Kinshasa (RDC). La CENCO en colère. Des ambassades se préoccupent et condamnent. Tshisekedi console les victimes

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a parlé devant la presse assez vite. Comme souvent en pareils cas, la CENCO a raté une sortie qui lui aurait permis d’établir les responsabilités des uns et des autres. En tout cas, elle a mal parlé. Elle a cru prendre le côté des faibles dans ce qu’elle a nommé « la répression ignoble et sauvage de la marche de l’opposition » sans se poser des questions sur les vraies victimes. Parce que la CENCO qui a parlé lundi 22 mai 2023 l’a fait sous émotion et sans retenue. Elle n’a établi ni bilan (fut-il provisoire) de la barbarie moins encore n’a rendu visite aux personnes fauchées. Surtout pas à cet enfant qui a fait la vedette des réseaux sociaux. Ce n’est pas dans la mission du bon berger, rétorquera-t-on. Emboitant le pas à la CENCO, certaines ambassades occidentales ont aussi exprimé leur consternation face à l’horreur. Le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi a rendu visite à toutes les victimes, la journaliste Geonne Djoko, le petit Roger Masasu junior et les éléments de la police nationale congolaise. Il a prodigué des conseils au petit Masasu notamment sur sa place qui est la famille et/ou l’école. Que la CENCO soit ivre des de paroles fortes, cela peut se comprendre. Mais ce que l’opinion publique ne comprend pas, c’est le silence de l’Église, famille de Dieu, face au sort de tous ces policiers hospitalisés, victimes de la même violence. Naturellement parmi ces condamnés à l’avance, on peut trouver des fidèles de l’Eglise universelle. Parce qu’aussi, et on a tendance à l’ignorer, l’Évêque du lieu est l’aumônier

en chef des armées. Humains et pécheurs comme nous, pères de famille aussi, ces policiers ont choisi de servir la nation et méritent parfois plus de respect que les hommes politiques. La vidéo du passage à tabac de l’écolier Junior Roger Masasu est terrifiante à voir. Aucune action même en cas de légitime défense ne peut justifier l’acte de ces policiers mais faut-il ne pas interroger la responsabilité première des parents de ce jeune enfant, celle des organisateurs de la marche et, en dernier ressort, celle de la société congolaise ? Sans surprise, la mère de l’enfant a appelé Moïse Katumbi à venir en aide à l’infortuné enfant. Il semble que nous devrions changer notre perception de la réalité de l’État et de notre sécurité. A Beni (Nord-Kivu), l’on a eu à assister à des manifestations organisées par des adultes au cours desquelles des enfants avec des pierres (en boucliers humains) se sont attaqués à des résidences des officiers FARDC demandant leur départ de Beni. Comme ces enfants appelés « résistants » toujours à Beni qui ont confisqué le cercueil d’une personne décédée de la maladie à virus Ebola et l’ont ouvert et embrassé le cadavre parce qu’on leur avait dit que c’était une invention pour exterminer leur peuple. Ils en sont morts. Curieusement, on s’y est pris aux FARDC dans le premier cas et aux ambulanciers dans le second. Si un enfant de douze ans peut, sans peur du policier, l’affronter à mains nues, c’est qu’il y a un problème dans notre société. Cela ne peut pas justifier la répression ignoble et barbare mais il faut nous interroger sur le type d’homme que la société congolaise veut former. C’est en ces temps que l’Église doit être sans complaisance dans la dénonciation, dans la condamnation et dans la réconciliation.

Autrement, nous auront tous échoué, l’Église et la famille en premier. Le cardinal Robert Sarah attire notre attention : « L’Église ne doit pas croire que l’efficacité face à l’injustice réside dans l’action militante, politique et démagogique. Les batailles humaines ne conduisent qu’à l’affrontement, à la destruction et la ruine… » Ce n’est pas en pointant les méchants et les bons qu’on trouvera la solution pour la RDC. Les armes véritables de l’Église sont l’amour et la prière.

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Les Coulisses

 

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