Holocauste au Congo. Un hymne contre l’oubli pour une prise de conscience collective du drame congolais

(Ce livre, Holocauste au Congo, sur la tragi-comédie de la RDC mérite sa place ici dans une bibliothèque digne).

« Les tueries auxquelles se sont livrés l’AFDL et ses alliés, y compris les éléments de l’Armée patriotique rwandaise, constituent des crimes contre l’humanité. (…) Les membres de l’équipe pensent que certains des meurtres peuvent constituer des actes de génocide selon l’intention qui les motivait ». Par conséquent, « Construire un Congo nouveau sur les squelettes et les cendres des réfugiés constitue un point de départ pour de nouvelles violences et une instabilité à long terme », on peut lire en pages 177-178 du livre de Charles Onana.

« Holocauste au Congo. L’Omerta de la communauté internationale. La France complice ? » Cet ouvrage de 490 pages de Charles Onana n’apporte rien de nouveau dans le drame qui sévit dans la région des Grands Lacs africains singulièrement sur les populations congolaises de la partie orientale et de la RDC en général. Son point fort est de remémorer ce que d’aucuns semblent ignorer et surtout faire vivre en différé aux bourreaux leurs actes inhumains mais également les réveiller de la posture qu’ils adoptent par leur silence coupable.

Pour nous qui vivons cette tragi-comédie portée par Paul Kagame et ses soutiens de la communauté internationale, il ne sera jamais question de faire le résumé de ce beau livre.

Sa beauté se trouve dans son contenu malsain, dans la description des actes inhumains que posent les bourreaux du peuple congolais. Sa laideur se trouve dans le refus de certaines personnes d’accepter même en se taisant cette triste réalité. Son paradoxe réside dans le comportement de certains congolais qui appuient les criminels et qui se font les avocats du « diable ».

Une anecdote. Goma. Une nuit de 1998, à l’époque du RCD. Nous sommes en ville chez une amie. Il fait une nuit. Des commandants du RCD arrivent. Ils ont besoin de noyer les atrocités qu’ils viennent de commettre. On leur paie deux bouteilles de Johnny Walker. Un commandant formé dans l’APR se moque de Jean-Pierre Ondekane en ces termes : « Le Commandant Ondekane est une femme. Il tremble pour tuer les Interahamwe ». Jean-Pierre Ondekane rétorque : « Nous, on ne nous a pas appris cette façon de faire la guerre ». Aussitôt, le courant de la SNEL revient. Surprise désagréable. Sur l’habit du commandant qui se moquait d’Ondekane, les restes de la moelle épinière d’un cervelet éparpillé. On n’a jamais appris aux FARDC qu’il faut écraser contre un arbre la tête d’un enfant, fut-il Hutu interahamwe. Voilà pourquoi Ondekane tremblait devant cette marque déposée de tuer l’ennemi.

La France complice ?

Effectivement l’attitude de la France à travers des présidents qui se sont succédé depuis Sarkozy avec Bernard Kouchner jusqu’à Macron dans le drame qui secoue l’est de la RDC est déroutante.

En effet, en 1999, le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka est reçu par l’ambassadeur de France à Kampala. Dans les échanges, le journaliste congolais propose à ce que la France puisse faire adopter une Résolution au Conseil de sécurité contre le pillage des ressources naturelles de la RDC par le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, estimant qu’une telle initiative redonnerait de la valeur à la France mais surtout mettrait les prédateurs et leurs acolytes dans une culpabilité qui les pousserait à arrêter la guerre. L’ambassadeur de France trouva l’idée géniale et l’approuva. C’est ainsi naquit le Panel des experts des Nations-Unies sur le pillage des ressources naturelles de la RDC. Le journaliste Nicaise Kibel’Bel Oka mis à la disposition des premiers Panélistes une mine d’or sur le pillage qui constitua le premier rapport sorti en avril 2001. Cette France-là n’existe plus. La France actuelle est traîtresse.

La beauté de l’ouvrage de Charles Onana réside aussi en ce que la Préface est écrite par un ancien ministre français de la Défense qui confirme : « Cette guerre, ouverte puis larvée qui se déroule toujours à bas bruit, a des origines exogènes, et il faut remonter à 1994 et au génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda (…)  Cette guerre s’inscrivait de plus dans une rivalité générale américano-française. » Pages 10-11.

Le débat sur les chiffres (cinq ou dix millions des Congolais tués par le régime Kagame et ses satellites) est un débat des paresseux, des personnes de mauvaise foi. Ils croient en l’exactitude mathématique et en la validité de 800 mille Rwandais majoritairement Tutsi tués mais refusent pour leur propre pays. C’est ce que l’on nomme assujettissement-asservissement.

Il m’arrive d’admirer avec pincement au cœur l’Armée numérique rwandaise, notamment sa branche congolaise. J’éprouve de la pitié pour nos compatriotes payés pour défendre l’indéfendable. Ils ont la mémoire courte ou rouillée jusqu’à oublier que le 4 et 5 août 1998, l’APR (Banyangalakata) soutenue par les États-Unis avait lancé un raid sur Kitona privant des milliers de Congolais de l’eau et de l’électricité et faisant des morts dans des hôpitaux. N’est-ce pas pire qu’un génocide ? N’est-ce pas un holocauste ?

Charles Onana nous fait revivre ce que nombreux ne veulent pas savoir. Parce qu’une de particularités de cette tragi-comédie réside dans le fait que tous ces Congolais (es), marionnettes de Kagame et de Museveni, sont comme des personnes envoûtées, incapables de sortir de l’hébètement. Elles ne parlent jamais de ce qu’elles ont vu, vécu et du rôle qu’o leur a fait jouer. Ils sont toujours dans un sommeil cataleptique (sauf Lambert Mende). Pas même le plus savant de journalistes Kin Kiey Mulumba qui, dans cette obsession admirative du maître, conduisit ses anciens étudiants en journalisme jusqu’à Kigali pour subir le lavage de cerveau.

Enfin, la force d’un livre réside dans les réactions, dans le débat qu’il suscite. Parce qu’un livre, c’est toute une école de démocratie pour son auteur qui accepte de partager ses idées. Il faut du respect pour tous ceux qui écrivent des livres notamment dans le domaine de l’investigation. Holocauste au Congo de Charles Onana mérite une place dans nos bibliothèques.

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Mathias Ikem

 

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