Sukola I. Amuli Banza Souleymane, l’ex imam de Katindo, devient-il le N°1 des ADF/MTM?

(Beni. L’imam ADF Bonge la chuma comparaît devant la Cour militaire opérationnelle. Archives Les Coulisses).

Zakaria Amuli  Banza Souleymane alias Bonge la chuma serait-il devenu le numéro 1 des MTM ? Possible. Après les bombardements contre certains camps des MTM, une rumeur a circulé sur l’état de santé de Moussa Seka Baluku qui serait grièvement blessé. Est-ce dire que Moussa Seka Baluku n’est plus disponible auquel cas il serait remplacé par Zakaria Banza Souleymane ? Seul l’avenir nous le dira. Longtemps oublié, Bonge la chuma a surgi à travers un discours de réarmement moral qu’on peut qualifier de communication de crise dix jours après le lancement effectif des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF. L’analyse du discours de l’ancien imam de la mosquée de Katindo/Goma devenu instructeur et prédicateur des moudjahidine MTM dans la forêt de Ruwenzori comporte deux parties. Le décor est planté : une assemblée des gens (enfants, jeunes et vieux, hommes et femmes) assiste à son prêche. Lorsqu’il fait allusion aux versets, eux le complètent. Primo, l’exhortation des Croyants à ne pas avoir peur des bombardements de l’UPDF en même temps à l’endurcissement de leur foi parce qu’Allah est avec eux et donc, les Kafri qui veulent envahir les musulmans n’y arriveront pas. Pour ce faire, il cite des verstes qui se réfèrent à la guerre sainte (jihad) et qui guident cette guerre. Il réactive la foi et la haine contre les Kafri en montrant que ce qui arrive ne doit pas décourager les croyants, le Prophète Muhammad l’a connu et a vaincu la guerre : « Il est véridique dans ce qu’il nous commande et dans ce qu’il nous instruit venant d’Allah. La création et le commandement n’appartiennent qu’Allah. » La deuxième partie est l’histoire tronquée de la région des Grands Lacs africains singulièrement de la RDC avec humour, ironie et sarcasme sur la MONUSCO, une caricature des généraux qui ont combattu contre les ADF/MTM, vantant en même temps l’invincibilité des soldats du califat (peu nombreux mais) qui défient les chars et les blindés de l’ennemi. Pareil exercice est normal et relève même de l’art de la guerre. Ce qui touche ici, c’est l’engouement de nombreuses personnes à suivre cet élément de 52 minutes et de s’étonner. Ceux qui ont lu le livre de Nicaise Kibel’Bel Oka « Jihad en RDC. Exhortation, témoignages et vitalités des ADF/MTM » pages 88-94, Éditions Scribe/ Bruxelles, 2019 ont une idée de ce réarmement moral commencé avec Jamil Mukulu. Ceux qui ont suivi les audiences de la Cour militaire opérationnelle en foraine à Beni connaissent Bonge la chuma et revoient encore cette image où il se déclarait fier d’appartenir à l’Oumma des Croyants qui se bat dans la forêt. L’imam Zakaria Souleymane est un personnage prolifique. Né à Munigi le 30 août 1982, Zakaria Amuli Banza Souleymane a fait le cycle court en mécanique auto. Imam à la mosquée de Katindo à Goma, il va parfaire la formation coranique à Mombasa (Kenya). A son retour, il rencontre son ami Amadi Moussa alias Aboudjihad qui le convainc de rejoindre le front de Madina. A Madina, après le lavage du cerveau (il a coupé des mains des gens sur ordre de Jamil Mukulu pour qu’il soit pétrifié dans le jihad armé), il s’occupe de la formation des  jeunes au maniement des armes et à l’apprentissage du coran et de la Sunna. C’est lui qui cohabite avec la nièce de Kamulete Jocker, concubine du colonel Mamdaou Moustafa Ndala et qui oblige cette jeune dame à appeler régulièrement le colonel Mamdaou en vue de sa géolocalisation jusqu’à son assassinat. Banza Amuli Souleymane sera capturé avec son arme AK 47 par le général FARDC Akili Mundos lors des affrontements au cours desquels il a perdu l’œil gauche. D’où le surnom « Bonge la chuma, le fer qui résiste au feu ». A bord de deux jeeps, le général Akili Muhindo Mundos l’amène à Goma (mosquées de Katindo et de Ndosho) où il aide à arrêter des recruteurs. Il va aussi montrer des positions inaccessibles au front où aucun militaire n’avait foulé ses pieds. C’est lui  aussi qui accuse pour la première fois maman Sarah après avoir drogué le colonel Martin Kambale. Manipulateur et incubateur en prison, Bonge la chuma réussira à s’évader lors de l’attaque de la prison de Kangbay organisée par les maï-maï, béquilles des ADF en juin 2017. Mon peuple périt par ignorance. Le livre du journaliste d’investigation Kibel’Bel Oka est toujours disponible.

Nicaise Kibel’Bel Oka

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