Dans son allocution à la Nation, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi a placé les contours du dialogue national notamment sur deux aspects essentiels, à savoir les consultations à la base (pyramide renversée) et les exclus du dialogue suivant la formule des négociations de Doha.
Aussitôt les réactions ne se sont pas faites attendre. L’opposition de Kinshasa est montée au créneau et a soulevé le problème de l’inclusivité comme condition de sa participation audit dialogue. Par inclusivité, elle sous-entend la participation personnelle nommément de Corneille Nangaa, Joseph Kabila et Cie.
Heureusement qu’elle n’a pas nommé la branche militaro-politique du M23. L’on peut se demander à juste titre si l’opposition à Kinshasa exprime son propre point de vue ou celui des personnes dont elle veut se faire porte-parole. Surtout si, c’est avec leur consentement tacite.
La tragédie du contrôle
Une analyse psychologique du comportement de personnes qui ont déjà été à Goma comme « rebelles » montre qu’une fois sous la férule de Kigali, toute personne ayant adhéré volontairement ou non au projet macabre du Rwanda sur la République démocratique du Congo est enfermée dans une sorte de tragédie du contrôle basée sur une sorte d’attachement qui se construit avec la terreur et la violence du parrain-créancier.
De la sorte, les compatriotes sous la peau de victime développent une sorte de dépendance à leur agresseur créancier parce que ce dernier détient le pouvoir de les blesser (dans le sens rwandais du terme).
Kigali est à la fois poison et remède dans ce double jeu. Il contrôle l’agir des opposants sous son joug. Ce contrôle est présenté comme une « vraie » protection contre la dictature de Félix-Antoine Tshisekedi, présenté comme plus cruel que Mobutu et Laurent Kabila réunis.
Corneille Nangaa ne peut pas sortir de Goma sans au préalable obtenir l’autorisation du parrain créancier. Il vit dans une sorte de prison. Comment les Fayulu et la CENCO-ECC feront-ils pour le sortir de cet enfer ?
L’inclusivité comme condition à toute participation au dialogue que pose l’opposition paraît absurde. Au simple, elle relèverait d’une naïveté déconcertante. A moins de souffrir de cécité politique ou de jouer le jeu de l’ennemi pour faire échec au dialogue national.
Distribution des identités professionnelles
Paul Kagame a créé des « rebelles » qui font le job à sa place. Il a, ensuite distribué à ses marionnettes des identités professionnelles qu’ils portent avec fierté sans savoir qu’ils ont été dépossédés de leur vraie identité. Corneille Nangaa ne souhaite plus être appelé « ex-président de la CENI » mais préfère le qualificatif de « rebelle ». Il a même troqué ses costumes pour le treillis militaire (lui qui ne sait même pas comment on dégaine une grenade) et une barbe de maquisard.
Il parle, aboie, vocifère, réagit non pas par conviction de ce qu’il fait mais par salivation comme le chien de Pavlov. A cause d’une réelle peur de disparaître (à défaut de mourir) dans le silence comme l’ancien charismatique chef rebelle Laurent Nkunda Mihigo.
Il a peur d’une déchéance contrôlée le plaçant dans un effacement de la scène socio-politique comme Émile Ilunga, Lunda Bululu, Jean-Pierre Ondekane, Adolphe Onusumba et consorts. Bien avant eux, les Banyamulenge au nom de qui Kagame a justifié son agression armée de la RDC comme Bizima Kahara, Moïse Nyarugabo, Azarias Ruberwa.
La tragédie du contrôle se fondant sur la distribution de nouvelles identités repose sur l’absurdité de la vie et sur l’antinomie. Un Moïse ou un Joseph, l’un et l’autre jouant au libérateur de leur peuple, disparaissent de la scène politique et vivent dans l’anonymat. Voire dans l’errance à la manière de Caen de la Bible.

A la manière de Laurent Nkunda, nombreux débiteurs du pouvoir du Front patriotique rwandais vivent une mort symbolique des cadavres dans le placard. Cette stratégie de domination répond à une sorte de cloisonnement physique et psychologique après des « loyaux » services rendus au parrain créancier. C’est une entreprise de sape d’identité d’autrui.
Regardez-les tous et toutes, hier « professionnels » des massacres de leurs populations pour le compte de Paul Kagame, aujourd’hui, la honte de se sentir fiers les habite. Ils ont beau occupé les premières places à l’Église, donner de l’offrande dans des enveloppes bombées, ils ne peuvent pas consoler leur conscience. Regardez-les et observez leur attitude aux cérémonies du GENOCOST, ils sont aphones ou simplement disparaissent de la scène.

(2012. M23 ancienne formule lors des pourparlers de Munyonyo/Kampala aujourd’hui devenus aphones et invisibles. Archives Les Coulisses).
La stratégie de Paul Kagame comme tactique de destruction est une humiliation discrète de la personne humaine.
Sur quoi repose alors l’inclusivité dont parle l’opposition à Kinshasa ? Connaît-elle le drame que vivent leurs homologues (en armes) ? Qui peut dire la souffrance d’un enfant qui tête un sein amer ? Qui peut voir et comprendre les larmes du poisson s’il n’a jamais vécu dans l’eau ?
Paul Kagame fait payer à tout celui qui entre dans sa loge par erreur et:ou de bonne foi et ose désobéir à sa vision de la vie. Il défie quiconque veut se libérer de son emprise.
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Nicaise Kibel’Bel Oka
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