RDC. Parc des Virunga. 100 ans après. Les communautés locales en faveur de l’exploitation du pétrole

La conservation participative devrait inclure activement les communautés locales dans les processus de gestion des ressources naturelles et les bénéfices associés. L’un des principes fondamentaux de la conservation participative est que les bénéfices de la préservation doivent revenir aux communautés locales sous forme d’emplois, de services publics, de programmes de santé et d’éducation, ou encore d’infrastructures de développement. L’exploitation du pétrole pourrait leur offrir des avantages économiques immédiats et plus directs.

Dans le cas du Parc National des Virunga, les pratiques violentes et répressives décrites notamment la destruction des champs des paysans et l’emprisonnement massif sont à l’opposé des principes de la conservation participative. Cela démontre une gestion autoritaire et exclusive où les communautés riveraines sont traitées comme des obstacles à la préservation de la biodiversité plutôt que comme des partenaires essentiels dans ce processus.

Le fait que les communautés riveraines souhaitent la destruction du Parc et préfèrent voir l’exploitation du pétrole à sa place est un signal très fort. Cela reflète non seulement un désaveu total de la politique de conservation actuelle mais aussi un désespoir profond face à l’absence de bénéfices directs pour leurs vies et leur survie. Les paysans se voient systématiquement dépossédés de leurs terres sans compensation et leurs conditions de vie ne s’améliorent pas grâce à la présence du parc. Il devient difficile pour eux d’accepter une telle gestion.

Pour eux, la conservation du Parc apparaît plus comme un fardeau qu’un bienfait et face à l’exploitation du pétrole qui présente également une préférence pour des bénéfices immédiats et tangibles (emplois, revenus directs, développement économique), ils y adhèrent à cause de l’incertitude et des privations imposées par la conservation stricte.

Bien que l’exploitation pétrolière comporte des risques environnementaux, les communautés cherchent à se tourner vers une alternative plus lucrative. Surtout parce qu’elles ne voient aucune amélioration tangible de leur bien-être à travers le parc.

Ce rejet du Parc et la préférence pour l’exploitation du pétrole révèlent également un problème profond de gouvernance et de gestion des ressources naturelles en RDC. L’approche actuelle semble incarner une forme de conservation coloniale, où des décisions prises par des entités extérieures (comme des gestionnaires de parcs, des investisseurs étrangers, ou des ONG) imposent des priorités sans tenir compte des besoins et des désirs des populations locales.

Dans un tel contexte, la conservation n’est pas seulement inefficace, elle devient illégitime aux yeux de ceux qui sont censés en être les premiers bénéficiaires.

Le PNVi, entre Patrimoine mondial et malheur de tout un peuple !

Peut-on continuer à considérer le Parc National des Virunga comme un site du patrimoine mondial de l’UNESCO lorsqu’il devient un symbole de souffrance et de malheur pour les communautés locales ?

Le Parc National des Virunga est sans aucun doute un trésor de biodiversité. Il abrite des espèces emblématiques telles que les gorilles de montagne, des savanes, des forêts tropicales et une grande variété de faune et de flore. Il joue un rôle crucial dans la conservation de ces espèces menacées et constitue un site d’une valeur écologique universelle. Cependant, cette biodiversité et cette beauté naturelle ne peuvent plus être considérées comme des atouts si elles sont vécues comme un fardeau pour les communautés locales. Les abus de pouvoir, les violations des droits humains et l’exclusion des communautés locales des bénéfices de la conservation sont des réalités qui jettent une ombre sur le label de site du patrimoine mondial.

Le Parc National des Virunga, tel qu’il est actuellement géré, semble être un paradoxe : un lieu de préservation de la biodiversité pour l’humanité, mais aussi un instrument d’injustice sociale, où des populations entières vivent dans la souffrance et l’exploitation. Le contraste entre la protection de la faune et les mauvaises conditions de vie des communautés riveraines soulève une question morale sur la légitimité de cette conservation.

Ce qui pousse des communautés entières à rejeter la conservation du parc et à se tourner vers des alternatives moins durables (comme l’exploitation du pétrole). Dans une position de souffrance et de leur rejet par et du parc, la question légitime se pose : ce site mérite encore son statut de patrimoine mondial ?

Nécessité d’un changement radical dans la gestion

De plus en plus, des voix s’élèvent pour plaider contre une conservation menée de manière autoritaire et excluante. La durabilité de la conservation dépend de la participation active des communautés locales, du respect des droits humains et de la capacité à trouver des solutions équitables pour la coexistence entre l’homme et la nature. Le bien-être humain ne peut pas être sacrifié au nom de la préservation de la nature. Le fait que ces communautés vivent dans des conditions de pauvreté, de répression et de marginalisation semble incompatible avec les principes éthiques de l’UNESCO.

Il est impératif que la gestion évolue de manière à respecter à la fois la biodiversité et les droits des populations locales, dans une logique de cohabitation harmonieuse et d’inclusion.

Le principe idéal pour la RDC en ce temps difficile serait : « Conservation par l’homme et pour l’homme ».

La question de l’exploitation du pétrole dans la région du parc est une question complexe qui touche plusieurs enjeux cruciaux : la préservation de la biodiversité, le développement économique et le bien-être des populations congolaises. D’un côté, l’exploitation du pétrole pourrait potentiellement générer des revenus considérables pour le pays et contribuer au développement économique du Congo. De l’autre côté, elle pourrait nuire à l’environnement, perturber les écosystèmes fragiles du parc et mettre en danger des espèces menacées comme les gorilles de montagne si les études à impact environnemental ne sont bien faites.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

 

 

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