RDC/Politisation de la CENI. La CENCO et l’ECC alimentent Lamuka

Kinshasa. Accrochages entre les éléments de la police nationale et quelques militants de Lamuka lundi 13 septembre 2021 à cause d’une manifestation (interdite) contre la politisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La question que l’on devrait se poser est la suivante : « Qui politise la CENI ? » avec une sous question : « Depuis quelle année date cette politisation ? »

Au dialogue de Sun City, il avait été convenu que le président de la CENI provienne de la composante « Confessions religieuses », en langage courant cela signifie que les « Homme de Dieu » de la RDC, ceux qui dialoguent à tout moment avec Dieu et inspirés par le même Dieu, puissent désigner la personne tout aussi inspirée par l’Esprit Saint pour diriger la CENI. Diriger la CENI signifie aussi sortir la RDC de la dictature en y apportant la démocratie. Mieux, des dirigeants choisis par le peuple, lui aussi inspiré par la misère et l’Esprit Saint. Or, les « Hommes de Dieu » en opposition aux politiciens, ne se sont jamais mis d’accord sur le profil de la personne capable et inspirée pour conduire la CENI selon la volonté de Dieu au profit du peuple de Dieu. Depuis que la CENI a été mise sur pied en 2003, les « Hommes de Dieu » présentent au peuple de Dieu des spectacles mécréants. Ils ne se sont mis d’accord sur aucune de trois personnes qui ont dirigées la CENI depuis l’abbé Apollinaire Malu-Malu (prêtre catholique), en passant par le pasteur Méthodiste Daniel Ngoy Mulunda, le catholique pratiquant du diocèse de Wamba Corneille Naanga jusqu’à ce jour. Bloquant le processus en aval, ils contestent tout en amont. Finalement l’on se demande utilement si le diable habite chez les politiciens ou chez les « Hommes de Dieu ».

L’Église universelle est passée « maîtresse » dans l’art de la contestation. Elle a entraîné l’Église protestante. En 2018, on a vu l’un de ses dirigeants, aidé par la MONUSCO « fuir » le pays et sa charge pastorale pour les États-Unis abandonnant ses ouailles. Ce qui est contraire à la mission du bon berger. La position de la CENCO et de l’ECC donne du carburant à Lamuka comme à n’importe quel politicien même du FCC en mal de positionnement. Contester éternellement sans y apporter des solutions est-ce une bonne manière de contribuer au dénouement de la crise qui secoue le pays depuis des années ? Contester en sachant que notre ennemi éternel reste le temps qui s’écoule à la vitesse de croisière et qui entraîne des « glissements » et donc des manifestations suivies de morts d’hommes, est-ce une bonne manière de sauver le peuple de Dieu ?

Laurent Monsengwo, un exemple de courage à suivre

Mgr Laurent Monsengwo a marqué l’histoire de ce pays parce qu’aussi il a daigné accepter la charge que le peuple de Dieu lui avait demandé d’assumer à son compte : la présidence de la Conférence nationale souveraine – CNS. Mis à l’épreuve de la démocratie, le prince de l’Église catholique a accepté ses lois pour affronter le laïc Kanku dans un duel où les espèces sonnantes et trébuchantes ne lui donnaient pas les chances de gagner. Mgr Monsengwo a retroussé la soutane pour entrer dans le marécage politique parce que le peuple de Dieu l’avait voulu. Il savait ce qu’une telle charge impliquait pour son honneur et il a bravé les considérations mondaines de l’honneur et du « qu’en dirait-on. »

Ne serait-il pas mieux aujourd’hui, après le départ de Joseph Kabila accusé de tous les maux, qu’un Évêque issu de la CENCO accepte d’assumer la présidence de la CENI pour y influer un souffle démocratique inspiré de l’Esprit Saint ? Cette charge entre dans son rôle et sa mission du Paraclet. Car, si le salut de la nation doit passer par cette souillure politique, il vaut mieux suivre l’exemple de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya. De la sorte, l’Église universelle qui revendique à juste titre la majorité de la population congolaise aura avec elle le peuple de Dieu pour braver la peur et surtout ouvrir avec allégresse les portes de ce pays où coulent le lait et le miel au bénéfice de son peuple. Saint Ignace d’Antioche écrit ce qui suit à Polycarpe  :« Si tu n’aimes que les bons disciples, tu ne mérites pas de récompense (…) Si tu es à la fois charnel et spirituel, c’est pour traiter le mal que tu vois (…) Le moment présent a besoin de toi.» Ce pays mérite mieux que le spectacle auquel son peuple est livré. Pensons-y et prions sans cesse.

Nicaise Kibel’Bel Oka

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