Querelle millénaire prêtre-médecin sur la jouissance de la femme. le magistrat s’invite

(Désabusé, l’homme solitaire ne se retrouve toujours pas dans cette querelle. Photo tiers)

La querelle entre le prêtre et le médecin, au-delà de toute considération, est loyale voire même démocratique. Elle s’est le plus fait remarquer dans deux domaines notamment, celui de la vie et de la mort et dans celui des jouissances. Au départ, c’est le prêtre qui avait seul le droit de déclarer une personne morte. A travers une cérémonie de prière pour le sacrement d’onction de malade. Ce geste liait le prêtre à la vie et la mort des humains comme intercesseur entre Dieu et les hommes. Il aura fallu que la médecine invente le terme « cliniquement » mort et établisse le certificat de décès pour que la justice entérine le décès. Le médecin volait au prêtre ce droit qu’il détenait depuis des siècles et qui lui permettait de régenter le monde par la morale de la peur et/ou d’une place au paradis. Après ce combat gagné, le médecin n’a pas arrêté de dépouiller le prêtre de ses prérogatives naturelles. Le médecin s’invitait dans un autre domaine, celui de la jouissance des femmes. Seules deux catégories d’individus, tous masculins, s’étaient imposées pour acquérir un savoir approfondi sur la vie sexuelle des femmes, les confesseurs et les médecins.

L’Église du XIXème siècle comptait sur les femmes pour opérer la reconquête des âmes, à travers confession des péchés. Le confesseur engageait sa pénitente à lui révéler sans rien cacher tout ce qui charge sa conscience : «  Il l’écoutera avec calme et évitera de montrer de la curiosité de témoigner le désir d’apprendre ces sortes d’impuretés. » Avec la  découverte de la physiologie, le confesseur réévalue la gravité des fautes à l’égard du pécheur. Et la force du prêtre confesseur, c’est de garder seul le secret de la confession. D’autre part, le médecin, avide de savoir, s’intéresse aux relations sexuelles notamment les maladies des femmes. Deux maladies intéressent la race humaine : l’impuissance sexuelle pour les hommes et la stérilité pour les femmes. Les médecins conseillent alors à leurs clients de recourir au service des filles soumises (prostituées exerçant le plus vieux métier du monde). Difficile de séparer le désir de savoir et la concupiscence. Observation scientifique et expérience sensuelle. Vivacité des désirs et intensité des jouissances de leurs patientes. A la manière des confessions, les médecins dans les consultations privées utilisent l’interrogatoire serré en vue d’estimer la qualité du fonctionnement de l’appareil génital, après qu’il a été examiné. Là où l’Église condamne la masturbation (la luxure est un plus grand péché que le vol. Ceux et celles qui s’y abandonnent méritent l’enfer), là où l’Eglise condamne les aiguillons de la chair, on voit surgir des médecins spécialistes de la masturbation et de la pollution nocturne s’improviser pour guérir la frigidité et la stérilité. Ils conseillent même l’usage modéré des « jouissances vénériennes » qui constituent le signe du bon fonctionnement de l’appareil génital de la femme. La description précise du plaisir féminin révèle l’emprise de la médecine clinique. Elle souligne le caractère épileptique des jouissances. L’ecclésiastique fait prévaloir le principe médical qui dit : « L’homme périt par les mêmes organes qui servent à sa reproduction » ou celui autre adressé aux filles : « Où existe le stimulant, là se produit l’écoulement. »  La question divise les praticiens sur le plaisir de l’homme et de la femme : « Le plaisir est-il plus fort chez la femme que chez l’homme du fait que les jouissances féminines semblent plus longues, mieux savourées, mieux supportées et plus aisées à réitérer que chez l’homme ? ». Mais aussi le fait que la femme n’éprouverait pas la même tristesse que l’homme à l’issue des ébats. C’est alors que la physiologie vient confronter l’anatomie pour exclure l’Église. Un débat vif oppose médecins aux ecclésiastiques sur le bon usage des organes génitaux (notamment les jouissances solitaires) pour la santé et contre les excès. L’Église cherche à imposer le mariage comme suprême remède à la chlorose, à la masturbation et à la tristesse. Elle sera rejointe finalement par les médecins : « Un bon praticien, en présence de la malade, ne doit pas négliger de scruter, d’enquêter, de mesurer le degré d’entente du couple. La guérison de sa patiente en dépend. » Les médecins ont réussi à libérer le corps de l’âme et à le délier de toute emprise du péché de la chair en jouissant selon son entendement. Le corps étant devenu, à la fois, objet de désir, d’exhibition et jouissance, marchandise dont on tire bénéfice, cessait d’être le temple de Dieu. L’Église se bat toujours pour y faire revenir Dieu. A ce jour, la dépravation des mœurs et la pauvreté aidant, l’Église se bat avec des armes inégales pour reprendre cette place lui volée par les médecins mais elle doit faire face à l’émancipation de la femme et aux NTIC rendues vivaces avec les sextapes. Blouse blanche jusqu’à concurrencer la soutane du prêtre, le médecin ne se désarme pas. La troisième personne non invitée qui a déjà de fourrer son nez dans cette querelle, c’est le magistrat. Il agit sous une blouse noire, sa toge. Il porte les gants au nom de la loi et veut régenter cet univers en dépossédant le prêtre jusqu’à chercher à le juger. Aidé par des témoignages longtemps restés dans le confessionnal, le magistrat tient à dépouiller le prêtre de tout.

Compilation Les Coulisses

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