(Washington. Les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda autour de la table pour l’Accord de paix. Photo tiers)
Deux personnalités de la région des Grands Lacs, le Congolais Julien Paluku Kahongya, douze années Gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du Commerce extérieur et le Rwandais Vincent Karega, ancien ambassadeur du Rwanda en RDC se sont affrontés sur les réseaux sociaux. Au menu, la question des FDLR. Cela montre l’enjeu que cache et soulève ce dossier pour le pouvoir FPR.
Il n’y a pas de paix possible sans une coexistence voulue et acceptée par les humains. C’est cette logique de coexistence, de cohabitation, que ce soit au Proche-Orient ou dans l’Afrique des Grands Lacs qui est mise en péril.
Depuis près de 30 ans, la RDC est secouée par une instabilité qui trouve ses origines dans la question identitaire au Rwanda et le mode d’accès et de gestion du pouvoir dans le pays de Mille collines.
Bertrand Badié ne croit pas si bien dire quand il affirme et met en évidence la cohabitation entre les peuples. Cette cohabitation, cette coexistence a fait défaut depuis trente années dans les Grands Lacs.
Le génocide rwandais suivi de la chasse aux Hutu ne peut en aucun cas ramener cette cohabitation au regard de la configuration ethnico-culturelle de la région des Grands Lacs. Demander à la RDC de présenter le plan de neutralisation des FDLR semble comme la quête du Graal. Et donc, refuser de voir la réalité en face.
Le point de l’Accord de Washington qui copie celui de la Feuille de route de Luanda sommant la République démocratique du Congo de présenter un plan de neutralisation des FDLR (Hutu rwandais) sonne comme une épine dans la recherche d’une véritable paix.
Aux dires des responsables politiques du FPR, les FDLR sont incorporés dans l’armée congolaise et donc, la RDF ne devrait jamais se désengager du territoire congolais. Or, la stratégie du pouvoir FPR est connu, le recyclage des FDLR.
Julien Paluku Kahongya l’a bien décrit. Ce qui énerve Vincent Karega.

(Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du Commerce extérieur et le Président de la République)
Le FPR se fait fort de l’instrumentalisation réussie de certains congolais dans la rébellion du M23 pour lui donner un visage congolais. Au final, c’est vouloir projeter les conflits dans le temps et dans l’espace. Et donc, ne jamais y mettre fin.
L’Accord de Washington, en nommant un général pour le suivi de ce dossier crucial, prouve que la communauté des puissants a compris où se trouve le vrai problème du pouvoir FPR.
L’on peut tout dire jusqu’à vanter la stratégie machiavélique de Paul Kagame. L’on ne saurait faire semblant et refuser d’admettre que la région des Grands Lacs est tellement fragile que l’instabilité d’hier et aujourd’hui ne peut en aucun cas apparaître comme un bénéfice acquis.
Ni pour le Rwanda, ni pour les rebelles du M23 moins encore pour les tireurs de ficelles.
Paul Kagamé peut tomber sur n’importe quel coup d’État demain ou être empêché par la maladie. La situation et l’évolution de la situation dans le Nord-Kivu et le Sud Kivu est tellement aléatoire qu’on ne peut rien construire de durable. Et le mérite de Trump, c’est d’avoir compris Félix Thsisekedi et d’avoir permis de signer l’Accord.
Ceux qui continuent à faire passer l‘idée selon laquelle le Rwanda de Paul Kagame est un facteur de stabilisation dans la région le font par mauvaise foi ou par fanatisme.
Et le président américain Donald Trump l’a compris. Il faut arrêter avec le droit de tirage spécial sur la vie des Hutu rwandais et des populations du Nord-Kivu et de Sud-Kivu que s’est donné Paul Kagame.
C’est le pourquoi de l’Accord de Washington. Le Rwanda a contribué à pérenniser les massacres des populations congolaises devant une communauté internationale docile, et donc complice.
Les problèmes de la région des Grands Lacs singulièrement de l’est de la RDC ne peuvent être résolus entièrement sans exiger et obliger un dialogue inter rwandais et une réconciliation nationale entre Hutu et Tutsi.
De la sorte et comme une sorte de contagion, ladite réconciliation signera dans toute la région une cohabitation et une coexistence pacifique au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie, en Ouganda et en République démocratique du Congo. Et les peuples de tous ces États en ont grandement besoin et urgemment.
Ce désir de coexistence, de production du lien social, de la solidarité pour la paix dépasse toutes les décisions prises dans des bureaux climatisés et dans des chancelleries.
Il faut forcer le régime du FPR à comprendre et mettre tout en œuvre pour que cela se réalise.
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Nicaise Kibel’Bel Oka
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