(Montreux/Suisse. Les deux parties signent pour le corridor humanitaire et la libération des prisonniers. Photo tiers).
La semaine du 13 au 18 avril 2026 a été riche en événements mais également en espoir vers des avancées significatives pour les populations congolaises.
Deux événements majeurs à signaler. D’abord, la position de l’administration américaine sur le conflit entre la RDC et le Rwanda. Les États-Unis ont réitéré leur appel au retrait immédiat des troupes rwandaise du sol congolais.
Dans un message publié sur le compte X, on pouvait lire « Les États-Unis ont exprimé leur profonde déception face à l’escalade continue du conflit par le Rwanda qui, constitue une violation directe de ses obligations en vertu des Accords de Washington. Les États-Unis ont réitéré leur appel au retrait immédiat des troupes rwandaises ».
Deux mots clé renforcés par deux qualificatifs à retenir, à savoir profonde Déception et Retrait immédiat.
Ensuite, la réunion en Suisse contraignant les rebelles à un cessez-le-feu vérifié et contrôlé.
Un Mémorandum d’Entente (MoU) signé en Suisse entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23. Cet accord transforme automatiquement l’Expanded Joint Verification Mechanism (EJVM) en EJVM+ permettant désormais au M23 de déployer ses propres officiers dans le cadre du Mécanisme de vérification et de surveillance du cessez-le-feu, ce, avec la participation de la MONUSCO. En clair, le M23 fait désormais partie intégrante du mécanisme de vérification du cessez-le-feu. Cette vérification s’effectue avec le déploiement de missions de surveillance du cessez-le-feu avec l’appui de la MONUSCO sous médiation qatarie et américaine. On le place devant ses responsabilités.
Après cinq jours de négociations à Montreux (Suisse), le gouvernement congolais et le M23 ont annoncé : Corridors humanitaires par l’ouverture immédiate de passages sécurisés. Protection des civils avec engagement à ne plus cibler les infrastructures civiles (écoles, hôpitaux). Libération de prisonniers programmée dans un délai maximum de dix jours.
De la délégation des rebelles aux pourparlers de la Suisse
Encore une fois, le régime du FPR a montré son degré d’infiltration et de manipulation de ses débiteurs congolais à travers la désignation des membres de la délégation. La liste de la délégation du M23 consultée, on note que ce sont des Rwandais de père et de mère qui constituaient le gros des délégués. La liste présentée par le mouvement militaro-politique renferme plus des Tutsi Rwandais que des Congolais. Ce qui contredit les déclarations de Paul Kagame faisant porter la responsabilité de la rébellion au président Joseph Kabila. Comme avec l’AFDL et le RCD, Kigali mène la danse du début à la fin.
Toute honte bue, la majorité de12 délégués aux négociations sont soit Rwandais soit assimilés. A part Benjamin Mbonimpa (chef de la délégation), Hutu de Rutshuru (Nord-Kivu) très lié à Kagame et René Abandi, Tutsi de Jomba (Nord-Kivu), deux professionnels de rébellion ayant participé à toutes les négociations depuis le CNDP, M23-1, M23-2 et qui assurent la continuité des revendications rwandaises depuis tous les accords, les autres émargent du Rwanda tels Jean-Paul Shaka, Donat Muganza, Fred Kagorora, Mme Justine Mbabazi Rukeba, Chantal Murekatètè Kayitaba, sauf erreur ancienne miss Zaïre 1984 et 2ème dauphine miss univers à Miami immortalisée par Tabu Ley sous la voix de Mbilia Bel dans la chanson « La beauté d’une femme ». Ce qui prouve que ces négociations sont pilotées par Kigali
La présence de Claude Ibalanky, ancien ami de Félix-Antoine Tshisekedi et ancien Coordonnateur du Mécanisme National de Suivi de l’Accord d’Addis-Abeba (MNS) qui aurait joué à la taupe auprès de Tshisekedi notamment en réussissant un coup de maître, celui de demander et d’obtenir auprès du Chef de l’État l’annulation des sanctions prises en 2014 contre les membres du M23 est ressentie comme un non-événement. Tout comme cette autre présence, celle de Franck Mwe di Malila, d’une famille de métis de Kinshasa, conseiller de son beau-père Kengo wa Dondo au sénat, vice-ministre à la Coopération régionale, vice-ministre au Plan et ministre au Tourisme des années Kabila. On fait état également de la présence de Noël Lutete Mbatshi (fils de l’ancien gouverneur du Kongo Central, Floribert Mbatshi) et de Jean-Baptiste Mupande, ancien Dg du Cadastre minier (CAMI) pendant 15 ans sous Joseph Kabila destitué de l’Ordre des Géologues congolais qui hésiterait encore.
Les groupes du Sud-Kivu comme Gumino, Twirwaneho, Androïd, MRDP (Banyamulenge) ne sont pas représentés. Leur combat n’intéresse pas Kigali.

(Goma. Sanctification des débiteurs congolais du Rwanda par la CENCO. Archives).
Créancier rwandais, débiteurs congolais
Le Congolais qui assume la tâche au profit d’un bénéficiaire actif (Kigali) contre sa propre volonté parce qu’ôté des moyens d’initiative et d’intérêt propres est plongé dans une phase de dégradation. La phase de dégradation survient dans tous les cas où un « obligé » est requis d’accomplir un devoir qui lui coûte l’obéissance du vassal au suzerain.
Mis en demeure de s’acquitter de son devoir, l’obligé passe des formes de dégradations subies au sacrifice.
Les rebelles congolais ont toujours représenté une main-d’œuvre intellectuelle adéquate vouée à la déchéance morale.
Le Rwanda et l’Ouganda, parrains et créanciers des contrats, recréent régulièrement un état de tension chez l’agressé devenu marionnette, pour instaurer un processus de dégradation. Ces Congolais, personnes agressées, une fois piégées, deviennent en réalité des hommes désarmés spirituellement et intellectuellement. On leur confie armes et munitions pour tuer ses propres frères et sœurs, ses compatriotes.
Les Congolais attendent du duo CENCO-ECC de réagir sur cette attitude du créancier et de nous positionner sur le dialogue interne inspiré par le Saint Esprit. Nos pères, les évêques ne doivent pas faire semblants comme si rien ne se passe, eux qui parlent avec Paul Kagame. Autrement, on risque de croire qu’ils font partie des débiteurs de Kagame.
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Nicaise Kibel’Bel Oka
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