’affrontement, à la destruction et à la ruine. Elles ne sont rien face au silence infini du Père ».

La vie des prêtres et des évêques se trouve menacée lorsqu’ils violent la loi du silence et cherchent le vedettariat. La modernité mal appliquée est bavarde et orgueilleuse parce que le bavardage inutile rend orgueilleux.

(Kinshasa. Les évêques de la CENCO après une Assemblée plénière. photo tiers).

Dans sa préface au livre « La force du silence » du Cardinal Robert Sarah, le pape Benoît XVI écrit et prévient : « Il peut arriver qu’un prêtre bon et pieux, une fois élevé à la dignité épiscopale, tombe rapidement dans la médiocrité et le souci de réussir dans les affaires du monde. Accablé sous le poids de fonctions dont il est investi, agité par le souci de paraître, préoccupé de son pouvoir, de son autorité et des nécessités matérielles de sa charge, il s’essouffle progressivement ».

Dans l’Église universelle, le silence est synonyme de communion avec Dieu. Certes le silence est difficile mais il rend l’homme capable de se rapprocher davantage de Dieu. Actuellement, on observe la mort du silence au sein de la CENCO.

Les propos de certains princes de l’Église ramènent à la banalité des choses terrestres.

Le prêtre doit savoir quand il faut se taire et quand il faut parler. La dignité sacerdotale impose de mesurer la portée des paroles en public. Le narcissisme d’une parole surabondante est une tentation de Satan. C’est pourquoi de nombreux politiciens sont, aux yeux de l’opinion, considérés à juste titre comme des menteurs qui ne verront pas le royaume de Dieu.

Qu’on ne se trompe pas, les hommes passeront et l’Église universelle restera toujours debout. Il n’y a pas de dissensions au sein de la CENCO et l’Église se porte à merveille.

Seulement, la prochaine fois, nos Pères évêques de l’Église universelle au sein de la CENCO, cherchez comment régler vos problèmes pour ne pas mettre en péril et/ou attenter à notre foi.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

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