RDC. Les USA déposent des ingénieurs afghans en Ouganda. Pour quels objectifs?

(2006. Des creuseurs de l’or à Durba/Watsa. Archives Les Coulisses)

Le départ des États-Unis de l’Afghanistan et la prise du pouvoir par les Talibans ont eu pour conséquence que certains Afghans, techniciens, ingénieurs et interprètes au service des Occidentaux ont été exfiltrés de peur d’être tués par les Talibans. Près de 100 mille Afghans ont quitté leur pays à la suite du départ des Occidentaux. Un groupe d’ingénieurs et techniciens afghans a atterri en Ouganda. Officiellement, en partance pour les Etats-Unis. Un ami avisé m’a posé une question : « Pourquoi avoir choisi l’Ouganda qui n’est certainement pas le pays le plus proche de l’Afghanistan ni des États-Unis ? » Alors, je me suis livré à une spéculation intellectuelle.

La Chine en RDC : 5 chantiers

Tout commence dans les années 1990. Les Occidentaux veulent en finir avec Mobutu, au nom des droits de l’homme. Ils profitent d’une rixe sur le campus de l’université de Lubumbashi opposant les étudiants de l’Équateur à leurs camarades d’autres régions. C’est l’affaire « Lititi mboka » qui aboutit à la rupture de toute aide occidentale en faveur du peuple zaïrois. Cette période coïncide avec les besoins accrus de la Chine en minerais de toutes sortes. La Chine proclame « 2006 : année de l’Afrique » pour un « nouveau type de partenariat stratégique » avec un slogan envoûtant adopté par tous les pouvoirs d’Afrique : coopération économique gagnant-gagnant. La Chine annonce une aide globale de 20 milliard de dollars$/an essentiellement consacrés aux infrastructures avec en contrepartie en remboursement, l’accès aux matières premières des pays africains. La RDC est véritablement une anomalie géologique avec un sous-sol très riche et varié où puisaient les Occidentaux (Américains, Français, Belges, Allemands, etc.). Sur conseils de l’Angolais Dos Santos, Joseph Kabila signe avec les entreprises chinoises les fameux 5 chantiers. Tout a été prévu. La China Exxim bank est mise en contribution. On connaît la suite.

La Chine et les Terres rares

On ne mange pas les droits de l’homme. C’est la boutade des Congolais proches du pouvoir de l’époque. La Chine produit quasiment 100 % de dysprosium et de terbium dans la partie de la Mongolie . Par précaution et pour avoir suffisamment de stock, la Chine lorgne vers la RDC en vue d’étendre sa domination sur ce domaine particulièrement sensible. Elle sait que la RDC, dans sa partie Nord-ouest allant du Sud-Kivu au Nord-Kivu, notamment à proximité de Walikale jusqu’aux confins de Manguredjipa, il y a la cassitérite et le la colombo tantaline (coltan). Derrière ces deux métaux, se cachent les Terres rares.

Les Terres rares sont des métaux spéciaux, indispensables pour les aimants des moteurs des voitures électriques et/ou des éoliennes géantes, pour des lampes à basse consommation, les pots catalytiques…servant des remèdes contre la pollution. Les Terres rares sont au nombre de 17. Ils sont très souvent utilisés sous forme d’oxyde. La Chine a lancé la « route de la soie » là où les Occidentaux inondent l’est du Congo d’ONG des droits de l’homme.

Présence suspecte des soldats américains dans la zone ?

Récemment, les marines américains ont visité l’est de la RDC avant l’arrivée des techniciens et ingénieurs afghans en transit en Ouganda. L’Afghanistan est l’un de rares pays à produire quelques métaux (Terres rares). Viennent-ils pour une prospection des Terres rares à l’est du Congo au quel cas les États-Unis viendraient contrer les visées chinoises ? Possible.

Les armées des pays développés ont grandement besoin des Terres rares pour améliorer les capacités de leurs appareils de vision nocturne et de télémètres. Les armées de ces pays achetaient en Chine les éléments correspondants. S’approprier cette partie de la RDC si prometteuse permet d’asseoir définitivement le leadership mondial sur l’industrie de production et de transformation des Terres rares. Cela peut constituer les soubassements de nouvelles violences à l’est du pays. La Chine a bien compris les enjeux géostratégiques devant des Congolais qui passent leur temps faire des rapports aux Occidentaux.

Créons des milices à leur image

Le Sud-Kivu avec des tensions dans les Hauts et moyens plateaux vit une sorte de conflit « Israël- Palestine » transplanté en RDC. Ni vainqueur ni vaincu. Dans l’est de la RDC, on a créé des milices ethniques à notre image. Chaque composante ethnique dispose d’au moins d’un groupe armé. En créant les milices à notre image, chacune cherchant à défendre un petit territoire ancestral mais au finish, se livrant à l’exploitation artisanale des minerais, les faiseurs de guerres ont créé des milices ethniques à l’image des minerais. Les FARDC font face à ce jour à la guerre asymétrique doublée de cette guerre « hybride » difficile à gagner. A chacun l’exercice de circonscrire chaque milice dans son espace culturel et géographique pour mieux cerner la corrélation violence et minerais de sang. Lorsque l’on voit des Congolais ahuris devant le reportage d’Alain Foka dans le fief du prix Nobel , l’on s’étonne de leur étonnement. On aura beau créer des universités, construire des immeubles et hôtels en pleine guerre, former des juristes, ingénieurs et autres dans tous les domaines, il s’avère que la RDC n’est pas encore arriver à la hauteur des enjeux géostratégiques. Les intellectuels sont restés dans leur rôle de colonisés éternels. En 30 ans, le Congo a perdu la Gécamines, Kilo-Moto, la PLZ, Utexafrica, DAIPN et enfin Bukanga Lonzo.

Voici la liste des 17 métaux appelés Terres rares : cérium, dysprosium, erbium, europium, gadolilium, holmium, kanthane, litium, néodyne, praséodye, prométhium, samrium, scandium, terbium, thulim, ytterbium et ytttrium.

Nicaise Kibel’Bel Oka

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