RDC. Virunga, le plus ancien parc de l’Afrique. Un centenaire oublié par l’UNESCO

Le Parc National des Virunga, le plus ancien d’Afrique, totalise cent ans d’existence. Sans tambour ni trompette. Alors même que ledit Parc est connu comme étant le patrimoine mondial de l’UNESCO.

Est-ce par méprise ou par omission involontaire de l’organisation et du reste du monde ? La question est vraiment de taille si l’on considère l’importance stratégique de ce parc et sa contribution fondamentale dans la vie durable des générations actuelles et futures. L’on pourrait donc s’étonner de cette attitude tacite généralisée, observée à l’occasion d’un centenaire aussi inhabituel. Toutefois, vu le contexte actuel dans lequel s’inscrit l’attitude susvisée, la crise de commémoration ne devrait pas constituer une surprise, compte tenu du large climat d’insécurité et d’instabilité qui entoure la province du Nord-Kivu. Envahi par des forces étrangères et même spolié par des tiers, le Parc National des Virunga n’offre pas de garantie, ni pour sa fréquentation normale ni pour y organiser quoi que ce soit de viable.

« Seulement, l’on a l’impression que le monde entier, UNESCO en tête suivie de l’Union européenne, ne se préoccupe plus de ce patrimoine mondial. C’est comme si l’ambition des détracteurs de désarticuler la République démocratique du Congo n’était qu’une sinécure pour l’organisation », déclare un officier FARDC en retraite.

En tout cas, que le monde ne se trompe pas. La RDC et tout son patrimoine représentent un atout irréversible pour l’avenir de l’humanité. Les organisations internationales comme l’UNESCO risquent de se mordre les doigts si le contrôle du Parc National des Virunga venait à leur échapper. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, la RDC a la vocation universelle de fédérer les solutions idoines liées aux besoins futurs de l’humanité.

Deuxième poumon du monde, avec ses multiples ressources (forestières, énergétiques, minières, minérales, halieutiques et son vaste réseau hydrographique), la RDC est à même de relever le défi de l’incompatibilité entre la montée fulgurante de la démographie mondiale et la menace de l’épuisement des ressources vitales actuellement disponibles. L’UNESCO et l’Union européenne devraient se rappeler que la configuration naturelle de notre pays se prête à la régénération des espèces vitales et à rassurer le monde d’une existence continue et durable.

Cent ans. Quelle loi appliquée entre celle de 1967 et celle de 2014 ?

Réfléchir aujourd’hui sur le Parc National des Virunga, cent ans après, exige de revoir les textes des lois qui régissent le PNVi. Il y a cette loi de 1967 basée sur la Conservation policière et celle de 2014, dite participative. Tout tourne autour des conflits liés à la gestion des ressources naturelles entre le Parc et les communautés riveraines. Il s’agit bien entendu de l’accès aux ressources (bois de chauffe, produits forestiers non ligneux, l’agriculture dans les zones protégées mais également de migration et déplacement des populations qui perçoivent le Parc comme une barrière sans naturellement oublier les effets négatifs des groupes armés locaux et étrangers).

Les gestionnaires du Parc ont-ils fait ce qu’il fallait pour une conservation participative ?

Impact du Parc sur le développement socioéconomique des communautés riveraines

Le Parc National des Virunga a un impact complexe sur le développement socioéconomique des communautés riveraines en province du Nord-Kivu. Site naturel exceptionnel, il est aussi un moteur d’activités économiques avec des aspects positifs et négatifs.

On peut noter la création d’emplois et développement local (emplois directs et indirects) et le tourisme qui doit générer des revenus redistribués pour financer des projets communautaires, comme la construction d’infrastructures ou le soutien à des initiatives agricoles.

Le Virunga Conservation Programme soutient des projets communautaires visant à améliorer les conditions de vie des riverains, en mettant l’accent sur le développement durable à travers la formation des communautés, des projets d’agriculture durable pour aider les communautés à produire de manière plus efficace sans endommager l’écosystème, des projets d’infrastructure comme la construction de routes, de bâtiments communautaires ou de centres de santé. Cela peut améliorer l’accès aux services de base et favoriser une meilleure qualité de vie. Enfin, les microcrédits et soutien économique pour des projets agricoles ou des petites entreprises liées à l’artisanat ou au commerce ainsi que l’impact du tourisme et de l’écotourisme.

Le tourisme dans le parc (notamment l’observation des gorilles) a un potentiel important pour stimuler l’économie locale, même s’il est limité par l’insécurité dans la région. L’instabilité dans la région du Nord-Kivu a exacerbé les problèmes socioéconomiques.

En résumé, le Parc National des Virunga a un impact significatif sur le développement socioéconomique des communautés riveraines, mais cet impact est ambivalent.

D’un côté, il crée des emplois, soutient des projets de développement durable et génère des revenus par l’écotourisme. De l’autre côté, les restrictions liées à la conservation, les conflits sur les ressources naturelles et l’insécurité alimentent des tensions locales.

Le défi pour la gestion du parc reste de concilier conservation, développement économique et bénéfices pour les communautés locales, tout en atténuant les impacts négatifs liés à l’exploitation illégale des ressources et à l’instabilité politique. Les efforts visant à impliquer les communautés locales dans la gestion durable des ressources et à les sensibiliser à la valeur du Parc sont essentiels pour assurer un développement socioéconomique équilibré. A suivre.

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Nicaise Kibel’Bel Oka

Prix Abraham pour la Conservation de la Nature (2006)

 

 

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