FARDC. Objectif : gagner la guerre et pas les petites batailles

(Soldat FARDC face aux collines surplombant Chanzu-Runyopni. Archives Les Coulisses)

La rébellion du M23 défaite il y a dix ans renaît de ses cendres. Un peu comme Lazare ressuscité. Jusqu’à tenir tête et faire « échec » aux FARDC. S’il y a un point qui fait l’unanimité, c’est cette réalité : « La guerre dans la région des Grands Lacs africains reste un phénomène ethnico- culturel exprimée par les fameuses doléances légitimes, bénéficiant de la porosité des frontières et de la faiblesse de l’État congolais ». Donc, ce qui arrive ne peut être une surprise. Maudit soit celui qui criera à la surprise. Toutes les attaques armées contre la RDC depuis l’AFDL reposent sur le concept de la stratégie indirecte. Le Rwanda aura beau nier les évidences que cela ne changera rien de son attitude. La communauté internationale, complice de Kigali et Kampala, endort tout un peuple avec des condamnations du bout des lèvres. Comment justifier en 20 ans d’une présence coûteuse et inefficace des Nations-unies à l’est de la RDC qu’une petite rébellion soutenue par un tout petit pays nargue et la RDC et la communauté internationale ? Qui ne connaît pas le crucial théorème cher à Xavier Raufer toujours actuel et vérifié selon lequel « Toute émergente entité paramilitaire ou terroriste ne survit que si elle obtient le support d’un des États de la grande région, voire au-delà. Sinon, elle disparaît. »  Pour Kigali et Kampala, commanditaires régionaux du terrorisme culturel, agir ainsi est un réflexe d’autant plus élémentaire que dans leurs origines ils ont vécu des épisodes de clandestinité, les ayant marqués à jamais. Ils sont comme les malades de la pharmacie de Frantz Fanon. Or, le malade, il faut le forcer à la guérison sinon il devient une charge et un danger public.

Les attaques armées du Rwanda contre les FARDC sont des tacles qui devraient permettre à la RDC de comprendre que sans une armée professionnelle, républicaine et bien équipée, elle sera toujours et encore narguée par le petit Rwanda.  Les problèmes de la RDC, mieux les problèmes de l’est de la RDC se résument en une économie de la guerre. Tout le monde est dans la guerre. Tout le monde y participe. Chacun à sa manière. A leur manière. Préparant le lit de la balkanisation. L’économie de la guerre, on s’y est habitué et on applaudit. Personne moins encore la Banque centrale du Congo n’arrive à contrôler le flux monétaire qui circule dans l’est de la RDC parmi les ONGD, les pillages des ressources et les groupes armés. Toutes ces constructions d’immeubles et des voiries urbaines ne sont que des trompe-l’œil qui préparent la balkanisation du pays. Tout le monde y participe depuis le bailleur qui construit sa villa pour la faire allouer à des ONG jusqu’au petit milicien. C’est ainsi que même les « patriotes » maï-maï finissent par pactiser avec l’ennemi auprès de qui ils vont se ravitailler en armes et munitions en échange des minerais. Où sont passés les groupes armés locaux qui pérorent midi et soir s’être constitués pour défendre le pays contre l’invasion rwandaise ? Comment peut-on expliquer qu’en 20 ans, aucune caserne, aucun camp militaire ne soit construit à l’est du pays alors que le danger est permanent, existentiel ? Tous, nous péchons par irresponsabilité. Il faut prendre en compte le jeu rwando-ougandais dans toutes les négociations puisque toute guerre est avant tout un jeu dont les nombreuses combinaisons ne permettent pas de dire à l’avance à qui reviendrait la victoire. On peut gagner cent batailles et perdre la guerre. Allez-y les FARDC. Toute la nation est avec vous. Jusqu’au sacrifice suprême. La RDC n’est pas à vendre.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

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