E.A.C. Encore 2 mois pour en finir avec la mutualisation FARDC-UPDF contre les jihadistes ADF/MTM

(Beni (Sukola I- avril 2014. Le général Lucien Bauma fait visiter Madina, le QG des ADF à la délégation de l’UPDF. On refait la même chose. Archives Les Coulisses).

Kinshasa/CHESD (23 septembre 2022). Les ministres de la défense de l’Ouganda et de la RDC accompagnés des Etats-majors de deux armées (FARDC et UPDF) ont passé au peigne fin les opérations de mutualisation dans la traque des islamistes MTM, filiale de DAECH qui sévissent dans les deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu (Grand Nord). Selon les termes du communiqué final, cette évaluation sans complaisance a abouti à une prorogation de deux mois

(les opérations) en attendant le déploiement de la force régionale de l’East African Community. Le contingent UPDF (Uganda People’s Defence Force) qui opère aux côtés des FARDC va basculer dans la force régionale, lit-on.  En langage clair, la mutualisation des forces FARDC-UPDF pour combattre les terroristes en RDC aura échoué, mieux aura produit un résultat mitigé. Le contraire aurait énervé les bonnes consciences. L’expérience de la mutualisation a montré les limites d’une armée (UPDF) dont le chef suprême a toujours cherché à s’afficher comme puissance régionale. Sans prendre la nature de la vraie menace. Quel pays a déjà gagné la guerre contre le terrorisme sans conquérir le cœur des populations que cette hydre contrôle et asservit ? Comment des pays modernes ne peuvent toujours pas comprendre que la nature de cette guerre n’a rien à voir avec l’envoi de nombreux soldats au front surtout quand ils ne sont pas de ce pays ? La toute-puissance armée américaine (US force), ayant compris le danger de l’enlisement, s’est retiré sans tambour de l’Afghanistan. On ne gagnera pas le terrorisme islamiste des MTM en se vantant d’avoir capturé ou tué deux ou trois soldats du califat moins encore par des bombardements désordonnés des lieux supposés les abriter. Comment pouvons-nous ne pas tirer les leçons du passé et comprendre que l’UPDF n’est pas la solution idoine pour la RDC ? Avec le général Bauma, nous a appris la leçon : « On porte des coups sporadiques avec des frappes stratégiques sans résoudre le problème du terrorisme ».

Les États-Unis et Bridgeway Foundation

Selon le communiqué sorti des assises tenues au Collège des Hautes Études de Stratégie et Défense (CHESD), la tristement célèbre ONG américaine dans l’expatriation des rescapés otages ADF/MTM, Bridgeway Foundation a facilité la tenue de ces travaux et serait déterminée à accompagner la RDC et l’Ouganda dans la mise en œuvre des procédures opérationnelles standard (SOP) pendant les opérations conjointes. Quelle est la forme dudit partenariat ? Bridgeway Foundation, aux dires de certains, a un regard mondial sur la montée de l’islam et pour mission de mobiliser l’intérêt du Congrès et de l’Exécutif américains. A la lecture du communiqué final, la question demeure : « Comment se fera le basculement des éléments mutualisés de l’UPDF dans la force régionale ? » Une chose est de reconnaître le terrorisme et ses béquilles, une autre (la plus importante) reste de répondre aux attentes des populations sous leur contrôle. Avec quels moyens humains et quelle logistique ? Comment arrêter l’attrait des jeunes vers cette idéologie mortifère ? Mais la réponse à la plus importante préoccupation pour la RDC ne reste-elle pas dans le soutien militaire des États-Unis aux pays voisins qui déstabilisent la RDC ? Le Rwanda et l’Ouganda sont dépendants d’un afflux constant et systématique de l’aide internationale au point qu’aucun donateur ne souhaite le départ ni de Kagame et moins encore de Museveni du pouvoir. Comment les appeler « pays amis » de la RDC s’ils ne condamnent pas l’occupation de Bunagana par le Rwanda ?

 

Les entrepreneurs de l’insécurité dans le bourbier congolais

Vous avez dit : une force armée régionale pour sauver la RDC ? C’est de l’utopie. Sauf nos voisins tiennent à éloigner la menace (loin) de leurs frontières respectives avec la RDC. La RDC a besoin d’une thérapie de choc au risque de subir l’avenir. Cette thérapie ne va jamais avec la démocratie selon le mode d’emploi actuel en RDC, ni avec des gendarmes qui veillent sur les violations de droit de l’homme. Les Occidentaux le savent. Au Rwanda, une démocratie à la rwandaise plaît énormément aux Occidentaux. En Ouganda, la démocratie du « mouvement NRM » ne permettant pas des élections ouvertement démocratiques. Cette culture démocratique de nos voisins financée par les grandes puissances leur permet d’imposer respect et peur de l’État. La force régionale n’étant pas une panacée, la RDC doit impérativement songer à mettre sur pied une politique de professionnalisation des forces de défense et de sécurité afin qu’elles puissent en tout temps répondre efficacement à toute forme de menace et qu’elles se situent au-dessus de provocations de ses voisins. Pour ce faire, il faut d’abord remplir les conditions ordinaires d’une armée, partant du recrutement, de la formation, de son équipement et de son casernement. Autrement, la RDC va continuer éternellement à attendre Godot.

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Mathias Ikem

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