Grands Lacs. Julien Paluku appelle Kigali à s’assurer de l’héritage à léguer aux peuples de la région

Quel héritage compte-t-on laisser à son peuple et à la région lorsqu’on se dit visionnaire ?  Voilà la question à laquelle Kigali devra répondre. Depuis l’entrée de l’AFDL en RDC, le même refrain revient sur toutes les lèvres, à savoir : « Le gouvernement congolais ne respecte pas ses engagements ». Laurent-Désiré Kabila a été accusé de n’avoir pas honoré des engagements pris consistant à céder des kilomètres carrés d’espaces de la RDC au Rwanda. Sur ce prétendu manque de respect des engagements depuis l’AFDL jusqu’au CNDP que le M23 est né. Les ingrédients pour déstabiliser la RDC par le Kivu sont connus : le gouvernement congolais ne respecte jamais ses engagements. D’où la naissance par les armes de toutes les rébellions à consonance ethnique. A Munyonyo (Ouganda), les marionnettes du Rwanda ont fini par se dévoiler en expliquant les raisons de leur lutte par le terme « doléances légitimes » qui consistent à leur laisser la gestion administrative, économico-financière et militaire de tout l’est de la RDC depuis le Tanganyika jusqu’en Ituri. C’est ce qu’on nomme en des termes simples le « projet de balkanisation de la RDC ». Souvent des régimes autoritaires ont tendance à remettre en cause les frontières validées depuis les indépendances. Les attitudes de Kigali et Kampala ont pourri les relations fraternelles entre les peuples culturellement et historiquement vivant ensemble. Convaincu qu’on ne peut pas vivre sans relations fraternelles, diplomatique et économique, Julien Paluku Kahongya qui a géré la province du Nord-Kivu pendant 12 ans l’a répété lors de l’émission du Dialogue entre Congolais de la radio Okapi mardi 14 juin 2022 : « La RDC stable, tous les États voisins en bénéficieront puisqu’on ne peut se réjouir lorsque le voisin souffre. Ce qui explique la présence de nombreux rwandais dans le petit commerce à Goma. Et donc, entre le peuple congolais, le peuple rwandais et le peuple ougandais, il ne se pose aucun problème. La RDC qui est une mosaïque de tribus n’a jamais rêvé attaquer le Rwanda. » L’analyse de la situation d’insécurité devenue chronique à l’est de la RDC repose sur la volonté d’un leadership machiavélique qui ne comprend pas que « Le peuple de la région aime et souhaite toujours le vivre-ensemble comme en témoignent les nombreux échanges commerciaux et humains », a souligné l’ancien gouverneur du Nord –Kivu Julien Paluku Kahongya, aujourd’hui ministre national de l’Industrie. Pour comprendre un conflit, il faut remonter aux raisons qui le fondent, les idées de ses acteurs principaux. Le rôle des idées (qui dirigent le monde) même fausses est capital en géopolitique. Car elles déterminent le choix des stratégies. Les stratégies de Kagame et Museveni sont clairement définies et traduites par procuration à travers les rébellions qu’ils montent contre la RDC depuis 1990. Le cruel constat d’échec, martèle le ministre Julien Paluku Kahongya, depuis les invasions de la RDC qu’ils parrainent est là : « Jamais la RDC ne cèdera une portion de ses terres à qui veut. De gré ou de force. » Rappelant que toute politique s’inscrit dans son temps et ne résiste pas à des circonstances nouvelles qui créent des politiques nouvelles faisant échec à l’application des politiques dépassées, Julien Paluku Kahongya interpelle le leadership rwandais : « Dans sa gouvernance, notre voisin devra s’assurer de l’héritage (de haine) qu’il va laisser dans la région des Grands Lacs lorsqu’il se place dans une logique suicidaire de l’instabilité de la région. » Le plus durable possible ne signifie pas (sauf pour les naïfs) le perpétuel. Le maréchal Mobutu comme Idi Amin en sont des exemples.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

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