RDC. État de siège. Le prof. Luzolo Bambi appelle au maintien et à son renforcement

« L’État de siège, c’est un état d’exception où la gouvernance militaire est instituée pour restaurer l’autorité de l’État. » Le professeur Luzola Bambi Lesse, figure bien connue de la scène scientifico-juridico-politique de la RDC a donné son point de vue sur le bien-fondé de l’institution de l’état de siège pour notre pays, dans ses contours juridiques, politiques et sécuritaires : « Depuis de décennies qu’on assiste à des tueries, de violation de droits humains, de déplacement de populations à l’est de notre pays, il n’a existé aucune réponse à ce désastre qui frappe de façon récurrente notre pays. Pour mettre fin à l’activisme des groupes armés, il faut maintenir l’état de siège dans les deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. » Pour le professeur Luzolo Bambi : « Tant que les raisons qui ont milité, à juste titre, à l’institution de l’état de siège n’ont pas disparu, on ne peut envisager sa levée. Bien plus, il n’y a aucune alternative actuellement à cette réponse. » Il aura fallu cette analyse d’un homme qui inspire respect et considération pour que certains compatriotes comprennent l’utilité de cette mesure salutaire pour notre pays. Le professeur pénaliste et criminologue Luzolo Bambi y ajoute une dose juridique en proposant de faire accompagner cette mesure sécuritaire d’une politique de justice transitionnelle appuyée par la mise sur pieds d’une Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Ill n’y a pas de paix sans justice. De ce point de vue, il revient à la justice de s’occuper de tous les criminels et les auteurs intellectuels de la violence pour qu’ils répondent de leurs actes.  En appuyant cette mesure de l’état de siège décrétée par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, le professeur Luzolo Bambi rejoint tous ceux qui pensent qu’il faille renforcer l’état de siège, un mal nécessaire, pour un pays qui fait face à de nombreuses convoitises de voisins proches et lointains. Car, si l’état de siège ne résout pas le problème sécuritaire et n’éloigne pas cette menace de balkanisation, il sera difficile pour la RDC de (re) conquérir l’est du pays assujetti à la gestion des groupes armés locaux et étrangers. Bien plus, le contexte géopolitique et géostratégique mondial exige que la RDC prenne au sérieux les menaces présentes et à venir et qu’elle pense à mettre en place des mécanismes de réponses rapides et adéquates afin de préserver le Congo dans ses frontières héritées de la colonisation. Assurer la sécurité revient à parer aux chocs et aux surprises stratégiques. Naturellement, il ne s’agit en rien de proroger indéfiniment l’état de siège si on lui donne pas les moyens de sa politique. Ce qui est important, ce sont les mesures d’accompagnement et les moyens mis à la disposition de ce régime d’exception pour sa réussite mais également pour qu’il ne soit pas une répétition des erreurs qui ont fragilisé le système de défense de notre pays. Pour cela, la république a besoin du soutien total et de l’accompagnement de toute la population congolaise singulièrement celle de l’est du pays.

Mathias Ikem

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