RDC. État de siège. Un an après. Maintien ou levée? Attention au piège des opérateurs de la violence armée

(Le Lt-gén. Constant Ndima, Gouverneur du Nord-Kivu au front contre le M23 montrant du doigt la colline du voisin ennemi. Archives Les Coulisses).

Quelle a été notre attitude face à l’état de siège ? Comment l’avons-nous accueilli ? Pourquoi refusons-nous de le soutenir sachant qu’i a été décrété pour notre bien ? L’on peut lire entre les lignes cette position imputée aux députés nationaux issus de deux province sous état de siège après la réunion avec le Chef de l’État : « Une année après, nous avons besoin des propositions concrètes sur l’avenir de l’état de siège à la lumière de l’expérience vécue, des progrès réalisés, des difficultés rencontrées et de la nécessité d’envisager la sortie programmée de ce régime d’exception. » Que gagnent les ressortissants de deux provinces sous état de siège à vouloir à tout prix son retrait ? Comment comprendre l’attitude des députés de deux provinces concernés à faire croire que l’état de siège n’a résolu aucun problème quand on sait qu’il fait face aux menaces de la milice CODECO en Ituri, à celles réelle du M23 dans le Rutshuru, à celle des islamistes ADF/MTM dans les deux provinces ? Doit-on, au risque de cracher sur toutes ces populations endeuillées jour et nuit qui ploient sous la férule des groupes armés, conclure que pour certains ressortissants de ces provinces, l’insécurité est une panacée pour leur survie politique et économique ? Réponse sage du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi qui cache à peine sa déception : « Une table ronde sera organisée pour prendre des décisions et passer à d’autres alternatives avant le 15 juin 2022. » Menaces, injures et pressions de toute part, le Chef de l’État Félix-Tshisekedi tient à ce qu’une table ronde soit organisée et, au besoin, passer à d’autres alternatives. Pour plaire à tous les fossoyeurs de l’état de siège au nombre desquels les députés provinciaux (ce qui est compréhensible puisqu’ils sont en chômage), certains députés nationaux et autres agitateurs et opérateurs de la violence armée. Il est important de souligner que si le Chef de l’État prenait la décision de la levée de l’état de siège dans la colère, il signera la balkanisation du pays. Contrairement à ce que l’on prétend, ce n’est pas la levée de cette mesure qui fera élire Félix Tshisekedi en 2023. Aussitôt la décision a été prise, l’état de siège a été combattu par ceux qui sont sensés souffrir de la violence armée. Au lieu de l’accompagner. L’impression qui se dégage de toutes les critiques contre l’état de siège est celle d’une confusion savamment entretenue autour de la réussite et/ou échec des mesures prises pour ramener la paix à l’est. Et pourtant, personne ne souligne que les groupes armés locaux sont issus des communautés ethniques originaires desdites provinces. Et que la logique aurait été celle de voir les élus refuser de siéger tant que leurs enfants resteront dans la forêt et/ou sensibiliser les groupes armés à abandonner la voie de la violence armée. La pléthore de groupes armés locaux est un échec du manque d’amour du prochain pourtant prêché chaque jour. C’est notre échec commun, échec d’une communauté qui manque des repères. D’autre part, personne ne souligne le fait que les groupes armés étrangers, issus des pays voisins ayant en partage les liens culturels avec les populations congolaises, sont la preuve de l’immixtion des pays voisins poursuivant un double objectif de balkaniser le pays (en y déversant le trop-plein de leur population indésirable) et de piller les richesses naturelles de la RDC. Comment réussir l’état de siège lorsque l’est de la RDC est depuis une trentaine d’années le lieu d’une maffia organisée dont l’appropriation des ressources congolaises est devenue le vrai enjeu ? La table ronde sur l’état de siège devrait, tout compte fait, conduire à des mesures d’amélioration et de renforcement de moyens logistiques d’opérationnalité, d’une évaluation dans le temps bien précis, des mesures de lutte contre l’impunité et de possible levée après évaluation. Il semble que sous l’état de siège, les recettes des provinces concernées ont sensiblement augmenté, que de nombreux chefs islamistes étrangers ont été neutralisés et que le M23 peine à conquérir Goma. On confond très souvent prorogation et évaluation. Che Guevera, déplorant le comportement des Congolais, a déclaré avec un goût amer : « On ne peut pas libérer un peuple qui n’en veut pas. » Qui dit mieux !

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Nicaise Kibel’Bel Oka

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