(Le journaliste d’investigation, Nicaise Kibel’Bel Oka présentant l’ébauche de ce livre qui défie la Résolution 2773. Photo Les Coulisses).
Ce livre, le 10ème écrit par le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka est unique, plein de compassion et magnifique. Il est humain et relève de l’humanisme.
Unique parce qu’il pose son regard sur la vie quotidienne au Rwanda dans ses relations entre deux communautés, à savoir Hutu et Tutsi. Dans ses aspects multidimensionnels.
Ce regard porte sur un pays. Le Rwanda, sous la férule du pouvoir du Front Patriotique Rwandais (FPR), respire à vase clos dans une sorte de prison à ciel ouvert mais qui, paradoxalement, vend l’illusion d’être en parfaite harmonie avec ses us et coutumes et l’illusion d’un pays bien géré et qui s’est réconcilié avec lui-même après le génocide de 1994.
Hutu et Tutsi, deux communautés ethniques, deux composantes essentielles du pays de Mille collines, vivent en chiens de faïence. Une vie dont l’originale est calquée sur fond de la suspicion, de la haine et de la vengeance. Bref de l’exclusion d’une frange importante de son peuple.
En réalité, le Rwanda sous le FPR, c’est un pays vendu en photocopie aux Occidentaux.
Or, appelés par le destin à vivre ensemble, à cohabiter, mieux à co-exister, Hutu et Tutsi doivent hic et nunc, impérativement s’accepter, se tolérer et fumer le calumet de la paix.
C’est uniquement sur cette exigence naturelle qu’on peut projeter l’avenir en toute sérénité et envisager la paix entre Rwandais, puis la paix avec les Congolais et enfin la paix dans toute la région des Grands Lacs.
De la sorte, en République démocratique du Congo notamment dans le Kivu, les populations cesseront de payer la facture de la fracture entre Hutu et Tutsi du Rwanda.
Ce livre unique dépeint du dedans ce tableau de la surenchère, du mensonge, de la calomnie et de la perfidie, de l’humiliation d’une frange de sa population par un pouvoir qui règne par défi sur les vaincus et qui n’accorde aucune humanité à ceux vaincus considérés comme les Damnés de la terre.
La force de l’auteur, Nicaise Kibel’Bel Oka, repose sur cet appel, cet impératif d’une réconciliation que même le Conseil de sécurité des Nations-unies n’ose proposer ni porter comme elle fait maladroitement mais sciemment dans sa Résolution 2773 avec la fameuse « Neutralisation des FDLR » par le gouvernement congolais.

C’est enfin un livre plein d’humanisme qui prône le dialogue et la réconciliation comme valeur cardinale pour une paix durable qui n’a rien à voir avec la paix de cimetière qu’on impose depuis trente années déjà.
En prônant la réconciliation au Rwanda comme l’impératif du vivre-ensemble, Nicaise Kibel’Bel Oka veut modestement prévenir les cycles de violences futurs pour le bien-être des peuples de la Région. L’auteur écarte l’option militaire et l’exclusion, dans la gestion au quotidien du Rwanda, qui sont source éternelle de nouvelles violences.
Journaliste d’investigation, homme de terrain qui croise et affronte nombreux regards, l’auteur nous montre que, dans la solitude de son travail qui donne la chair de poule, il y a des personnalités qui viennent à sa consolation parce qu’elles ont appris à le connaître.
Il peut bénéficier de la bienveillance cordiale de Julien Paluku Kahongya dans une sorte d’amitié qui date, territorial chevronné maîtrisant les Grands Lacs.
Comme il peut se féliciter d’être en parfaite harmonie avec Louis Watum Kabamba, le minier de la Nation, bénéficiant d’une amitié de deux décennies.
Et homme prêchant par l’exemple, il y a devant nous Patrick Muyaya, apôtre du nouveau narratif qui sait comment entretenir une relation de confiance, avec une oreille attentive et son coeur.
On n’est pas journaliste investigation sans tendre son regard vers un certain Alphonse Daniel Ntumba Luaba, compagnon d’infortune lors de son séjour de 7 jours de détention, otage de l’UPC de Chrysostome Lubanga et chef Kahwa Panga à Mandro, à 12 kilomètres de Bunia en 2002.

(Goma. Nicaise Kibel’Bel dans son bureau de travail. Photo Les Coulisses).
Ce livre est l’histoire d’une tragédie humaine fondée sur l’exclusion de l’autre faisant de ce dernier « l’Enfer » dans un conflit de regard suicidaire mais davantage sur une réconciliation comme solution ultime. C’est un livre de la Condition humaine version Grands Lacs africains.
Ceux qui vont l’acheter et surtout le lire, ne regretteront jamais d’avoir consacré de leur énergie et dépenser de l’argent.
Que la solution à une coexistence entre Rwandais, Hutu et Tutsi, à une paix durable sur base de tolérance et d’acceptation mutuelles vienne d’un citoyen du monde, de ce citoyen qui a laissé son Kwilu natal pour consacrer énergie et vie au milieu de tant de dangers pour les populations de l’est et des Grands Lacs, voilà qui devrait interpeller et surtout inciter le commun des mortels à dévorer ce livre. Avec empressement.
Ce livre du journaliste d’investigation Nicaise Kibel’Bel Oka est un défi à la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-unies. Un défi aux négociations de Doha et aux Accords de Washington. Un défi à l’ex-Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
Mais pour dévorer ce fruit, il faut d’abord l’acheter. Ce qui va couronner les efforts fournis, les sacrifices consentis et consoler tant soit peu le journaliste d’investigation Nicaise Kibel’Bel Oka et son travail.
Achetez- le pour vous-même. Pour vos amis, vos supérieurs et donnez leur en cadeau. Donnez en cadeau au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi et aux services spécialisés, aux délégations congolaises qui vont aux différentes négociations pour ne plus dire : « On ne savait pas. On était ignorants ».
Bonne dégustation. Bonne lecture à tous et toutes.
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Mathias Ikem
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