Emmanuel Macron, Joe Biden et Maky Sall à l’ONU. La RDC n’est pas un État agressé

La 77ème session de l’assemblée générale des Nations-Unies révèle des choses inexplicables pour les RD-Congolais. Aucune allusion sur la situation de la RDC comme État agressé. Et pourtant ! Antonio Guterres a eu le courage de dire tout haut ce que nombreux États pensent tout bas sur la situation inexplicable de la RDC, agressée par les grandes puissances à travers leurs courtiers Paul Kagame et Yoweri Kaguta Museveni. A la tribune des Nations-Unies, le président français Emmanuel Macron soulevait le problème de l’agression de l’Ukraine par la Russie en ces termes : « Etes-vous pour ou contre la loi du plus fort. Etes-vous pour ou contre l’impunité ? et de renchérir : « L’invasion du voisin, le non-respect des frontières de celui qui ne me plaît pas, (…) le respect de la souveraineté nationale, l’intégrité des frontières (sont) des valeurs que nous avons bâties. Ne cédons pas au cynisme. » Puis il a fait le tour du monde des pays à problème. Sans aucune allusion à la RDC : « Regardons le Pakistan, la Corne d’Afrique, la Somalie, le Yémen, le Soudan du Sud, l’Afghanistan. L’heure n’est pas à la guerre mais au sursaut collectif. » Pour le président Macron, ce qui se passe à l’est de la RDC est une soirée dansante. Mercredi, le président américain Joe Biden emboitait le pas : « La Russie veut éliminer l’Ukraine en tant qu’État. La Russie veut anéantir le droit de l’Ukraine à exister. » Mais ce que font les grandes puissances via le Rwanda et l’Ouganda contre la RDC n’émeut personne. C’est en exécution de leur plan de la balkanisation de la RDC (comme s’exclamait un ami arrivé à Goma : Goma est déjà balkanisé !). La 77ème assemblée générale des Nations-Unies se tient à un moment où Bunagana/Rutshuru dans l’est de la RDC est occupé par la RDF appuyé par l’UPDF. Curieusement, le Sénégalais Maky Sall, président de l’Union africaine ne fait aucune allusion et préfère solliciter un siège africain à l’ONU. Macron appelle le monde à mettre beaucoup de pressions sur la Russie. L’on comprend bien cette politique de deux poids, deux mesures mais surtout le sort réservé à la RDC, partant à toute l’Afrique : empêcher l’éclosion d’un État puissant, stable au cœur de l’Afrique à partir duquel pourrait se construire une nouvelle Afrique. La valeur esthétique et communicationnelle de l’interview du SG de l’ONU, Antonio Guterres réside en ce qu’elle a pointé du doigt le vrai problème de la déstabilisation de la RDC. Guterres n’a pas cité le Rwanda ni l’Ouganda parce qu’il sait que ces deux pays ne peuvent jamais disposer de moyen pour se procurer un armement moderne et sophistiqué (plus que la MONUSCO) sans l’appui des gendarmes du monde. En clair, emboîtant le pas de la courageuse Bintou Keita, le SG des Nations-Unies se sent impuissant devant le fait accompli qui est l’armement disproportionné de ces deux voisins de la RDC par les grandes puissances anglo-saxonnes pour déstabiliser la RDC. Malheureusement au prix du sang, des populations déplacées et réfugiées. Au finish, il pose le problème de l’existence même des Nations-Unies dans les opérations de maintien et/ou d’imposition de la paix. L’on comprend aisément que les États-Unis qui sont le grand contributeur de la MONUSCO soient les mêmes qui ne veulent pas voir la mission réussir. L’on peut se rappeler qu’en 2017, c’est l’Américain David Gresley, via la MONUSCO qui avait installé un camp des déplacés Sud Soudanais armés à Munigi (au-dessus de la ville de Goma). C’est ici que le message du pape François garde toute sa compréhension, lui à qui les grands de ce monde ont conseillé de ne pas se rendre en RDC (donc à Goma, frontière avec le Rwanda) pour ne pas subir le sort de l’ambassadeur italien : « Peuple congolais, ne laissez à personne le droit de vous voler votre espérance ! ». Ce qui se passe à l’ONU pour la RDC est une honte. Plus de 6 millions de morts ne suffit toujours.

Réconcilier Kagame, Museveni et Tshisekedi, que du vent !

Un média a publié une image où l’on voit le président français entouré de Kagame et Tshisekedi. Il n’y aura jamais de réconciliation entre les trois présidents. La raison est double. Primo, il n’existe aucun problème entre les trois présidents. Jamais Paul Kagame ne s’est senti aussi à l’aise qu’aux côtés de Félix-Antoine Tshisekedi. Avec Museveni, l’ambiance est à l’humour et aux blagues. Le problème, c’est que les deux voisins sont des courtiers des grandes puissances qui les tiennent « otages » avec de l’argent pour survivre au pouvoir notamment en finançant les budgets de la défense nationale. Les deux tirent sur la fibre ethnique « tutsi » qu’ils instrumentalisent. Avant l’arrivée au pouvoir de ces deux personnalités, les ethnies de l’est cohabitaient tant bien que mal. Les deux ne font que profiter des situations qui leur procurent une longévité au pouvoir sans contestation. A Museveni, Bill Clinton avait donné le surnom de « Bismarck des Grands Lacs ». De Kagame, les Britanniques disent « homme magnifique et pragmatique » qui fait à la perfection tout ce qu’on lui demande. La deuxième raison qui supplante la première et la rejoint repose sur les ressources naturelles dont regorge la RDC. La déstabilisation de l’est de la RDC répond de cette politique de vouloir à tout prix redessiner la carte de l’Afrique afin de faire main basse sur lesdites ressources. Mzee Laurent Kabila disait avec raison : « Ce n’est pas de Kabila dont ils ont besoin mais des richesses de la RDC. N’importe quel Congolais qui ne ferait pas leur volonté, deviendrait la personne à abattre. »

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Nicaise Kibel’Bel Oka

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