RDC/CHESD. Sortie du 1er livre. 3 questions au Cmd, le Gén-Maj. A. Mubiayi Mamba

Nicaise Kibel’Bel Oka : Un livre pour le CHESD. Pour quel intérêt, mon général ?

Augustin Mubiayi Mamba : Le Collège des Hautes Études de sécurité et Défense (CHESD) est une grande institution qui doit rayonner. Le CHESD commence toujours les enseignements qu’il dispense par un séminaire et/ou un colloque régional, dans le cursus de formation, nous insistons sur la géopolitique de l’Afrique et du monde. Nous avons jugé nécessaire de publier un ouvrage. Nous nous sommes demandé quel titre lui donner. Vu que le CHESD a été labellisé comme « Centre d’excellence stratégique régional » par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale – CEEEAC en tant que tel, il fallait viser l’émergence de la RDC et de la région. D’où le titre: « Émergence d’un pôle stratégique régional d’excellence sur la sécurité et la défense ». L’ouvrage est sortie sous la direction des professeurs Augustin Mubiayi Mamba et Cyril Musila, respectivement Gén-Maj Commandant du CHESD et Chef de département d’études doctrinales et de recherches stratégiques. Avec des signatures de hautes factures tant au sein de l’armée que chez des civils. Il contient 286 pages.

NKO. : Quels sont les pôles stratégiques en termes de défis pour le CHESD ?

AMM : Commençons par nous poser la question suivante « Comment la région s’évertue-elle à répondre à la menace (terroriste) qui emprunte la dimension technologique : la cybercriminalité qui implique la cybersécurité afin de mieux gérer cette menace ? » Aujourd’hui, la technologie est le vecteur de la cybercriminalité dans tous les domaines (sexuel, racisme, viol, propriété intellectuelle, escroquerie…). Avant on croyait que la cybercriminalité ne concernait que les grandes banques. Aujourd’hui, avec le téléphone mobile, elle a pris une autre dimension. Nous sommes revenus sur certains thèmes développés en 2018 qui restent d’actualité évoquant la façon dont la CEEAC s’évertue à répondre aux défis de la région.

NKO. : Il y a même un diagramme intéressant dans le livre. Quel est son rôle ?

AMM. : En effet. Ce diagramme épingle tous les crimes de cybercriminalité, des thèmes très actuels comme la question de « Kuluna » , l’« opération Likofi ». C’est une façon de contribuer à une gestion efficiente de la criminalité. L’ouvrage signale la dynamique de la guerre et de l’exploitation des richesses naturelles dans la région des Grands Lacs en rapport avec l’intégration régionale. Nous tentons de trouver des soubassements de certaines questions notamment la relation entre les conflits et le commerce transfrontalier et projeter des perspectives heureuses.

NKO. : Comment envisage-ton la paix, la sécurité et le développement au niveau de l’Union africaine à travers le CHESD ?

AMM. : Il faut partir tout d’abord de la mission du CHESD. Quel genre d’enseignement les auditeurs puisent du CHESD ? Nous voulons faire de ce centre l’« Excellence stratégique régionale », le creuset du commandement stratégique de l’Afrique. Nous voulons même lui trouver une autre appellation : « École de stratégie de l’Afrique – ESA ».

Il faut une visibilité. L’ouvrage aborde par exemple la façon de répondre juridiquement au phénomène du terrorisme au niveau national comme régional. Il faut attirer les gens à comprendre ce que nous avons pour puiser à travers les enseignements que nous organisons. D’où la nécessité et l’opportunité des sessions spéciales organisées au CHESD. Nous avons commencé par publier cet ouvrage aux Éditions du CHESD, en scellant cette émergence avec un dépôt légal permettant de consulter le livre même à la bibliothèque nationale. C’est aussi une façon pour nous de marquer notre passage à la tête de cette grande institution en faisant rayonner le CHESD, la valeur ajoutée d’une institution qui combine école de guerre et de stratégie permettant d’organiser l’avenir au lieu de le subir, comme l’écrit le professeur Cyril Musila dans l’introduction. Longtemps, la RDC a été affaiblie par la contamination de sa société au poison de l’incivisme grandissant et des anti-valeurs, par l’absence du projet politique et stratégique pour construire son avenir. Le CHESD y réfléchit avec l’accompagnement du Commandant suprême des Forces armées et de la Police nationale. Nous y reviendrons.

A bâtons rompus avec Nicaise Kibel’Bel Oka

CHESD/Kinshasa, vendredi 24 septembre 2021

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