RDC. Ville de Beni. La montée des discours de haine et de menaces à l’approche des élections inquiète

(Beni. L’ancienne mairie incendiée et les archives brûlées par des groupes de gangs lors d’une manifestation. Archives Les Coulisses).

« Nous constatons une montée de tension et des discours de haine dans notre ville de Beni à l’approche des élections. Nous le regrettons et nous avons peur qu’on assiste à une montée de la violence que notre ville a connue durant les années de la rébellion », a déclaré à la Rédaction du journal Les Coulisses Jean-Paul Kasereka, habitant de la ville de Beni, se réclamant du groupe des jeunes pour le développement de la ville de Beni. Le discours de haine risque de se traduire dans les jours à venir par des attaques personnelles et des corps à corps si on y prend garde.

Au demeurant, la venue sur la scène politique de nouveaux acteurs avec un discours fédérateur liant la parole aux actes. Cela est vécu comme une menace par les caciques qui ont pris Beni en otage et qui croient qu’on vient leur ravir le droit de disposer des habitants de la ville comme ils veulent. « Regarder notre ville. Aucun ouvrage sorti de la bourse des députés comme s’ils n’avaient pas été élus par les Benitiens », fait remarquer avec un goût de colère Paluku Tembo du quartier Matonge.

De nombreuses personnes ont gardé leur attachement à la sombre période de la rébellion et y sont restées nostalgiques de la violence notamment dans la catégorie qu’on nomme les « Démob » et certains motards. Ils ne jureraient que par cette nostalgie.

Une autre source, qui a requis l’anonymat et qui se souvient des tueries ciblées de l’époque, sonne l’alarme et craint que le climat d’intolérance auquel on assiste ces derniers temps fasse monter le taux de criminalité contre d’autres candidats : « Nous craignons que l’intolérance politique nous amène encore vers une situation non contrôlée pendant la période électorale. Il y a des personnes qui ne veulent pas accepter une troisième voix, des voix nouvelles pour la ville de Beni. Ils veulent maintenir la ville de Beni dans une monotonie politique. Beni n’est pas un royaume. Beni a besoin d’in sang nouveau. Les élections sont une compétition qui exige un esprit de fair-play. On ne doit pas chercher par des menaces à empêcher d’autres fils et filles de cette ville à battre campagne. »

En effet, la ville de Beni a besoin d’un sang nouveau, des personnes qui ont une vision pour cette ville, des personnes qui posent des gestes de développement en faveur de cette ville qui a beaucoup souffert de martyr. Or, chercher à interdire, par des menaces à peine voilée, à certaines personnes qui veulent tenter leur chance aux élections d’y séjourner, c’est créer la psychose. « Beni n’est pas une chasse gardée. Nous refusons que certains politiciens considèrent cette ville comme leur bien privé et qu’ils nous imposent les mêmes personnes à chaque élection depuis 2006. Pourquoi les élus de la ville de Beni doivent toujours être originaires de Lubero ? Nous en avons marre. Ce que nous voulons, c’est que la compétition électorale soit ouverte à tous les candidats et que les menaces sur ceux qui veulent concourir cessent », s’est plaint Muhindo Kambale.

Ce cri est un cri de cœur, une interpellation pour tous ceux qui veulent de la paix dans la ville de Beni, une ville où tout le monde connaît tout le monde. Les personnes éprises de paix doivent intervenir avant que le pire n’arrive. La situation d’insécurité qui avait entouré les élections de 2018 dans la ville de Beni où certains centres de vote avaient été sécurisés par des milices armées ne doit pas se répéter.

Beni doit revêtir sa réputation de ville pacifique. Il faut donner la chance à tous les candidats et que les électeurs décident en âme et conscience de leurs nouveaux députés provinciaux et nationaux.

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Rédaction journal Les Coulisses

 

 

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